David contre Goliath en Finale

02/07/2017

Crédit Photo : Anthony Benoit

Même si nous ne nous attendions pas à cette physionomie, la course d’hier était prédictive. Surtout après l’élimination du 2- italien face à nos rameurs français (les frères Onfroy). Car on peut déplacer des montagnes, mais il reste encore difficile de changer la nature humaine. Face au patriotisme avéré de nos amis transalpins, nous savions qu’ils combattraient jusqu’au bout, jusqu’à se sacrifier pour sauver l’honneur de leur délégation. C’était donc une course digne de finale qui nous attendait !

L’échauffement sur l’eau et la montée au départ furent tout aussi laborieux que la veille, voire pire ! La circulation était si forte qu’il était impossible d’enchainer les coups. Mais tout le monde semblait être à la peine, de quoi se rassurer quand la frustration gagne trop de terrain. Une fois dans les starting-blocks l’attente ne fut pas trop longue. Ce fut néanmoins l’occasion de se redire les choses avec Pierre. N’ayant aucun repère visuel fiable pendant la course, il était prévu que je lui annonce chaque 500m (grâce à mon GPS). Quant à lui, s’il sentait une opportunité, qu’il n’hésite pas à place une série, quel que soit notre position et notre avancée sur le parcours. Enfin, il faudrait gérer au mieux la direction et la vague de fond. La course risquait d’être longue, il était donc important d’aborder cette demi-finale comme un 2000m traditionnel.

Dès que le drapeau s’abaissa, nos bateaux s’élancèrent dans l’arène sensiblement à la même vitesse. Après 200m, une légère avance sembla apparaitre en leur faveur. Un peu plus collé contre la berge, ils semblaient plus abrités du courant et des vagues. Il fallut donc attendre, rester au contact, ne surtout pas leur laisser d’occasion, ne rien concéder, jouer les chasseurs ! Chaque coup de pelles semblait nous faire gagner de précieux centimètres. A côté ils ne cessaient de relancer pour éviter de subir le rythme que nous leur imposions. Alors que je m’apprêtais à communiquer à Pierre notre passage de la mi-course, il lança une série ! Pas le temps de réfléchir, il fallait foncer. Et en l’espace de 10 coups nous venions de prendre l’ascendant. Cette petite longueur d’avance nous suivit jusqu’à l’entrée des derniers 500m. A cet instant nous pouvions définitivement tuer la course. Le bateau regagna encore de la vitesse, l’écart continua de se creuser…mais je crois que dans mon subconscient j’avais définitivement calibré mon effort pour 2000m et non 550 yards. Les 112 derniers mètres me parurent excessivement long, allant même jusqu’à réduire l’écart entre nos deux embarcations. Le bruit de la corne arriva comme une délivrance, je n’en pouvais plus. Il me fallut une bonne et longue récupération pour éliminer chaque lactate de mon organisme…mais l’essentiel était assuré : nous venions de nous qualifier pour la grande finale.

Dans l’autre manche ce sont logiquement les poids lourds néozélandais qui se sont imposés. Ce seront donc nos adversaires du jour. Un match encore particulier ou David affrontera Goliath. Le duel risque d’être encore plus relevé qu’hier, mais en tant qu’ambassadeur de la catégorie poids léger, nous aurons à cœur de donner le meilleur, quel qu’en soit l’issue !

Je vous donne donc rendez-vous cette après-midi à 16h10 pour le dénouement final !

Voici également le lien pour suivre le Direct ainsi que celui de la course d’hier pour ceux qui l’ont raté !

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Sunday, golden sunday !

18/06/2017

Crédit Photo : FFA (Daniel Blin)

Malgré l’entrainement, la volonté et la technique, il arrive parfois que rien ne puisse vous résister. Comme un sentiment de grâce devant vos adversaires. C’était peut-être le cas aujourd’hui. C’est du moins l’impression que j’en ai eu. Mais soyons clairs, cela ne rime pas avec facilité, pas du tout. Chaque course, chaque finale, sont de nouvelles occasions de se remettre en question et de donner le maximum. C’est ce qui fait l’invincibilité de ce bateau depuis tant de saisons.

En nous réveillant ce matin nous disposions encore d’une marge suffisante pour déjeuner à notre faim. La configuration de la matinée était idéale : la course était ni trop tôt, ni trop tard. Idem pour la pesée officielle. Après être rentré de notre footing d’échauffement le long du lac Malta, j’ai eu la confirmation que nous étions bien les seuls à courir. Nous n’avons croisé aucun concurrent ! Nos adversaires doivent probablement faire de l’ergomètre en remplacement, mais je trouve ça surprenant que nous soyons vraiment les seuls à chausser les baskets et varier les types d’échauffements. Bref, à chacun ses habitudes. Ne changeons surtout pas les notre, elles semblent bien fonctionner pour l’instant.

En quittant le ponton tout semblait clair dans nos têtes. Comme évoqué en introduction, la stratégie était relativement simple : imprimer le plus gros tempo possible à nos adversaires, au coup par coup, sans lancer de séries. Nous avions chacun nos petits axes techniques à respecter pour que le bateau glisse et que chacun puisse s’employer à 100%. L’échauffement sur l’eau fut très traditionnel. Trois petites accélérations suffirent à nous mettre en confiance et nous sentir prêt.

L’attente dans les starting-blocks me parut interminable. Les minutes n’en finissaient plus. Je n’arrêtais pas de bâiller. Je me sentais complètement atone. Ce n’était pourtant pas le moment. Mais heureusement, une fois allumé, le feu changea quasi instantanément de couleur. Notre départ fut bon et nous plaça rapidement aux avant-postes. De son côté Pierre semblait en pleine forme et impulsait sur chaque coup. Ce fut alors l’occasion pour moi de le laisser faire, de lui donner assez de longueur et de fréquence pour qu’il puisse s’exprimer à fond. De mon côté j’étais focalisé sur ma technique, sur mon rôle : celui de métronome. Malgré la bagarre juste derrière nous, l’écart se creusa de plus en plus. A l’entrée des derniers 500m plus rien ne pouvait nous arriver. Mais cela ne nous empêcha pas de relancer encore, et encore…jusqu’à que la ligne d’arrivée nous arrête dans notre élan.

Notre joie au ponton d’honneur fut encore plus énorme en constatant que le 2- des frères Onfroy avaient également remporté l’or. Participer à un doublé français, j’avais encore jamais fait ! Dommage qu’aucun hymne ne soit joué sur les Coupes de Monde, je crois que ça aurait été juste parfait d’en enchainer deux d’affiler.

Nous rentrons demain matin en France. La semaine va être musclée, car le programme d’entrainement est conséquent en prévision d’Henley et de Lucerne. Il va falloir gérer la fatigue sur cette période, ce sera l’enjeu des prochains jours : donc ce soir couché tôt !

Voici le lien pour revivre la course en direct.

Bon dimanche et n’oubliez pas d’aller voter.

Bien à vous.