Une médaille à la faim !

11/09/2016

Une médaille à la faim

Ce fut un long silence mais de très belles vacances ! Presque un mois sans vous donner de nouvelles. Le temps passe vite !

Après deux semaines sur Avignon et une semaine en Corse, je retourne demain matin sur Lyon pour ma « pré-rentrée ». L’agenda est bien rempli. Les déplacements sont nombreux et les sollicitations encore au cœur de mon actualité. Je ne sais pas combien de temps cela va durer mais je prends toujours autant de plaisir à répondre aux invitations.

C’est aussi la reprise de l’entrainement. J’espère que le corps a une bonne mémoire parce qu’une chose est sure…..il s’adapte au besoin ! Je ne fais pas forcément allusion aux kilos repris mais plutôt à la condition physique.

Je n’ai pas encore touché une pelle d’aviron mais j’ai repris le sport. La « vraie » reprise en bateau devrait se faire demain…Attention aux ampoules ! J’ai déjà éprouvé quelques courbatures malgré tout. Notamment après mes séances de course à pied et de musculation. Pire encore, j’ai fait ma première séance d’ergomètre ce matin. Juste risible. Heureusement que j’étais de bonne humeur parce que le score n’aurait jamais laissé croire qu’un mois plus tôt nous gagnions les JO.

Voici le lien d’un article écrit par Benjamin Lang, membre du 4- français à Rio. J’ai eu plaisir à lire ce récit, son récit. Un beau témoignage et une superbe plume. C’est une fierté pour l’aviron français de prouver que notre sport et le haut niveau ne nous transforment pas qu’en machines à ramer, la preuve en est !

Je profite aussi de l’occasion pour partager un projet né il y a quatre ans. Après de longues heures d’écriture, de relecture, de correction et d’aide ; j’ai enfin terminé l’ouvrage. L’idée première était d’écrire pour ne pas « tout oublier » le jour où ma carrière s’arrêterait. Puis, avec le temps, la matière fut suffisante pour proposer un récit plus complet, où tout le monde pourrait d’identifier. Ce texte est donc un retour d’expérience sur mes années de régime. Le rameur étant livré à lui-même dans cette épreuve, je présente à travers des situations vécues mon ressenti. Chaque partie est illustrée d’anecdotes et de conseils. Enfin, à travers mon témoignage j’invite le lecteur à s’interroger sur son corps et ses besoins.

En finissant l’écriture je pensais avoir fait le plus dur, mais il semblerait que trouver un éditeur consentant pour porter le projet soit autrement plus compliqué. Je m’en remets donc à vous, si toutefois vous connaissez des personnes susceptibles de m’aider.

Pour conclure, j’adresse un message de félicitation à notre délégation « handi » qui nous ramène de Rio : une belle médaille de bronze pour le 2x, et une belle huitième place pour le 4+.

Bonne soirée !

A long silent moment but very nice holidays ! Almost a month without news! Time flies! 

After two weeks around Avignon and one week in Corsica, I am going back to Lyon tomorrow morning for my « pre-return. » The agenda is full. Many travels and requests still at the core of my life. I do not know how long it will last but it’s always with the same pleasure that I reply to the invitations.

It also started training again. I hope the body has a good memory because one thing is sure … it adapts to the needs ! I’m not necessarily referring to additional kilos but rather fitness.

I have not yet touched an oar but resumed with sporting activity. The « real » come back in the boat should be tomorrow … Beware of blisters! I have nevertheless already experienced some soreness. Especially after my running and weight training sessions. Even worse, I had my first erg session this morning. Just ridiculous. I luckily was in a good mood because the score would never have suggested that a month ago we won the Olympics.

Here is the link to an article written by Benjamin Lang, member of the French 4- in Rio. I enjoyed reading this story, his story. A nice testimony and a great pen. French rowing can be proud to prove that our sport and the high level do not transform us into rowing machines!

I also take this opportunity to share with you a project born four years ago. After long hours of writing, proofreading, editing and assistance, I finally completed the book. The first idea was to write so as not to « forget everything » when my career will stop. Then, across time, the material was sufficient to provide a more complete story, with which everyone can identify. This text shares my experiences on years of diet. As the rower is on its own in this struggle, I present my feelings through situations I experienced. Each part is illustrated with anecdotes and advice. Finally, with this testimony I invite the reader to question him/herself about the body and its needs.

When I finished writing I thought the hardest part was done, but finding a publisher proves to be far more complicated. So, if you know anyone that could help me, I leave it up to you.

Finally, I want to congratulate our para-rowing delegation that brings back from Rio a beautiful bronze medal in the 2x and an eighth place in the 4+.


Retour dans le Sud

21/08/2016
Crédit Photo : Olivier Pons

Crédit Photo : Olivier Pons

Bonjour, plus d’une semaine s’est écoulée depuis notre finale. Entre les sollicitations médiatiques et mon retour en France prévu mercredi, je n’ai pas eu le temps de profiter des sites touristiques locaux. Pas de franc regret. Après trois semaines sur place, l’envie de rentrer pour fêter la médaille avec les proches se faisait sentir. Surtout qu’un beau programme m’attendait. Juste après mon atterrissage j’ai rejoint l’Equipe de France junior à Gravelines. Il s’agissait de leurs derniers jours de préparation avant leur championnat du monde à Rotterdam. Il ne fallait pas rater le créneau. Pour fêter mon arrivée ils ont revisité la Marseillaise et me l’ont chantée, une attention touchante.  Après avoir suivi leur sortie de l’après-midi, une petite réception fut organisée. L’occasion de sortir la médaille, faire quelques photos et signer quelques autographes. Un super moment ! Je suis repassé par Paris de jeudi à samedi avant de rentrer dans le Sud. A Avignon, une trentaine de personnes avaient fait le déplacement pour m’accueillir à la Gare. Encore une belle séquence émotion. Surtout avec mon entraineur, j’attendais notre accolade depuis la finale.

C’est maintenant parti pour quelques jours de vacances, de vraies vacances, sans sport, sans contraintes….je les attendais depuis quatre ans ! Je vais faire en sorte de les savourer même si les cigales se font discrètes !

Pour conclure, je tiens à envoyer un message de soutien à la famille et aux proches de Denis Landart, président du club de Versailles décédé récemment.


Gold in Rio

14/08/2016
Crédit Photo : Sarien Yaya

Crédit Photo : Sarien Yaya

Bonjour, difficile de vous donner signe de vie depuis hier midi. Nous n’avons eu que peu de temps pour souffler entre les différentes sollicitations « Presse ». Pour une fois qu’il était question d’aviron dans les médias il ne fallait surtout pas rater la fenêtre. Mais revenons plutôt sur cette course qui aura livré un spectacle digne de finale. A forme olympique concurrence olympique. Tout au long de la semaine nous n’avons cessé d’être bousculés et poussés dans nos retranchements. Chaque équipage à sa manière a tenté de déstabiliser le favori pour déceler une faille, ouvrir une brèche, trouver une piste….

Au réveil, en montant sur la balance, ni Pierre, ni moi n’avions de marge de poids. Il fallut attendre et se priver jusqu’à la pesée pour la valider et éviter d’enfiler le k-way. Une entame de journée difficile malgré la bonne forme physique.

De leur côté les prévisions météo n’étaient pas bonnes. Après les nombreuses péripéties et les diverses annulations j’étais inquiet à l’idée que le bassin ne soit pas suffisamment bien pour ramer. Les premières informations confirmèrent les horaires et le comité d’organisation entérina la décision quelques minutes plus tard. C’était bien le D-Day ! Pourtant le vent et la pluie ne cessaient de se faire des politesses, un vrai temps d’hiver, mais avec un thermomètre à 20°C ! Depuis la salle de repos je guettais donc les accalmies et les averses pour deviner à quelle sauce nous serions mangés.

Au moment d’enfiler le collant et d’attaquer l’échauffement Stany profita de l’instant pour me glisser quelques mots d’encouragement. Les yeux dans les yeux, le regard complice, je me suis progressivement éloigné…

C’est sous la pluie que le footing s’est fini. Tout juste le temps de se mettre au sec et de rejoindre le bateau pour écouter les mots de l’entraineur. Rien de neuf, juste une maxime, la maxime qu’il avait choisie pour cette compétition et qui venait rythmer, telle un leitmotiv, les trois courses qui nous attendaient ici. Un discours simple et percutant, des mini-balises techniques à respecter, et beaucoup d’envie pour aller la chercher !

Dès l’embarquement la pluie s’arrêta. Le soleil prit sa place. Le vent tomba aussi et offrit l’un des plus beaux bassins que nous ayons eu.

Une fois installé dans les starting-blocks, plus moyen de faire machine arrière. Le compte à rebours était lancé avec au bout de ces 2000m le graal que tout le monde était venu chercher. Juste avant la procédure de départ quelques mots furent échangés avec Pierre « on fait bien gaffe à la direction, on s’affole pas si ça part vite, on ajuste le moment pour lancer la série dans le troisième 500m……On n’oublie pas de faire notre course, notre course Pierro !! ». Ce furent nos derniers mots. S’en suivit de longues inspirations pour chasser le  stress et ne garder que l’adrénaline positive. L’arbitre appela les équipages, puis les feux s’allumèrent jusqu’à ce que le rouge disparaisse. Ce laps de temps parut une éternité. Mais dès que les dames de nage claquèrent dans les colliers mon esprit reprit le dessus et se focalisa sur la course. Un bon départ mais pas suffisant pour prendre de l’avance sur nos adversaires. Les Norvégiens partirent en trombe et nous concédèrent qu’un petit dixième d’avance après 500m. Malgré l’intensité de cette finale et la petitesse des écarts entre les concurrents, ce fut une course d’attente, une guerre psychologique pour ne pas craquer, ne pas céder à la pression mise successivement sur nous de part et d’autre. Malgré l’attente, j’étais serein. Je ne nous sentais pas en danger, j’avais l’impression que nous maitrisions notre sujet. Au passage de la mi-course Pierre ne prit pas la parole. Ce silence ne m’inquiéta pas, bien au contraire. Il m’apaisa, me donna l’impression de contrôler nos concurrents. Leur retour devenait pourtant menaçant. A 800m de la ligne je pris la décision de lancer une série, notre série ! Cette signature, cette « French Touch » qui caractérise le double poids léger français depuis le début de l’olympiade. L’écart commença timidement à se creuser. A l’entrée des derniers 500m je repris la parole pour enfoncer définitivement le clou. Le bateau prit encore de la vitesse et nous donna assez d’avance pour espérer remporter le titre suprême. Mais moins de 100m avant que le rêve ne devienne réalité, ce fut une lente descente aux enfers : l’acide lactique gagna de plus en plus de terrain. A dix coups de l’arrivée j’étais complètement tétanisé, gorgé par le poison. Mes épaules ne voulaient plus rien entendre et restaient perpétuellement contractées. Le retour fulgurant des irlandais attira mon attention. Je tournai la tête une première fois, puis une seconde. La peur commença à me gagner ; la peur que tout cela nous échappe à la photo finish, le cauchemar absolu. Il ne me restait qu’une seule issue, faire ramer Pierre, ne pas le gêner et bloquer le bateau. Je comptais chaque coup dans ma tête en espérant que ce soit le dernier. Le « BIP » final arriva, enfin….

Ce fut beaucoup d’émotions, et une énorme pensée à Stany ! Nous ne te dirons jamais assez merci !


Et demain….Finale !

11/08/2016
Crédit Photo : Daniel Blin

Crédit Photo : Daniel Blin

Nous y sommes ! Il ne reste qu’une étape, qu’une marche ! Le piège des demi-finales est passé laissant de côté plusieurs favoris : anglais et italiens en ont fait les frais. Ces courses sont vraiment à part. Il n’y a rien à gagner mais tout peut brusquement s’arrêter.

En se levant ce matin, nous n’étions même pas sur de ramer. Les prévisions météo restaient mauvaises et risquaient une fois de plus de compromettre le programme. En arrivant au bassin la nouvelle tomba : pas d’annulation aujourd’hui. Ouf ! Plus qu’une pesée désormais !

En embarquant la forme semblait moins bonne qu’en Série. Je n’arrêtais pas de bailler et mes jambes semblaient engourdies. Il fallut attendre la fin de l’échauffement pour retrouver de l’influx. La procédure de départ et quelques grandes inspirations suffirent à booster mon adrénaline. J’étais prêt !

Le vent commençait à se lever, sans jamais garder la même orientation. Une fois de plus nous allions devoir nous adapter, et être vigilant à notre direction pendant la course.

Nôtre départ fut plutôt bon. Heureusement d’ailleurs, car les quelques mètres d’avance concédés par nos adversaires à ce moment furent presque les seuls. Notre léger ascendant ne nous permit pas de contrôler le reste de la meute. Irlandais, américains et anglais se sont livrés une bataille sans relâche du premier au dernier coup. L’engagement physique fut maximum pour tout le monde. La récupération s’est faite au sol et pas sur l’eau pour éviter de subir le bassin en constante dégradation.

Voici donc le tirage de demain :

IRLANDE / ÉTATS-UNIS / AFRIQUE-DU-SUD / FRANCE / NORVÈGE / POLOGNE

Finale prévue à 10h44 (15h44 en France), sauf si le comité d’organisation estime que la météo et le vent sont trop gênant. Voici le lien pour suivre la course en direct.

Rendez-vous demain donc pour le dénouement.

Bien à vous.


Encore une….

10/08/2016
Crédit Photo : FISA / Igor Meijer

Crédit Photo : FISA / Igor Meijer

Encore une ! Encore une journée sans aviron mais pas sans pesée ! Le bras de fer psychologique suit son cours… Le temps semble long ! L’organisation tente pourtant d’alléger nos souffrances. Mais à choisir, je préfère me serrer la ceinture un jour de plus et ramer dans des conditions décentes plutôt que d’improviser. L’enjeu est trop gros pour qu’une décision soit prise à l’aveugle.

Du vent, de la pluie… La météo a donc poussé une fois de plus la Fédération internationale à annuler toutes les courses de la journée. Elles sont reportées à demain. De notre côté, pas de changement d’horaire. Notre demi-finale est toujours prévue à 9h10 (14h10 en France). Mais je doute que nous puissions prendre les rames. Les prévisions sont pires qu’aujourd’hui. Il reste fort à parier que nous fassions la navette au bassin juste pour nous peser… Bref, nous verrons bien.

Encore merci pour vos messages de soutien, ils restent le meilleur carburant dans ces moments.

Je tâcherai de vous informer au plus vite si d’autres changements viennent perturber la compétition.

Bien à vous.


Déjà 4…

09/08/2016
Crédit Photo : FFA

Crédit Photo : FFA

Quelle journée ! Déjà quatre bateaux français en finale, dont un féminin… et c’est pas fini ! Nous sommes encore trois en lice pour tenter de décrocher ce même billet demain. Quelle fierté ! Le piège des demi-finales est maintenant derrière eux. Chapeau, car nombreux sont les favoris qui ont échoué aujourd’hui (les doubles hommes et femmes néozélandais notamment).

Les repêchages du double poids léger courraient aussi ce matin. Nous connaissons désormais le tirage de demain :

ALLEMAGNE / USA / FRANCE / IRELANDE / ANGLETERRE / CHINE

Nous avons plutôt un gros tirage sur le papier. Vous me répondrez que c’est une demi-finale olympique. En effet ! C’est le prix à payer pour rentrer dans le dernier carré. Nous allons maintenant savoir si le mois de stage dans le Jura nous a transformés en machine à broyer. L’envie est là en tout cas. Je vous donne donc rendez-vous demain à 9h10 (14hh10 en France) pour le direct. Voici le lien pour suivre la course.


Cette fois pas d’impair !

08/08/2016
Crédit Photo : Eric Marie

Crédit Photo : Eric Marie

Cette fois, pas de fausse alerte ! La météo n’est pas venue compromettre le programme de la journée. Au réveil, aucun impondérable : la balance fut clémente, la nuit fut bonne, le trajet en bus fut rapide. En arrivant au bassin la vague ne semblait pas encore défigurer le plan d’eau. Mais les prévisions n’avaient rien de rassurant et prévoyaient une montée progressive du vent.

Après être passé sur la balance officielle nous nous sommes posés devant les courses en attendant l’échauffement. L’heure venue, ce fut la routine habituelle : footing, puis briefing et embarquement. Les consignes se résumèrent en un mot : adaptabilité ! Réussir à s’employer et donner le meilleur malgré les vagues et un vent tournant ! En nous installant dans les starting-blocks les risées ne cessaient de pousser le bateau sur tribord. Une vigilance supplémentaire allait être nécessaire sur la direction. Le départ fut bon, l’enchainement aussi. Nous avons rapidement pris la pole position. Mais impossible d’apprécier notre avance sur le bateau polonais tellement l’espace entre les lignes d’eau et la parallaxe biaisaient les distances. Il fallut donc tourner la tête à plusieurs reprises pour prendre des informations sur la concurrence. Sans repère la course n’en finissait plus. Dans les derniers 500m la vague commença à chahuter la coque. Il fallut jouer les équilibristes pour éviter les fautes, surfer et franchir la ligne les premiers. Contrat rempli !

La récupération se fit sur le vélo. Une fois terminée Pierre fut désigné pour un contrôle anti-dopage. Je me suis donc retrouvé seul face aux médias pour livrer les impressions du moment. Le retour au village s’est fait juste après.

Nous connaitrons la liste de nos adversaires ainsi que l’heure de notre demi-finale de mercredi demain, après les repêchages.

Bonne soirée !