Cette fois pas d’impair !

08/08/2016
Crédit Photo : Eric Marie

Crédit Photo : Eric Marie

Cette fois, pas de fausse alerte ! La météo n’est pas venue compromettre le programme de la journée. Au réveil, aucun impondérable : la balance fut clémente, la nuit fut bonne, le trajet en bus fut rapide. En arrivant au bassin la vague ne semblait pas encore défigurer le plan d’eau. Mais les prévisions n’avaient rien de rassurant et prévoyaient une montée progressive du vent.

Après être passé sur la balance officielle nous nous sommes posés devant les courses en attendant l’échauffement. L’heure venue, ce fut la routine habituelle : footing, puis briefing et embarquement. Les consignes se résumèrent en un mot : adaptabilité ! Réussir à s’employer et donner le meilleur malgré les vagues et un vent tournant ! En nous installant dans les starting-blocks les risées ne cessaient de pousser le bateau sur tribord. Une vigilance supplémentaire allait être nécessaire sur la direction. Le départ fut bon, l’enchainement aussi. Nous avons rapidement pris la pole position. Mais impossible d’apprécier notre avance sur le bateau polonais tellement l’espace entre les lignes d’eau et la parallaxe biaisaient les distances. Il fallut donc tourner la tête à plusieurs reprises pour prendre des informations sur la concurrence. Sans repère la course n’en finissait plus. Dans les derniers 500m la vague commença à chahuter la coque. Il fallut jouer les équilibristes pour éviter les fautes, surfer et franchir la ligne les premiers. Contrat rempli !

La récupération se fit sur le vélo. Une fois terminée Pierre fut désigné pour un contrôle anti-dopage. Je me suis donc retrouvé seul face aux médias pour livrer les impressions du moment. Le retour au village s’est fait juste après.

Nous connaitrons la liste de nos adversaires ainsi que l’heure de notre demi-finale de mercredi demain, après les repêchages.

Bonne soirée !


L’Or à Poznan !

19/06/2016
Crédit Photo : FFSA - Daniel Blin -

Crédit Photo : FFSA – Daniel Blin –

Fin du week-end ! Un super bassin et une finale avec du spectacle. A commencer par le faux-départ de nos amis irlandais. A leur décharge, le feu a vraiment trainé pour passer au vert. Frustrant quand même, notre départ était canon. Les démons de 2012 semblaient de retour. Heureusement, ces flashs n’ont pas perturbé l’état d’esprit.

Quand la cloche fut tirée, l’arbitre rappela immédiatement les équipages pour que le programme ne prenne pas de retard. Pas le temps de se poser ni de récupérer, juste la place pour deux grandes inspirations. Une fois les six bateaux alignés la procédure s’accéléra. L’adrénaline put enfin opérer.

Aucun changement dans notre stratégie. Nous voulions reproduire le même schéma tactique que vendredi : partir fort, imposer notre rythme et surtout ré accéléré à la mi-parcours. Mais les surprises n’arrivent jamais seules. Dans cette finale aux conditions favorables, nos amis anglais ont tout tenté. A raison : le vent soufflait dans le bon sens, les chronos allaient être rapides, et les écarts surement réduits. En tête au premier 500m et au 1000m, ce coup de Trafalgar n’aura pas tenu jusqu’au bout. Ce bluff ne nous aura jamais fait douter…Car avec l’engament physique mit sur les courses d’hier et de vendredi, l’issue était prévisible. De son côté, le bateau norvégien, régulier et fidèle à lui-même, nous a beaucoup aidés. Ce fut notre principal repère. Jamais très loin, nous avons réussi à nous extirper des griffes vikings qu’à l’entrée des dernières bouées, quand tout semblait déjà joué. La cadence repris un cran pour contenir le retour des irlandais et italiens, encore au coude à coude pour la troisième place. Quelques coups plus tard le « BIP » final livra son verdict. Une première place, deux secondes devant nos premiers poursuivants, et un beau 6’11 à la clef. Cerise sur le gâteau, la chasuble jaune de leaders. What else !

Nous restons ce soir en Pologne. Nous rentrons en avion demain matin tôt. Deux jours sur Paris sont prévus pour un point Presse, ainsi que la rencontre des partenaires de la fédération. Mais également la finale nationale du challenge « rame en 5ème ». Le vrai retour à domicile est programmé mardi soir. Nous attaquerons ensuite le stage terminal à Bellecin le mardi 28 Juin. Le « break » va être court. Je vais profiter de cet ultime week-end pour redescendre sur Avignon.

J’ai trouvé original d’illustrer cet article avec les mascottes en peluche qui nous ont été données. Je vous laisse deviner qui est qui !

Bonne soirée.


4 + 1

30/05/2016

Bonjour, mon article arrive un peu tard et beaucoup connaissent déjà le choix sportif pris par la Fédération pour la fin de saison.

Malgré toute l’intensité de cette finale et la satisfaction qui peut ressortir d’une cinquième victoire à Lucerne, la saveur n’est pas exactement celle qu’on imagine, à fortiori quand on laisse de côté un ami. Hier, la dimension humaine a forcément relégué la performance sportive au second plan. Je ne souhaite à personne de vivre un jour pareille situation. Car après quatre années passées à ramer avec le même coéquipier, les liens qui se créent n’ont rien de virtuels et sont bien réels. Face à la brutalité de la scène, il est impossible d’échapper à l’émotionnel qui vous rattrape et vous rappelle tous les détails de cette belle aventure humaine : chaque galère, chaque médaille, chaque péripétie…le tout réuni pour écrire un des plus beau chapitre de l’aviron français. Et tous ceux qui ont pleuré avec nous sur la Marseillaise l’an dernier ne sont pas près de l’oublier. Je compte donc sur votre soutien, c’est maintenant qu’il en a le plus besoin.

Bien à vous.


Les LXMEN sur le Rotsee

27/05/2016
Crédit Photo : AvironFrance

Crédit Photo : FFA -Eric Marie-

C’est parti ! Ce matin les LXMEN étaient de sortie et se sont encore faits remarqués sur les berges du Rotsee. Première course depuis Cazaubon pour Stany (alias Wolverine) qui sort les griffes en Série et s’impose avec autorité devant le hongrois en signant un beau 7’07. Premier grognement et premier message envoyé aux adversaires. Le ton est donné. Et une demi-heure après, l’arbitre nous appelait. Nous avions à cœur de faire résonner le tempo imposé en début de matinée par notre Phoenix. Sur le papier la concurrence n’avait pas de quoi nous inquiéter. Mais l’expérience m’a toujours appris à me méfier. C’est d’ailleurs le discours tenu par l’entraineur juste avant d’embarquer. Comme il s’agissait de notre premièr parcours, il n’était pas question de s’économiser. Il fallait faire une course pleine pour finir de régler quelques petits détails. Nos amis polonais nous ont grandement aidés dans notre tâche. Car ils sont toujours restés au contact et engagés. Nous avons donc pu travailler dans les meilleures conditions pour mettre en application ce qui nous avait été demandé. Le premier bilan est bon. Les sensations aussi. Nous signons le meilleur chrono en 6’20. Dans les autres manches les leaders ont répondu présent.

Le tirage de la demi-finale vient de tomber :

JAPON / BRÉSIL / FRANCE / AFRIQUE-DU-SUD / USA / AUTRICHE

Rendez-vous donc demain à 15h08. Même si nous ne rencontrons pas de problème avec le poids, cet horaire rend difficile sa gestion. Mais depuis le temps que je suis sur le circuit, j’ai cru comprendre qu’un certain nombre de paramètres, notamment la santé des athlètes, n’était pas une priorité pour la FISA.

Voici le Lien pour suivre la course de demain.

Bonne soirée.


Seven !

04/04/2016
Crédit Photo : Béatrice Michel

Crédit Photo : Béatrice Michel

Bonsoir, c’est avec un peu de retard que je reviens sur cette finale ! Mais les évènements se sont tellement enchainés qu’il m’aurait été difficile de vous écrire plus tôt je pense.

A aucun moment sur le week-end le régime n’aura posé de problème. La marge a toujours été suffisante pour m’alimenter correctement les heures précédant la course.

La  nuit de samedi n’a pas été trop perturbée malgré l’enjeu que représentait ces 2000m. Le plus dur était donc presque passé. La forme était bonne et les jambes paraissaient moins lourdes que la veille. Les voyants semblaient donc au vert. Allait maintenant se poser le problème des conditions météo. Depuis une semaine les prévisions annonçaient du vent contre. Et cette fois, jusqu’au dernier moment ils virent juste. En arrivant avec le minibus du club le constat était évident : nous allions revivre le bassin de 2015. Sans préférence aucune, il allait néanmoins falloir en prendre compte dans la stratégie de course. Après être passé à la tour d’arrivée et monté sur la balance officielle, je me suis posé dans les gradins comme spectateur. Quel plaisir de regarder les autres ramer. Les premières courses, animées par les juniors, me rappelaient de bons souvenirs…et oui, déjà dix ans ! Dix ans que j’ai découvert le lac de l’Uby et son ambiance si particulière. Le temps passe vite décidément. Je ne suis pas encore un dinosaure mais quand le compteur passe à deux chiffres, il y a de quoi sourire ! Mais une heure tapante avant la finale, plus le temps d’être nostalgique ou de ressasser, il faut aller s’échauffer. A partir de cet instant, tout devient plus opaque, plus lointain. Chaque foulée nous éloigne un peu plus des eaux mortes du lac pour que le silence accapare l’espace. La voie du speakeur et les encouragements ne sont plus qu’un vague brouhaha. Vous vous retrouvez seul, au calme, avec vous-même, vos pensées, vos peurs, vos motivations. Le souffle s’accélère et les muscles sont de plus en plus chauds. Après quelques assouplissements les articulations semblent se délier et prêtes à l’effort. Vous vous sentez tellement bien que vous n’avez presque plus envie d’y aller. Comme une crainte inexplicable qui se dresse devant tant de mois de durs labeurs. Mais l’hésitation ne fait que traverser votre esprit et s’éloigne aussi vite. Vous reprenez la route du retour. En arrivant, mon entraineur m’attendait. Les premiers mots furent habituels, justes là pour recadrer le discours. Les phrases qui suivirent posèrent la tactique. Il avait tout analysé, tout calculé, aucun détail ne semblait lui avoir échappé. Je connaissais la musique, et il venait de me donner la mesure. Je n’avais alors plus qu’à réciter la leçon, à appliquer le cours, et y glisser un zeste d’interprétation. Ses derniers mots, juste avant de prendre le large, n’eurent pas de mal à trouver de l’écho chez moi. Ce savant mélange continua de résonner dans ma tête et de m’accompagner jusqu’au départ. Une fois rentré dans ma ligne d’eau l’arbitre annonça dix minutes ; de quoi finir de s’échauffer dans le balisage et placer une dernière accélération. Puis, demi-tour, direction les starting-blocks. Je vins m’accrocher au teneur de bateau et quittai le surplus de vêtements. L’horaire semblait bien respecté et les équipages furent appelés. Le drapeau se leva….Partez ! C’est sans retenue que j’ai donné les premiers coups, ni les suivant d’ailleurs ! Il fallait absolument que je garde le contact avec Pierre. Je connaissais ses qualités de puncheur, il ne fallait pas lui laisser d’air, toujours rester engagé et au contact. Stany partit aussi vite que moi. Après 500m de course le podium semblait déjà joué. Nous étions trois aux avant-postes pour nous disputer les médailles. Pierre continua d’appuyer chacun de ses coups pour maintenir son avance, tandis que Stany marquait légèrement le pas au passage des 1000m. Ce fut alors le début d’une longue lutte, d’un mano à mano  avec Pierre. Et chaque bouée nous rapprochait un peu plus de l’arrivée, sans qu’aucun écart ne se crée. Mais à 600m de la ligne, mon oreille sembla déceler quelque chose. Comme une cassure dans le rythme sur tribord. Il semblait être à la peine, ou en tout cas, quelque chose se passait. La brèche venait de s’ouvrir. Il fallait s’y engouffrer. Sans calculer les réserves qu’il me restait, je repris un cran en cadence pour échapper, enfin, aux griffes touloises. En arrivant dans les derniers 250m, l’écart m’assurait presque la victoire. Trente coups de rames me séparaient d’un septième titre. « Aller, plus que trente »…..ou devrais-je dire, encore trente! Ce fut long, très long, mais le plaisir ne fut qu’amplifié par le sentiment d’avoir tout donné aujourd’hui ! Un « BIP » final au goût de délivrance, rapidement suivi d’une monté d’acide nettement moins sympathique. Mais c’était fini, le plus important était là. La remise de récompenses se fit juste après. Un podium identique à l’an passé, 100% LXMEN !

La route du retour fut longue mais sans encombre. Les évènements vont maintenant s’enchainer. Dans une semaine nous repartons en stage sur Aiguebelette. Me voici associé à Pierre jusqu’à Lucerne. Une décision finale sur la composition de l’embarcation sera prise par la fédération à ce moment. A suivre…


Finale à Cazaubon !

02/04/2016
Cazaubon 2016

Crédit Photo : Média Aviron

Bonsoir, le lac de l’Uby s’est transformé en l’espace de quelques jours. Les berges sont complètements occupées par les bateaux. On ne cesse de croiser des rameurs courir pour s’échauffer, ou sur l’ergomètre pour faire tourner la roue et récupérer. Après le vent et les grosses averses de jeudi, le beau temps semble s’être installé assez durablement pour que nous passions un bon week-end. Depuis hier, le bord du bassin grouille de monde. Nous nous rendons alors compte qu’il s’agit bien d’une édition spéciale sur cette année olympique. Plusieurs billets vont être distribués pour les Jeux de Rio. L’enjeu est énorme et les athlètes en ont conscience. Jusqu’à présent la tension n’était peut-être pas palpable, mais dès demain tout va se tendre.

Les parcours d’hier se sont bien passés. Même si je ne suis pas un aficionado des contres-la-montre, je pense avoir fait une bonne entrée dans la compétition. Le vent était légèrement favorable, un scénario que j’affectionne particulièrement et qui me permet de tenir un cadence soutenue tout au long des 2000m. Une fois fini, pas le temps de chômer : la récupération est faite dans la foulée, suivie d’une bonne séance d’étirements, d’un repas et d’une grosse sieste pour arriver en forme sur la Série du soir. Mais cette fois, changement de sens pour le vent. Heureusement, les adversaires semblaient aussi fatigués que moi. La hiérarchie fut alors respectée dans chaque manche.

Ce midi, j’étais en demi-finale contre mon coéquipier d’Aiguebelette. A ce beau tirage venait s’ajouter Morgan Maunoir et Thibault Remy, respectivement champions du monde en 4x (Elite et U23). Une belle brochette de quatre athlètes, mais seulement trois places qualificatives. Cerise sur le gâteau, le vent soufflait contre et fort en rafales. Avec Stany, nous avons rapidement creusé l’écart. A la mi-course, nous semblions presque assurés d’aller en finale. Mais derrière, la lutte était âpre. Il fallut attendre la photo finish pour départager les deux concurrents. Triste sort et dure loi du sport pour Morgan qui rate finalement le coche pour deux minuscules dixièmes de seconde. Thibault prend donc la troisième place. De mon côté, les sensations n’auront pas été franchement bonnes aujourd’hui. Le bassin était vraiment difficile et ne permettait pas de s’exprimer techniquement à 100%. Hélas, les prévisions pour demain ne semblent pas meilleures. J’espère que nous pourrons quand même bénéficier d’une petite accalmie dominicale.

Je vous donne donc rendez-vous demain matin à 11h50 pour le dénouement de ce week-end haletant.

Voici le Lien pour suivre les courses en images.

Bonne soirée.


Mistral à Marignane !

07/03/2016
Crédit Photo : Renaud Blaise

Crédit Photo : Renaud Blaise

Bonsoir, après de longs mois de préparation hivernale, la période de compétitions arrive enfin. Nous étions sur Marignane hier pour la dernière tête de rivière de la saison. Même si elle vient clôturer les épreuves longues distances de l’année, elle amorce aussi une belle série de régates (Tête-De-Rivière, Championnat de Zone et Championnat de France). Chacune sera espacée de quinze jours. Un d’intervalle plutôt court pour nous. Car il est rare que dans notre agenda cela se suive autant. Le rythme va donc être soutenu sur ce mois de Mars. Et ça n’est pas sans me déplaire, bien au contraire !

Les conditions météo de la semaine écoulée n’ont pas été aussi mauvaises que les prévisions. Nous avons pu terminer la préparation sereinement. Et finir d’affiner nos sensations. Heureusement d’ailleurs. Car je crois qu’il n’y a rien de pire que de se réfugier en salle, par obligation, les jours qui précèdent la compétition. La forme est assez vite revenue. Les repères étaient bons et la vitesse de coque toujours en adéquation avec mes sensations. Les chronos ont forcément suivi sur les travaux imposés par la programmation (B3, B4, B5). Je suis donc arrivé avec le moral dans le Sud. Je suis parti avec deux autres coéquipiers samedi pour arriver en début d’après-midi. L’idée était de ramer sur place pour repérer le nouveau balisage et bouger un peu après plusieurs heures de route. Mais la surprise fut de taille. Le Mistral avait aussi pris rendez-vous. Il suffisait alors de tendre l’oreille ou de questionner les rameurs du Pôle ayant déjà fini leur sortie pour avoir un état des lieux. Le visuel correspondait bien à la réalité. Le bassin était presque impraticable. Il n’y avait aucun intérêt à sortir les rames et mettre le bateau à l’eau…Si ce n’est de me blesser ou de finir dégouté et agacé. J’ai donc demandé l’autorisation d’emprunter un des ergos du club, pour finalement faire ma séance sur la machine, à l’abri du vent, au fond de leur hangar à bateaux. Quelques minutes de voiture suffirent ensuite pour rejoindre l’hôtel. Il s’agissait du même hébergement que l’an dernier. Le buffet m’a pourtant semblé meilleur. Idem pour le petit-déjeuner. Les entraineurs ont d’ailleurs souhaité que nous partions dans la foulée pour que les poids légers ne se pressent pas pour la pesée. Tout le monde s’est donc emparé de ses affaires et a donc quitté les lieux au même moment. En arrivant sur place j’étais presque persuadé que tout allait être annulé. Il n’était que 8h du matin et le vent soufflait déjà avec force et autorité sur le bassin. Et ça allait empirer, mais la réunion des délégués permit de trancher. Les épreuves furent maintenues. Deux nouvelles vinrent néanmoins nous consoler : le parcours était réduit à 5000m, et le Mistral était favorable. Je suis monté suffisamment tôt sur l’eau, pour être sûr de ne pas arriver en retard au départ. Je me suis fait quelques frayeurs, dont une moins de 1000m après avoir embarqué. J’ai percuté une bouée, ai lâché ma pelle et me suis presque retrouvé à l’eau. Une fois en haut, je me sentais à peine échauffé. Heureusement l’arbitre n’a pas mis trop longtemps pour donner le départ. Je savais que les conditions allaient être rugueuses. Deux choses allaient donc être importantes : toujours garder du rythme, et bien respirer. Je savais que j’allais commettre beaucoup de fautes techniques, mais la priorité devrait toujours aller au rythme et à la glisse du bateau, rien d’autre. Une fois lancé, je n’ai presque jamais regardé mon stroke ou le décor. J’étais concentré sur mon équilibre et mon rythme. Tel un funambule, je tâchais de m’adapter aux rafales et aux vagues qui venaient constamment me secouer. La navigation était si difficile qu’il devenait compliqué de s’investir à 100% physiquement. Les 5000m sont finalement vite passés, et n’ont pas laissé autant de traces que les autres têtes de rivière. Je signe finalement le premier temps au général. Mais cette victoire ne garde pas la même saveur au regard des résultats. Il est évident que de telles conditions biaisent leurs analyses ; et la valeur intrinsèque de certains, moins à l’aise dans ce type de bassin.

Le retour à Lyon s’est bien déroulé. Nous n’avons eu presque personne sur la route alors qu’il s’agissait des derniers retours de vacances. La reprise de l’entrainement et du travail aujourd’hui ont été correct. C’est reparti pour une semaine plutôt dense. Mais le bout du tunnel est déjà là !

Bonne soirée.

Good evening. After a long winter of training, racing season is coming. Yesterday, we were in Marignane for the last 6k Time Trial (TT) of the season. Even if it is the last one for 2016, this TT is the start of our racing series. A regatta every second weekend: 6k Time Trial, Regional Championship and National Championship. 15 days between regattas is a short interval as we are used to 3 or 4 weeks between major competitions. So we have to keep the rhythm in the coming month. But don’t get me wrong, I love it!

The weather forecast was supposed to be bad in the week leading to the TT. We were lucky enough to have good conditions to finish our preparation. There is nothing worse than being forced to go indoor on the rowing machine in the days before a race. Through a light week of training, I felt better and better. Speed was good and in line with my feelings. The timed pieces at different rates were then logically good and gave me a good feeling for the race. I was very pumped when I arrived in “the South”. We left Lyon on Saturday with two other rowers from the training center and we arrived in Marignane early afternoon. The idea was to rig and row in order to have a look at the new buoy line but also to get moving after a few hours in a car. Bummer! The “Mistral”, the northwest wind from this area, was furiously blowing. A few rowers were coming off the water and it was barely rowable. They confirmed what I could see. No point of going on the water with those conditions. Except if I wanted to get injured or be pissed off with myself and my boat. I asked the local club if I could use one of their ergs and I did my last training session before the race in the boathouse sheltered from the wind! The hotel was a few minutes away by car. The same as last year. The food seemed to be better though. Likewise with the breakfast. The next morning, we all left together right after breakfast. The coaches didn’t want the lightweights to be in a hurry with the weigh-in. When we saw the course, I was pretty sure that the umpires were going to cancel the race. It was only 8am and the wind was blowing very strong. It was supposed to get worse through the day. But at the managers meeting, they decided to maintain the race and the schedule. However, they decided to shorten the distance. It was going to be a 5k TT with a tailwind. I shoved early enough to make sure I was going to be on time at the start. I scared myself on the way up. I hit a buoy a few minutes after docking and I almost flipped as I lost my oar. When I turned around at the top, I was barely warmed up. The umpire didn’t waste any time and he started the race pretty quickly. I knew that conditions were going to be rough. I focused on two things: keeping the rhythm and breathing. I knew I was going to make mistakes but the key was going to be rhythm and boat run. Nothing else. From the very first stroke, I stayed internal and I never looked down at my stroke coach or at the landscape! I was highly focused on my balance and my rhythm. Like a tightrope walker, I tried to adapt to the gusts and the waves that continuously hit my hull. It was so hard to stay on course that I was unable to push myself at a 100%. Surprisingly, the 5000m went by fast and it was not physically as hard as usual. I won the time trial but this win was not as sweet as it could be. It was hard for all of us to perform well and I am sure that others would have done better with calm conditions.

We drove back to Lyon without any trouble. No one on the road even though it was the last day of winter break for schools. I am back on the water and at work for a solid week of training. What’s next is coming quick.

Cheers

Traduction : Julien Bahain