Et de ∞

21/04/2017

Bonsoir. Avec mon déménagement sur Valenciennes je n’ai pas trouvé le temps de vous écrire plus tôt. L’attente aura été longue mais voici enfin quelques lignes pour revenir sur la finale de Cazaubon.

Si tous les 2000m pouvaient être aussi courts ce serait le Nirvana. En y repensant, je crois avoir fait l’une de mes plus belles courses d’aviron. La journée n’avait pourtant pas bien démarré avec une balance m’affichant 72,9kg au réveil. Ce fut un véritable coup de massue. Une première en 10 ans. En plus de ne rien manger, j’allais devoir m’activer pour me délester de 400g. Quinze minutes à transpirer sur l’ergomètre suffirent à me ramener au poids réglementaire. Ce n’est jamais ce qui est recommandé. Mais cette fois je n’avais guère le choix. Moi qui ne fais habituellement pas de réveil musculaire, ce changement ne fit qu’ajouter du stress à ma préparation…un stress positif finalement. L’enchaînement fut donc rapide : juste après être monté sur la balance officielle je me suis empressé de boire et manger pour avoir le temps de digérer. J’ai ensuite pris quelques minutes pour m’allonger et me reposer. Je sentais que le bonhomme en avait besoin. L’heure de l’échauffement arriva peu de temps après. J’ai alors enfilé mes baskets et ôté mon manteau, puis me suis élancé sur le chemin de halage. Je me suis rapidement retrouvé seul, accompagné du seul bruit de mes pas. Chaque foulée venait effacer la précédente, ne gardant que l’énergie cinétique nécessaire à l’entretien du mouvement. Cette course automatisée me permettait de libérer mon esprit, de le laisser libre. Tantôt focalisé sur la course, tantôt complètement vide. Comme si l’alternance des deux était nécessaire pour maintenir une forme de relâchement, de détachement sur ce qui allait arriver. Avec les années, ce mécanisme semblait s’imposer de lui-même, comme automatisé, pour éviter que le stress ne vienne me paralyser…le bénéfice de l’âge ! J’étais conscient que la journée n’avait pas démarré comme je l’entendais, mais la raison m’avait rapidement remis sur les bons rails. En repensant à tous les entraînements accumulés cet hiver je venais de tuer le doute. Depuis le début du week-end la forme était excellente, ce n’était pas 15 petites minutes d’ergomètre qui allait impacter ma performance sur la matinée. Avant de rebrousser chemin je pris le soin de faire plusieurs grosses respirations pour aussi préparer mes poumons à ce qui allait arriver. Quelques étirements et mouvements articulaires vinrent également rythmer le retour. Mon corps était prêt, le discours du coach allait maintenant conditionner mon esprit. En arrivant au bassin je fis un crochet par le minibus du club pour troquer mes chaussures contre des adilettes, et récupérer mon strock ainsi que ma gourde. J’étais opérationnel. Bénéficiant encore de quelques minutes avant l’embarquement, je fis un premier voyage pour amener mes pelles au ponton. Mon entraîneur observait la scène, attendant que je veuille bien le rejoindre pour démarrer son « speech ». Chaque mot permit de redéfinir la stratégie. L’intonation, quant à elle, était là pour me galvaniser, me transformer en véritable machine à ramer. En me poussant au large, ce fut un dernier regard, le traditionnel clin d’œil. J’y étais ! La confiance transmise venait de se canaliser en énergie. Je pouvais monter au départ sans qu’aucune interrogation ne vienne me parasiter. Jusqu’au dernier moment tout se déroula sans encombre. Mais une fois installé dans les starting-blocks, de nombreuses algues semblaient stagner à la surface. Devant l’enjeu de la finale je n’ai pas hésité à lever la main et signaler le problème aux arbitres. L’horaire dut être décalé pour enlever et nettoyer les lignes d’eau. Tout le monde reprit ensuite ses positions. L’arbitre appela les équipages et donna un départ rapide. Il n’était pas question de s’économiser sur l’entame de course. Je devais absolument coller à Pierre, lui concéder le moins d’avance possible. Sans me soucier de la cadence, j’ai essentiellement focalisé mon attention sur le rythme et ma respiration. Mes efforts ont vite payé. Au premier point de passage nous étions bord à bord. Mais cela ne suffisait pas. Les jambes répondaient encore et le souffle suivait, il n’était donc pas question de baisser en régime. Les coups s’enchaînèrent, encore, et encore. Sans jamais regarder mon strock, je restai concentré sur ma course et mon geste. Les écarts commencèrent à se creuser, centimètre par centimètre. Tout comme dans la deuxième moitié de parcours, il n’y eu pas de cassure. Chaque coup de pelle semblait m’éloigner un peu plus de mon premier poursuivant. A l’entrée des bouées jaunes la victoire me tendait les bras. Les derniers coups de pelles furent donnés avec convictions. Ce n’est qu’une fois la ligne d’arrivée franchie que le chrono me fut communiqué. S’emparer du record de France et du bassin sur la finale, je crois qu’il n’y avait pas meilleur scénario. Quel week-end !

Malgré toutes ces émotions, le retour sur Lyon ne parut pas moins long. Ni mon déménagement sur Valenciennes le lendemain d’ailleurs. Mais tout s’est bien passé. Me voici donc installé là-haut pour un an. Les températures sont fraîches mais l’ensoleillement est sensiblement le même qu’à Lyon pour l’instant. Pourvu que ça dure. J’ai fait ma première sortie sur l’eau hier. Le bassin est vraiment top. Seules quelques péniches viennent perturber la navigation.

Nous repartons déjà lundi en stage. Direction le Jura et la Base Nautique de Bellecin. L’enchaînement ne laisse pas beaucoup de temps entre chaque échéance, mais c’est ainsi. L’ambiance nous fera rapidement oublier ce « petit » détail.

Voici le lien pour revoir les finales de Cazaubon. La nôtre démarre à 3h05.

Bon week-end.


Cazaubon 2017

15/04/2017

Crédit Photo : FFA

Cazaubon et sa digue ! Deux inséparables qui n’évoquent qu’une seule chose dans la tête des rameurs : l’aboutissement ! Chacun ici est venu chercher quelque chose. Parfois identique, parfois différent, mais l’envie de donner le meilleur reste la même. Pour cette année, la météo semblait s’être accordée avec l’agenda pour que nous bénéficiions de conditions parfaites. C’est du moins ce qui avait été annoncé au petit écran. Dans les faits, le vent aura soufflé légèrement plus fort que prévu hier…mais dans le bon sens. Difficile donc de se plaindre quand le chronomètre défile plus vite qu’à l’accoutumé. C’est sûrement la première fois que je signe un aussi bon temps sur le contre-la-montre. Mais face aux alizés favorables se formaient de bonnes vagues. Le bassin était technique et peu docile, notamment dans la deuxième partie de course. Il était donc important d’assurer un premier 1000m solide pour ensuite surfer et jouer les équilibristes. J’aime ces bassins agités, où doit ressortir l’agilité et la dextérité du rameur. Rebelote le soir même sur les Séries. Malgré quelques petites fautes j’ai pris du plaisir. Porté par les rafales, la cadence ne voulait plus descendre. Le chrono allait forcément être au rendez-vous…Et ce fut le cas ! Je franchis la ligne d’arrivée en 6’50’’46, nouveau record de la catégorie sur le lac de l’Uby. L’intention n’était pas là, mais je ne vous cache pas ma joie.

Ce matin se couraient les demi-finales. L’intensité allait inévitablement prendre un cran, mais la forme était bonne, et la pesée fut plus facile que la veille. Le ciel était bas et le vent complètement nul. Les températures étaient revenues aux normales de saison. Je retrouvais à mes côtés Damien Piqueras. La stratégie était simple : profiter de cette course pour préparer la finale de demain. Mais cette volonté de bien faire ne m’empêcha pas de rater mon départ. Bien heureusement, cela ne me pénalisa pas par la suite. L’enchaînement fut plutôt bon, et ce, jusqu’au dernier coup. Dans l’autre manche Pierre devança Stany. Au regard des résultats la bagarre s’annonce rude demain. J’espère que le spectacle sera à la hauteur. Comptez sur nous en tout cas pour donner le meilleur.

Rendez-vous donc demain matin, à 11h50 sur les berges, ou devant votre écran d’ordinateur pour suivre l’évènement en direct depuis la chaîne Dailymotion de la FFA.

Bonne soirée.


Bientôt Aiguebelette !

27/03/2017

Deux semaines après la tête de rivière de Marignane les choses se précisent. Le plus dur est maintenant derrière nous. Le foncier accumulé et capitalisé durant l’hiver sera les fondations de la saison internationale. Mais avant de se projeter aussi loin il faudra passer le championnat de France en skiff. Point de passage obligatoire et incontournable dans la préparation, il fait office de juge de paix pour l’encadrement fédéral. Aucun passe-droit n’existe, quel que soit votre statut et votre palmarès les compteurs sont remis à zéro. Mais malgré la pression que cela représente, je m’entraine pour faire des courses. C’est donc avec le sourire et l’envie que je voie se rapprocher l’échéance. La première étape aura lieu ce week-end sur Aiguebelette avec le championnat de zone Sud-Est. Chaque rameur doit passer par là s’il veut se qualifier au championnat de France. Me concernant le scénario sera un peu « différent » cette année. Ayant remporté le contre-la-montre en début de mois, j’ai le privilège d’être nommé « quotas » par la fédération. Je suis donc dore et déjà qualifié pour les Frances (même si ma participation ce week-end est exigée par la direction technique nationale). Ce statut me permettra néanmoins de concourir non pas contre mes camarades poids légers, mais contre mes homologues poids lourds. L’entraineur national a souhaité que je m’inscrive dans cette catégorie pour créer du « challenge ». Je n’ai plus qu’à croiser les doigts pour que la forme soit optimale car l’enjeu est de taille. Stany Delayre et Pierre Houin feront de même dans leurs zones respectives. Matthieu Androdias, Hugo Boucheron et Thibaut Verhoeven seront donc nos nouveaux adversaires…David contre Goliath, verdict dans quelques jours maintenant. Petite précision, nous irons quand même nous peser avant chaque course pour respecter le règlement et le processus de sélection traditionnellement imposé aux rameurs poids léger.

Même si peu de temps s’est écoulé depuis Marignane, la préparation me parut longue. C’est sans cesse le même refrain : plus la compétition approche et plus il devient difficile de s’entraîner. Je traîne des pieds, pas par flemme, mais par impatience. Le compte à rebours semble interminable. Chaque kilomètre vous rapproche un peu plus du but, mais semble interminable. Comme si le temps s’arrêtait ! Idem pour le régime ! Vous comptez les jours vous séparant de la dernière pesée. Chaque repas passé vous libère d’un poids…

J’étais ce week-end sur Valenciennes. J’ai commencé à déménager quelques affaires. Ce sera toujours ça de moins à charger dans ma voiture après Cazaubon. Ces deux jours sont forcément passés vite, mais la météo nous a permis d’en profiter à fond. Notamment le samedi où nous sommes allés sur Lille pour visiter, mais aussi assister au match de Top 14 opposant Clermont-Ferrand au Racing 92. Bref, je crois que je commence déjà à me faire à ma nouvelle et future vie dans les Hauts de France.

Un court métrage passera à la télévision demain  soir (mardi 28 Mars) sur France 3 vers 20h10. Il s’agit de l’interview tournée avec Pierre sur Paris en début d’année. Le thème : en quoi le sport est vecteur de confiance !

Je terminerai cet article par quelques lignes à Julien Bahain et Cédric Berrest. Anciens camarades de l’équipe de France, ils ont surtout été mes parrains aux Étoiles du Sport. C’est donc avec émotions que j’apprends leur départ à la retraite. A très vite messieurs !


De retour en Savoie !

16/02/2017
Crédit Photo : Béatrice Michel

Crédit Photo : Béatrice Michel

Je l’attendais, c’est arrivé ! Nous avons démarré le stage à Aiguebelette lundi après-midi. Pas d’entraînement prévu le jour même, juste le déchargement du matériel, le montage et le réglage des bateaux. Suite aux résultats du dernier test ergo nous ne sommes que quatre coupleux poids légers convoqués : François, Pierre, Stany et moi. Assez malgré tout pour faire deux doubles et mixer les compositions. En plus des séances sur l’eau et en musculation nous avons quatre sorties sur les skis au programme. L’hébergement a exceptionnellement changé pour ce regroupement. Il a été choisi pour optimiser la logistique malgré tous ces déplacements.

Pour le moment les conditions sont parfaites. A part quelques pêcheurs, nous sommes seuls utilisateurs du Lac. La cohabitation se passe bien pour l’instant, chacun respecte son périmètre. Pour notre première sortie sur les pistes de la Féclaz, la neige était suffisante mais pas franchement agréable. Avec ou sans farte, difficile de glisser et de se faire plaisir pour cette reprise. Nous avions pourtant le soleil et la douceur des températures pour donner à cet entraînement un goût de vacances.

Le premier cycle s’est fini avec Pierre ce matin par un B2 bord à bord. De quoi se décrasser et replacer la propulsion au cœur de nos exigences. Demain changement de coéquipier. Pierre montera avec François et je retrouverai Stany. Cela fait presque un an que nous n’avons pas ramé ensemble. Des retrouvailles qui vont forcément rappeler de bons souvenirs.

Bien que le rythme soit soutenu, je profite de ce séjour savoyard pour récupérer les heures de sommeil qui me manquent depuis plusieurs semaines.

Dans le cadre du projet « Rame avec Alexandra », je fais appel à votre solidarité. L’idée est de tourner une mini vidéo (10 secondes maximum) avec votre téléphone pour la soutenir et l’encourager dans son défi. Voici l’adresse à qui envoyer vos productions (cercleavironpolynesien@gmail.com). Je compte sur vous, elle le mérite !


Une belle brochette !

05/02/2017
Crédit Photo : FFSA (Lionel Piquard)

Crédit Photo : FFSA (Lionel Piquard)

Quand vous pronostiquez et tombez aussi loin de l’objectif, il est dur de cacher sa frustration, malgré ce 6’03’’2 dont je reste très fier !

Comme beaucoup j’imagine, c’était la première fois que je ramais à Charléty. Tous les Opens auxquels je suis allé ces dernières années se tenaient au stade Pierre de Coubertin. Il était donc intéressant d’arriver vendredi après-midi pour s’imprégner de l’ambiance et des lieux. Mais ça m’a surtout permis de tous vous croiser, ou presque : jeunes, moins jeunes, connaissances, amis, professeurs, entraîneurs, bénévoles, éducateurs, accompagnateurs, ou « juste » passionnés ! Les occasions sont si rares dans la saison, heureusement que celle-ci existe.

Comme je vous l’avais annoncé, la fatigue était encore bien présente ces derniers temps. C’est quelque chose de récurrent à cette période-là. Nous sommes généralement au plus bas physiquement dans la saison. Mais c’est important si nous voulons terminer l’année avec le pic de forme escompté. Le contexte n’est donc jamais propice aux grandes performances. Ce qui rend le test de Février toujours difficile…surtout devant des exigences personnelles, qui elles, ne baissent jamais !

La nuit de vendredi à samedi fut pourtant excellente. Couché 21h, réveillé 7h30, un évènement rare ! En me levant la forme n’était pas olympique mais ne semblait pas mauvaise. Du moins assez bonne pour espérer passer définitivement sous la barre des 6’ officiellement.

L’attente à l’hôtel ne fut pas si longue. Le trajet en Tramway non plus. Une fois arrivé, je suis directement allé me peser avec les poids légers. Pas de fausse note en montant sur la balance, un premier pas ! Je suis ensuite monté dans la salle de repos qui avait été spécialement aménagée et qui nous était dédiée. Je m’y suis posé en attendant mon heure. Une fois encore, le temps défila. Deux ergomètres avaient été mis à notre disposition dans l’espace pour que nous puissions démarrer l’échauffement au clame. Les jambes semblaient lourdes au démarrage, mais avec l’expérience je savais que ce n’était pas un indicateur fiable. Car je me suis déjà surpris à faire de bons chronos alors que plusieurs signes physiques sous-entendaient le contraire. Après une vingtaine de minutes, je suis descendu rejoindre la « meute » dans la chambre d’appel. L’autorisation de rentrer dans l’arène et prendre possession de notre machine fut rapidement donnée. J’étais bien encadré, entre Pierre et un Danois, venu spécialement pour l’occasion. Mais pas le temps de papillonner, juste de quoi régler mon « drag factor » (163) et d’enchaîner quelques coups avant que l’arbitre nous demande de poser les manches pour lancer la procédure. De grandes inspirations (presque rituelles maintenant) vinrent chasser le peu de stresse encore présent. Ce fut dans un silence de cathédrale que le compteur lança le départ. Je crois compter quatre coups avant que tout ne s’arrêter et que le faux-départ soit annoncé : Ergo 10 ! Le coupable ne pouvait plus se cacher. De quoi grincer des dents, surtout quand vous savez l’intensité et l’influx nerveux qu’il est nécessaire de dégager pour bien lancer la roue. Mais le mal était fait, il fallait rapidement se reconcentrer et rester prêt mentalement. Tout le monde repris position. Le deuxième fut le bon.

Je voulais faire une course d’attente et prendre le moins de risque possible. Le premier 1000m parut donc long, très long, trop long ! Je contrôlais constamment ma respiration et mon effort, allant même jusqu’à fermer les yeux pour affiner mes perceptions. Je gardais malgré tout un œil attentif sur l’écran, il n’était pas question de s’endormir. Dès la mi-course passée, l’intensité repris un cran. Mais je compris rapidement qu’il serait dur d’atteindre mon objectif du jour en ce samedi 4 Février. Les jambes répondaient moins et le compteur ne cessait de me le rappeler. Mes derniers espoirs résidaient donc dans le sprint final, en vain ! Même scénario qu’à la mi-parcours, la désillusion prit vite le dessus. Il s’agit donc de donner le meilleur jusqu’au bout pour finir sans regret ; bien que la déception ait déjà pris une place importante dans mon subconscient. C’est ainsi que s’acheva le test, en 6’03’’2 (1’30’’9, 1’30’’9, 1’30’’8, 1’30’’6) ! Belle régularité, mais hélas, insuffisante hier. On ne peut pas tout le temps gagner contre la machine !

Heureusement, cette pseudo déception fut rapidement effacée par les performances des copains. Stany et Pierre terminent proches de leurs records personnels. De quoi constituer un podium 100% Lxmen au classement national.

Autre fait marquant de la journée, la rencontre d’Alexandra. Pour ceux qui ne la connaissent pas, voici le lien pour découvrir le défi qu’elle s’est lancée. A partager sans modération bien sûr ! Une belle rencontre, en « vrai » cette fois ! L’épopée se poursuit et prend progressivement forme. A suivre de très très près !

Autre rencontre et autre aventure, celle  de l’AviSourire ! De l’aviron, encore, mais cette fois pour soutenir le handicap. Un projet différent mais tout aussi attachant. Je vous laisse également découvrir les objectifs qu’ils se sont fixés.

Les « grands » médias semblent s’être intéressés à l’évènement. Est-ce un hasard ? Est-ce parce qu’il s’agit d’un championnat d’Europe ? Ou bien juste à cause de la proximité géographique ? Nous ne le saurons probablement jamais. Quoi qu’il en soit nous pouvons lire quelques lignes dans L’Équipe aujourd’hui, et voir quelques images en Replay sur Tout Le Sport (TLS) d’hier. Pourvu que cet élan en appelle d’autres.

Je viens de rentrer sur Lyon. Au menu ce soir, crêpes ! Pour ma bonne conscience, je n’ai pas souhaité fêter la chandeleur jeudi soir. Je m’étais promis d’en faire quelques-unes une fois le test ergomètre passé. C’est donc chose faite !

Le week-end n’aura pas été de tout repos, et la semaine à venir est encore bien chargée. Nous repartons en stage sur Aiguebelette lundi 13 Février. Je suis impatient d’y être pour enfin me poser et souffler.

Bonne soirée.


Gold in Rio

14/08/2016
Crédit Photo : Sarien Yaya

Crédit Photo : Sarien Yaya

Bonjour, difficile de vous donner signe de vie depuis hier midi. Nous n’avons eu que peu de temps pour souffler entre les différentes sollicitations « Presse ». Pour une fois qu’il était question d’aviron dans les médias il ne fallait surtout pas rater la fenêtre. Mais revenons plutôt sur cette course qui aura livré un spectacle digne de finale. A forme olympique concurrence olympique. Tout au long de la semaine nous n’avons cessé d’être bousculés et poussés dans nos retranchements. Chaque équipage à sa manière a tenté de déstabiliser le favori pour déceler une faille, ouvrir une brèche, trouver une piste….

Au réveil, en montant sur la balance, ni Pierre, ni moi n’avions de marge de poids. Il fallut attendre et se priver jusqu’à la pesée pour la valider et éviter d’enfiler le k-way. Une entame de journée difficile malgré la bonne forme physique.

De leur côté les prévisions météo n’étaient pas bonnes. Après les nombreuses péripéties et les diverses annulations j’étais inquiet à l’idée que le bassin ne soit pas suffisamment bien pour ramer. Les premières informations confirmèrent les horaires et le comité d’organisation entérina la décision quelques minutes plus tard. C’était bien le D-Day ! Pourtant le vent et la pluie ne cessaient de se faire des politesses, un vrai temps d’hiver, mais avec un thermomètre à 20°C ! Depuis la salle de repos je guettais donc les accalmies et les averses pour deviner à quelle sauce nous serions mangés.

Au moment d’enfiler le collant et d’attaquer l’échauffement Stany profita de l’instant pour me glisser quelques mots d’encouragement. Les yeux dans les yeux, le regard complice, je me suis progressivement éloigné…

C’est sous la pluie que le footing s’est fini. Tout juste le temps de se mettre au sec et de rejoindre le bateau pour écouter les mots de l’entraineur. Rien de neuf, juste une maxime, la maxime qu’il avait choisie pour cette compétition et qui venait rythmer, telle un leitmotiv, les trois courses qui nous attendaient ici. Un discours simple et percutant, des mini-balises techniques à respecter, et beaucoup d’envie pour aller la chercher !

Dès l’embarquement la pluie s’arrêta. Le soleil prit sa place. Le vent tomba aussi et offrit l’un des plus beaux bassins que nous ayons eu.

Une fois installé dans les starting-blocks, plus moyen de faire machine arrière. Le compte à rebours était lancé avec au bout de ces 2000m le graal que tout le monde était venu chercher. Juste avant la procédure de départ quelques mots furent échangés avec Pierre « on fait bien gaffe à la direction, on s’affole pas si ça part vite, on ajuste le moment pour lancer la série dans le troisième 500m……On n’oublie pas de faire notre course, notre course Pierro !! ». Ce furent nos derniers mots. S’en suivit de longues inspirations pour chasser le  stress et ne garder que l’adrénaline positive. L’arbitre appela les équipages, puis les feux s’allumèrent jusqu’à ce que le rouge disparaisse. Ce laps de temps parut une éternité. Mais dès que les dames de nage claquèrent dans les colliers mon esprit reprit le dessus et se focalisa sur la course. Un bon départ mais pas suffisant pour prendre de l’avance sur nos adversaires. Les Norvégiens partirent en trombe et nous concédèrent qu’un petit dixième d’avance après 500m. Malgré l’intensité de cette finale et la petitesse des écarts entre les concurrents, ce fut une course d’attente, une guerre psychologique pour ne pas craquer, ne pas céder à la pression mise successivement sur nous de part et d’autre. Malgré l’attente, j’étais serein. Je ne nous sentais pas en danger, j’avais l’impression que nous maitrisions notre sujet. Au passage de la mi-course Pierre ne prit pas la parole. Ce silence ne m’inquiéta pas, bien au contraire. Il m’apaisa, me donna l’impression de contrôler nos concurrents. Leur retour devenait pourtant menaçant. A 800m de la ligne je pris la décision de lancer une série, notre série ! Cette signature, cette « French Touch » qui caractérise le double poids léger français depuis le début de l’olympiade. L’écart commença timidement à se creuser. A l’entrée des derniers 500m je repris la parole pour enfoncer définitivement le clou. Le bateau prit encore de la vitesse et nous donna assez d’avance pour espérer remporter le titre suprême. Mais moins de 100m avant que le rêve ne devienne réalité, ce fut une lente descente aux enfers : l’acide lactique gagna de plus en plus de terrain. A dix coups de l’arrivée j’étais complètement tétanisé, gorgé par le poison. Mes épaules ne voulaient plus rien entendre et restaient perpétuellement contractées. Le retour fulgurant des irlandais attira mon attention. Je tournai la tête une première fois, puis une seconde. La peur commença à me gagner ; la peur que tout cela nous échappe à la photo finish, le cauchemar absolu. Il ne me restait qu’une seule issue, faire ramer Pierre, ne pas le gêner et bloquer le bateau. Je comptais chaque coup dans ma tête en espérant que ce soit le dernier. Le « BIP » final arriva, enfin….

Ce fut beaucoup d’émotions, et une énorme pensée à Stany ! Nous ne te dirons jamais assez merci !


Cette fois pas d’impair !

08/08/2016
Crédit Photo : Eric Marie

Crédit Photo : Eric Marie

Cette fois, pas de fausse alerte ! La météo n’est pas venue compromettre le programme de la journée. Au réveil, aucun impondérable : la balance fut clémente, la nuit fut bonne, le trajet en bus fut rapide. En arrivant au bassin la vague ne semblait pas encore défigurer le plan d’eau. Mais les prévisions n’avaient rien de rassurant et prévoyaient une montée progressive du vent.

Après être passé sur la balance officielle nous nous sommes posés devant les courses en attendant l’échauffement. L’heure venue, ce fut la routine habituelle : footing, puis briefing et embarquement. Les consignes se résumèrent en un mot : adaptabilité ! Réussir à s’employer et donner le meilleur malgré les vagues et un vent tournant ! En nous installant dans les starting-blocks les risées ne cessaient de pousser le bateau sur tribord. Une vigilance supplémentaire allait être nécessaire sur la direction. Le départ fut bon, l’enchainement aussi. Nous avons rapidement pris la pole position. Mais impossible d’apprécier notre avance sur le bateau polonais tellement l’espace entre les lignes d’eau et la parallaxe biaisaient les distances. Il fallut donc tourner la tête à plusieurs reprises pour prendre des informations sur la concurrence. Sans repère la course n’en finissait plus. Dans les derniers 500m la vague commença à chahuter la coque. Il fallut jouer les équilibristes pour éviter les fautes, surfer et franchir la ligne les premiers. Contrat rempli !

La récupération se fit sur le vélo. Une fois terminée Pierre fut désigné pour un contrôle anti-dopage. Je me suis donc retrouvé seul face aux médias pour livrer les impressions du moment. Le retour au village s’est fait juste après.

Nous connaitrons la liste de nos adversaires ainsi que l’heure de notre demi-finale de mercredi demain, après les repêchages.

Bonne soirée !