L’Or à Poznan !

19/06/2016
Crédit Photo : FFSA - Daniel Blin -

Crédit Photo : FFSA – Daniel Blin –

Fin du week-end ! Un super bassin et une finale avec du spectacle. A commencer par le faux-départ de nos amis irlandais. A leur décharge, le feu a vraiment trainé pour passer au vert. Frustrant quand même, notre départ était canon. Les démons de 2012 semblaient de retour. Heureusement, ces flashs n’ont pas perturbé l’état d’esprit.

Quand la cloche fut tirée, l’arbitre rappela immédiatement les équipages pour que le programme ne prenne pas de retard. Pas le temps de se poser ni de récupérer, juste la place pour deux grandes inspirations. Une fois les six bateaux alignés la procédure s’accéléra. L’adrénaline put enfin opérer.

Aucun changement dans notre stratégie. Nous voulions reproduire le même schéma tactique que vendredi : partir fort, imposer notre rythme et surtout ré accéléré à la mi-parcours. Mais les surprises n’arrivent jamais seules. Dans cette finale aux conditions favorables, nos amis anglais ont tout tenté. A raison : le vent soufflait dans le bon sens, les chronos allaient être rapides, et les écarts surement réduits. En tête au premier 500m et au 1000m, ce coup de Trafalgar n’aura pas tenu jusqu’au bout. Ce bluff ne nous aura jamais fait douter…Car avec l’engament physique mit sur les courses d’hier et de vendredi, l’issue était prévisible. De son côté, le bateau norvégien, régulier et fidèle à lui-même, nous a beaucoup aidés. Ce fut notre principal repère. Jamais très loin, nous avons réussi à nous extirper des griffes vikings qu’à l’entrée des dernières bouées, quand tout semblait déjà joué. La cadence repris un cran pour contenir le retour des irlandais et italiens, encore au coude à coude pour la troisième place. Quelques coups plus tard le « BIP » final livra son verdict. Une première place, deux secondes devant nos premiers poursuivants, et un beau 6’11 à la clef. Cerise sur le gâteau, la chasuble jaune de leaders. What else !

Nous restons ce soir en Pologne. Nous rentrons en avion demain matin tôt. Deux jours sur Paris sont prévus pour un point Presse, ainsi que la rencontre des partenaires de la fédération. Mais également la finale nationale du challenge « rame en 5ème ». Le vrai retour à domicile est programmé mardi soir. Nous attaquerons ensuite le stage terminal à Bellecin le mardi 28 Juin. Le « break » va être court. Je vais profiter de cet ultime week-end pour redescendre sur Avignon.

J’ai trouvé original d’illustrer cet article avec les mascottes en peluche qui nous ont été données. Je vous laisse deviner qui est qui !

Bonne soirée.


En route pour la Finale

28/05/2016
Crédit Photo : FFA -Eric Marie-

Crédit Photo : FFA -Eric Marie-

Bonsoir, c’est encore une belle journée qui s’achève dans le clan des rameurs poids légers. Elle avait commencé tôt avec la demi-finale de Stany, qui, tel un vieux briscard, s’est qualifié de justesse malgré une course contrôlée.

De notre côté, il fallut déjà patienter jusqu’à 13h08 pour monter sur la balance officielle. Pour hacher au maximum cette attente qui semblait, à elle-seul, une éternité, nous sommes partis marcher quelques minutes dans le centre de Lucerne. C’est la neuvième fois que je viens ici et je suis toujours aussi amoureux de l’endroit. Dommage que je ne parle pas allemand et que l’immobilier soit si cher. Dans la salle de pesée l’ambiance était presque électrique. Nous étions tous focalisés sur l’horloge en attendant que les aiguilles veuillent bien afficher le bon chiffre. Malgré la difficulté de la situation nous n’avons pas trop été pénalisés. La gestion a été bonne et nous avons quand même réussi à manger à notre « faim ».

Les prévisions météo étaient exécrables pour aujourd’hui, mais heureusement il s’agit d’une science qui prédit le temps qu’il aurait dû faire. Nous avons donc eu l’énorme chance de passer à travers les gouttes sur l’échauffement pour finalement arriver au départ avec un grand ciel bleu. Sur cette course il fallait monter d’un ton. Sans forcément changer la manière de faire ni bousculer notre stratégie, l’enjeu allait rajouter de l’intensité. L’envie était au rendez-vous. Après un bon échauffement et quelques mots, le départ fut donné. Les premiers coups nous placèrent rapidement dans le bon wagon. Ce fut ensuite une course d’attente, une course où nos adversaires américains et sud-africains se sont montrés entreprenants, voir menaçants. La réponse fut immédiate dans la deuxième moitié de parcours. Sans verbaliser le signal, la cadence et l’intensité sont montées progressivement jusqu’à la ligne d’arrivée. L’écart s’est creusé pour finalement nous donner vainqueur avec plus de deux secondes d’avance. Dans l’autre manche les norvégiens ont pris leur revanche et l’emportent devant les anglais. Ils affirment clairement leurs ambitions pour demain.

Une petite heure après notre demi-finale, Stany reprenait déjà les rames pour sa finale. Dans la bataille pour l’or jusqu’au dernier coup de pelle, il termine finalement avec une belle médaille de bronze autour du cou…et surtout un super chrono à la clef.

Voici le tirage de notre finale :

USA / AFRIQUE-DU-SUD / NORVÈGE / FRANCE / ANGLETERRE / IRLANDE

Course prévue demain à 10h33. Un horaire bien plus clément qu’aujourd’hui pour le régime.

Voici le lien pour visionner la course en direct cette fois.

Je n’épilogue pas plus. Une bonne nuit de sommeil sera nécessaire pour être à 100% demain.

Bonne soirée.


Championnat de France Sprint à Mâcon

07/10/2015
Crédit Photo : Béatrice Michel

Crédit Photo : Béatrice Michel

Week-end pluvieux, week-end heureux !

Le championnat de France Sprint à Mâcon est venu clôturer cette saison 2015. Un ultime rendez-vous sur la Saône avec mon club pour retrouver les copains et ramer en 4x. Comme beaucoup de monde, nous avons donné nos premiers coups de pelles vendredi soir en arrivant. Les jours qui ont précédé n’ont pas été de tout repos. Il s’agissait pourtant de ma deuxième semaine de reprise, mais la fatigue semblait encore en couverture : comme si la mécanique peinait à retrouver cette fameuse routine qui rythme chacune de mes saisons depuis presque une olympiade.

Avec 27 partants dans notre catégorie nous étions sur de faire quatre courses. Leur répartition était équitablement sur le week-end : deux le samedi et deux autres le dimanche. Chaque année j’ai l’impression que cet évènement bat des records de participations. Les 8+ se comptent en dizaines et le spectacle est en continue tout au long de la journée. Un vrai régal pour les spectateurs mais un vrai tour de force également pour les organisateurs et les bénévoles qui sont tenus d’aligner et donner un départ toutes les trois minutes, chapeau et encore bravo !

Notre première course fut laborieuse : pas mal de petites fautes et de petites erreurs techniques commises. Le problème avec ce format sur 500m c’est que tout coute cher, voire très cher ! Nous en avons fait les frais sur la demi-finale contre Mimizan. La réaction fut suffisante quelques heures plus tard en finale. A l’issue des 1’25’’50 d’efforts nous franchissons la ligne en tête pour 29 petits centièmes d’avance sur nos poursuivants. Sur le moment, impossible de connaitre le résultat. L’euphorie des mimizannais nous confortait dans l’idée d’une deuxième place. Il fallut attendre l’annonce officielle du speaker pour que la joie n’éclate. Je crois qu’il n’y a rien de plus agréable que de partager une médaille et un titre avec des camarades. Je suis maintenant persuadé d’une chose, c’est qu’à la fin d’une carrière, les seules choses qui ne prennent pas la poussière, ce sont ces souvenirs et ces aventures humaines !

Je suis rentré avec le club sur Avignon dimanche soir. J’avais rendez-vous à deux reprises lundi dans les Studios de France Bleu Vaucluse : d’abord sur la matinale de 7h à 8h30, puis le soir sur le volet sport à partir de 18h. Ce séjour dans le Sud fut bref mais quelle bouffée d’oxygène ! Rien de tel pour repartir sur Lyon et reprendre le rythme des entrainements.

Je monte demain sur Paris pour une intervention avec l’entreprise Siniat (qui m’a aidé à financer ma formation d’ostéopathie). Les voyages forment la jeunesse !

Bonne soirée !

PS : Voici le lien pour revivre la course en images !


Médaille d’Or à Bourges !

09/06/2014
Crédit Photo : Béatrice Michel

Crédit Photo : Béatrice Michel

Bonsoir, le retour sur Lyon s’est bien passé. J’ai fait la route avec le club de Monaco. Ce lundi de Pentecôte tombe à pic. Il permet de faire un mini break entre les évènements de la dernière quinzaine et ceux à venir.

La journée d’hier fut juste parfaite. Sur la demi-finale nous voulions faire la meilleure course possible. Nous avions à cœur de marquer les esprits. La rencontre avec le double de Boulogne-Billancourt suggérait un beau duel. Les températures n’étaient pas encore excessives et le bassin d’huile. Les conditions étaient donc réunies pour faire une bonne prestation. Après un bon échauffement au sol et sur l’eau nous sommes rentrés dans notre couloir. Quelques petits mots furent échangés pour préciser les consignes et la tactique. Le départ fut ensuite donné ! Les premiers coups furent excellents, la transition aussi ! Cet enchainement nous permit de prendre le commandement. Après une belle empoignade le bateau de l’ACBB nous laissa finalement filer. L’écart se creusa progressivement dans la deuxième partie de parcours. Dans les derniers mètres notre avance était assez confortable pour contrôler et nous assurer la victoire. Dans l’autre manche le club de Lyon-Caluire et de Condrieu se livrèrent le même duel, laissant l’avantage à ce dernier.

La finale courrait à 13h51. La récupération de la demi-finale allait être décisive pour aborder notre quatrième et dernier parcours en forme. Nous avons insisté sur l’hydratation pour mettre toutes les chances de notre côté. Pour éviter de souffrir de la chaleur nous avons repoussé l’horaire de notre embarquement. L’échauffement fut bref. Un fois installé dans les starting-blocks la pression monta. Le drapeau s’abaissa et les pelles claquèrent dans les dames de nage. L’ensemble de la flotte s’élança. L’adrénaline et l’enjeu suffirent à booster notre cadence. Nos efforts finirent par payer après 1000m de course. Sans jamais baisser la fréquence, nous avons attaqué, encore et encore…Suffisamment pour nous mettre à l’abri. Les bouées rouges annoncèrent la fin du calvaire ! Notre avance nous assurait la victoire. Dès cet instant ma vigilance se porta sur la technique, il fallait redoubler d’attention pour éviter les fautes. La ligne d’arrivée arriva moins d’une minute après. La joie explosa. Notre présidente de club nous remit les récompenses. Un moment plein d’émotions, encore un !

Merci !


Argent content

30/08/2013
Crédit Photo : Média Aviron

Crédit Photo : Média Aviron

Encore une saison qui se termine. Une belle médaille d’argent à la clef. Une médaille aux reflets dorés. Une médaille dédicacée à mon coéquipier Stany qui m’a soutenu, encouragé, suivi tout au long de cette aventure. Il aura manqué un peu de peps sur les derniers mètres pour vous offrir la Marseillaise, mais je n’ai aucun regret sur cette finale. L’expérience m’a appris à dépasser mes limites et accepter le résultat quel qu’il soit. Stany connait ma philosophie à ce sujet : tout donner pour ne rien regretter ! Ce fut le cas aujourd’hui.

Le vent était défavorable. On pouvait sentir les risées. Le stresse était moins fort qu’hier. La forme était là depuis le début de la compétition, je me sentais bien techniquement, j’avais des adversaires de choix, notamment un, le danois…..Bref, tous les ingrédients étaient réunis pour courir cette finale et prendre du plaisir. Nous nous sommes suivis tout au long de la semaine avec Stephansen. Je savais pertinemment qu’il fallait faire la course parfaite aujourd’hui pour le battre. La stratégie resta dans la lignée des précédentes : placer mes attaques dans le troisième 500m.

Je suis parti devant dès les premiers coups. La physionomie de la course fut une copie parfaite de nos précédentes rencontres. J’étais concentré sur ma technique et ma respiration. J’attendis la mi-parcours pour attaquer. Le hongrois fit de même mais le danois réussit néanmoins à s’extraire. Alors que nous approchions des derniers 300m j’eus l’impression de me faire doubler par le hongrois. Il était temps de lancer mes dernières forces dans la bataille. La cadence monta jusqu’à son maximum, mais le physique ne répondait plus. Le danois eut un second souffle et trouva la ressource suffisante pour contrecarrer mon ultime attaque. La ligne d’arrivée livra son verdict.

Je tiens une fois de plus à vous remercier pour vos messages, sms, mails, publications…..Je les ai lus avec émotions. Gardons l’or pour notre prochaine aventure en double !

Bien à vous !


Médaille d’or à Séville

03/06/2013
Crédit Photo : FFSA

Crédit Photo : FFSA

Bonsoir, j’arrive enfin à vous écrire. Avant toute chose je vous remercier pour vos encouragements et vos messages.

Revenons sur la journée d’hier. Alors que la demi-finale avait couru dans de mauvaises conditions, la finale fut partiellement épargnée. Le vent continuait de soufflait avec autorité mais la vague ne semblait pas gêner. Par précaution l’entraineur ajusta une fois encore les réglages du bateau. Le thermomètre afficha des températures record (40°C). Le passage à la pesée fut une formalité. Le speach d’avant course fut bref. Les consignes furent les même que la veille : ramer long, lancer le moins possible de séries, tenter de creuser les écarts en faisant quelque chose de régulier, faire du coup par coup et se donner à 100% sur chacun d’eux, ne pas s’affoler si la course met du temps à se décanter. Dans les starting-blocks presque aucun mot ne fut échangé avec mon coéquipier. Ce silence nous renvoya à nos rituels respectifs : vérification du serrage des aiguillettes, contrôle de l’alignement, hydratation, activation du compte-coup, longues inspirations….bref, autant de petites choses qui font patienter jusqu’au départ. A l’appel des équipages tous les rameurs se mirent sur l’avant. A cet instant je tournai la tête à droite, puis à gauche pour observer une dernière fois mes adversaires. Je me suis aperçu récemment que c’était un véritable « tic ». Une dernière phrase fut partagée avec Stany : « ça va partir fort, on se s’affole surtout pas si ça ne se décante pas avant le troisième 500 ! ». Dès que le feu passa au vert l’adrénaline pût enfin jouer son rôle. Les premiers coups nous placèrent une fois de plus en bonne position. Comme imaginé, la concurrence engagea les hostilités rapidement après. Impossible de faire la différence sur cette première moitié de course. A mi-parcours Stany pris la parole « allez, comme sur l’ergo ! ». Il s’agissait bien là d’un code. A l’image d’un test ergo, nous avons complètement fait abstraction du reste. Nous nous sommes uniquement concentrés sur la longueur et la propulsion. Chaque coup était donné avec conviction et détermination comme s’il s’agissait du dernier. La machine venait d’être relancée dans le camp français. Les écarts commencèrent à se creuser mais les attaques adverses continuèrent. Les agressions furent incessantes. La bagarre pour le podium ne laissa aucun répit. A cent mètres de l’arrivée la victoire nous appartenait, il n’y avait plus qu’à profiter de l’instant. Le « BIP » final arriva quelques coups après. La remise des récompenses et la Marseillaise immortalisèrent le moment. En « récompense » je fus désigné pour le  contrôle anti-dopage. Là aussi j’ai progressé depuis Londres. Trois litres d’eau et 2h30 ont suffi à déclencher la miction (contre 3h30 aux JO). Ce passage au stand grignota une bonne partie du temps restant pour profiter du résultat. Le retour s’est bien passé malgré une arrivée tardive sur Lyon.

Bonne soirée !


Qualification pour les Jeux Olympiques !

02/04/2012

Crédit Photo : FFSA

           Bonjour, quel week-end ! Je ne sais pas par quoi commencer. L’article risque d’être long si je vous raconte tout mais je prends ce risque !

            Revenons donc à la tête de rivière du vendredi matin, où nous avions d’excellentes conditions météo. Je partais en premier. J’avais un excellent repère visuel sur cette première course : Frédéric Dufour partait second, 30 secondes derrière moi. La journée du vendredi était conséquente avec deux courses (tête de rivière le matin et Série le soir). J’ai donc essayé de m’économiser sur le premier parcours. Je termine 3ème du contre-la-montre, à 3 secondes de Frédéric et de Stany (respectivement 1er et 2ème). Puis nous nous sommes tous donnés rendez-vous le soir même pour courir les Séries. Dans ma manche je retrouvais notamment Alexandre Pilat, Fabien Dufour, Brice Menet et Barthélémy Agostini. Tous ces rameurs avaient déjà atteint, au moins une fois dans leur carrière, la finale des championnats de France. Le bassin s’était nettement dégradé depuis. Dans ces conditions difficiles j’ai longtemps été inquiété par Alexandre Pilat. Je suis arrivé à prendre l’ascendant un peu après la mi-parcours. Je franchis la ligne le premier et signe le meilleur temps de ces ¼ de finale.

            Sur la journée du samedi les organisateurs ont été obligés de repousser les horaires des courses à cause du brouillard. Bien heureusement la pesée, elle, n’a pas été décalée. C’est donc en début d’après-midi que nous avons pris le départ des demi-finales. J’étais aligné contre Stany Delayre et Damien Piqueras qui étaient mes plus sérieux adversaires. Encore une fois le vent levait un léger clapot et rendait les conditions « rugueuses ». Le Bergeracois (Stany) est parti très vite comme à son habitude. Il a mené la course un bon moment. J’étais en embuscade à moins d’une longueur. Passé la mi-parcours il dominait encore les débats, j’ai alors appuyé chacun de mes coups pour passer. La première tentative n’a pas suffit, j’ai alors fait le « forcing » pour prendre les devants. Cette demi-finale fut intense. Techniquement, c’était surement la moins bonne course du week-end. Ces sensations m’ont été confirmées par mon entraineur national.

            Puis arriva la Finale. Une finale qui allait sonner comme une délivrance pour les uns, et comme une sentence pour les autres. Quatre années de préparation intensive, de sacrifices, d’acharnement et d’abnégation ; et seulement deux places pour notre catégorie ! La tension, le stress, la peur de l’échec ne s’étaient pas fait sentir sur le début de la compétition mais là, nous étions tous dos au mur ! C’est pendant mon échauffement, alors que je courrais et commençais à méditer sur ma stratégie de course que j’entendis au loin les commentaires du speaker : d’abord le 2- PL où les Nantais (vainqueurs des deux précédentes éditions) terminaient 4ème, puis le 2- TC composé de Julien Déprés et Jean-Baptiste Macquet finissait 6ème. Ces résultats eurent l’effet d’un coup de massue. En quelques secondes le stress m’envahit, je me rendis vraiment compte des enjeux de cette course. La finale pouvait être un couperet. Je pris alors le temps de respirer profondément pour essayer d’évacuer toutes ces tensions et ces crispations. J’arrivais peu à peu à faire abstraction des résultats, à me remobiliser et me focaliser uniquement sur ma finale, mon objectif. Une fois l’échauffement au sol terminé je me dirigeai vers mon skiff et mon entraineur de club Marc Boudoux. Commença alors le speech d’avant course. Des phrases courtes, des mots simples mais chargés de  sens, une force dans son discours : autant d’ingrédients que mon coach a utilisés pour  faire de moi une bête féroce, prête à se sacrifier pour aller chercher le Graal, cette qualification pour les Jeux Olympiques de Londres. Il avait déjà établi une stratégie de course : « fais attention, ça va partir extrêmement vite, sur les 800-1000 premiers mètres ne t’affoles surtout pas, reste dans la longueur, mais à la mi-parcours c’est TA course, aller Jérém, fais toi plaisir, fais nous plaisir ! ». Juste après l’embarquement j’ai pris le temps de visualiser mentalement ma course. Le vent était favorable, dans l’axe. Il y avait un léger clapot mais peu de vagues. Bref, des conditions que j’affectionnais particulièrement et qui se rapprochaient de celles d’Amsterdam. Tous ces éléments m’ont redonnés confiance pour aborder cette finale en favori. Une fois aligné, chacun se regarda une dernière fois avant le départ. ATTENTION………PARTEZ ! ! ! Tout le monde affiche des cadences démentielles. C’est parti très fort avec Stany et Maxime. Je les talonne accompagné d’Alexandre. Frédéric n’est pas loin derrière. Les écarts ne se creusent pas de suite et le scénario imaginé par mon entraineur prend tout son sens. La physionomie de la course est exactement comme il l’avait prévue. Je pense à contrôler ma respiration, à me relâcher, ne pas être crispé. Je commence à fournir mon effort après 800m de course. J’arrive progressivement à passer en tête. Puis arrivent les bouées du 1000m. C’est le repère visuel que j’attendais, je monte encore la cadence et affiche maintenant le 39,5. Je maintiens ce rythme tout au long de ce troisième 500m. J’entends au loin des voies qui m’encouragent. Je ne peux pas les décevoir, je redouble mes efforts. Les écarts se creusent, je suis maintenant installé en tête avec plus d’une longue d’avance sur Stany toujours deuxième. Nous arrivons rapidement à la hauteur des bouées jaunes. C’est sous un brouhaha que nous lançons le sprint final. Mes précédentes attaques ont payé. Je ne me concentre plus que sur ma technique pour éviter la faute qui pourrait me couter cher. Je tourne la tête pour chercher la ligne d’arrivée. Elle n’arrivera que quelques coups après. BIPPP ! ! ! ! A ce moment je ne réalise pas que je participerai dans quelques mois à un évènement planétaire. Je savoure cette victoire comme si c’était la première de ma carrière. Beaucoup d’émotions avant, pendant et après la cérémonie de remise des médailles. Un succès que j’ai partagé avec les gens de mon club, ma famille et mes amis.

            Je suis sur Avignon pour une semaine. L’occasion moi de recharger les batteries et de profiter de mes proches. Voici le lien vidéo des quelques images prises lors de la finale.

            Encore merci pour vos encouragements !