Championnat de zone à Aiguebelette !

08/04/2017

Crédit Photo : Média Aviron

Enfin je trouve le temps de vous écrire pour revenir sur ce week-end de compétition et cette finale épique.

Après une semaine de soleil, la pluie aura fait son grand retour pour Aiguebelette. Mais à choisir, je préfère les gouttes au vent. Car elles assurent généralement de meilleures conditions de navigation. Quoi qu’il en soit, l’issue de la régate ne reposait pas sur les prévisions météorologiques. Depuis le début de la semaine je me sentais en forme. De mon B4 (2000m progressif) à l’ergomètre sur Valenciennes jusqu’au B5 (500m cadence course) la veille des courses, les sensations étaient bonnes et les repères chronométriques aussi. Le régime ne m’a pas mis en délicatesse non plus. Bref, j’étais prêt à en découdre. Heureusement d’ailleurs car la concurrence allait être différente cette année ! Le tirage des Séries me laissa un peu de répit. La difficulté sur cette première journée vint surtout de la pesée. De son horaire plus précisément. Il fallut attendre midi pour monter sur la balance officielle. La matinée parut relativement longue, surtout quand votre horloge biologique interne vous réveille à 6h du matin. Heureusement la journée de dimanche n’allait pas poser de souci de ce côté-là : la demi-finale était programmée le matin et la finale quelques heures plus tard. C’est la récupération entre les deux qui allait être primordiale. Je m’attendais à tout sur la demi-finale. Beaucoup de scénarios étaient envisageables mais c’est finalement le meilleur qui se produit. Peut-être aussi parce que mon appréhension nourrit ma volonté de me mettre à l’abri : j’ai pris un super départ et me suis rapidement retrouvé aux commandes. Maxime Ducret et Benoit Baratin ont emboîté le pas tout en creusant l’écart sur le reste du peloton. A mi-chemin l’issue était scellée. Nous étions trois bateaux en tête pour trois places. Jusqu’à l’arrivée, presque aucune attaque ne fut placée, chacun se « contenta » de garder son rang pour limiter les dépenses énergétiques en perspective la grande finale. Le timing fut ensuite serré : tout juste le temps de rentrer se changer, se restaurer, faire une mini-sieste et ranger ses affaires…c’était l’heure ! Seul bémol, la digestion ! Trop content de passer la dernière pesée du week-end je n’ai pas su me raisonner sur le déjeuner. Une erreur de débutant qui me valut quelques peines sur le footing d’échauffement. Je me sentais ballonné et mon estomac ne cessait de me rappeler mon erreur. Heureusement, au moment du départ, l’adrénaline masqua bien des maux. Une fois aligné dans mon couloir, je n’avais d’attention que pour le drapeau de l’arbitre. En attendant le signal, je me repassais en boucle les mots de mon entraîneur. Les possibilités n’étaient pas infinies. Soit Hugo chercherait à faire la course devant, auquel cas il faudrait rester au contact et faire une course d’attente ; soit il me laisserait les commandes et tenterait de me doubler sur le finish, auquel cas il faudrait me mettre à l’abri avant les derniers 250m. Mais sur le départ, aucune question à se poser ! Dès que le drapeau s’abaissa je ne retins pas mes coups. Je donnai le maximum pour lancer ma coque. L’enchaînement fut légèrement moins bon que le matin mais me permit néanmoins de sortir en tête des starting-blocks. Il fallait donner du rythme, beaucoup de rythme et le garder, c’était l’une des consignes de l’entraîneur. Ce fut ma tâche principale sur le premier 1000m. Les écarts ne se creusèrent pas de suite. J’essayais de contrecarrer chaque attaque. Hugo était à moins d’une longueur et Maxime pointait juste derrière. Les écarts semblaient se stabiliser. A la mi-course l’intensité reprit un cran. La cadence grimpa de deux coups, la différence commença à se faire avec le reste du peloton, laissant présager un duel avec Hugo pour la victoire. Et ce qui devait arriver arriva : ce fut un immense mano à mano sur le reste du parcours. Une succession d’attaques et de réponses. Une vraie surenchère ! La cadence n’avait plus de limite, il fallait rester devant absolument. En plaçant une grosse accélération à 700m de la ligne, je pensais m’octroyer un répit, en vain ! Nous avions chacun décidé d’aller jusqu’au bout…au bout de nous-même ! Il fallut donc sortir le grand jeu pour venir à bout de Goliath. Une légère brise souffla au passage des derniers 250m, c’était le signale ! La cadence monta encore d’un cran 41…42…43…je savais qu’il me restait 30 coups de pelles à donner. 3×10 dans ma tête pour avoir l’impression que ça passe plus vite. « 10…allez, encore 10…allez plus que 10…..OUF ! » Sauvé ! Le BIP venait d’arriver. Ce bruit de corne à peine audible venait de me libérer et de livrer son verdict. C’était fait, avec une petite longueur d’avance, juste assez pour éviter de sortir la photo-finish. Je pouvais enfin savourer. La remise des récompenses se fit avec le sourire, un sourire qui reflète bien les valeurs de notre sport : celles d’athlètes qui ont tout donné et qui se saluent en attendant qu’une chose…une revanche, tout simplement parce qu’on aime ça !

Le retour sur Lyon s’est bien passé. L’avantage d’Aiguebelette c’est la proximité. C’est un peu comme courir à domicile. Car rentrer chez soi en moins d’une heure, c’est une réelle chance.

Une autre semaine est sur le point de se terminer. Les conditions météo ont été bonnes. Nous n’avons eu que deux jours de vent. Les températures sont si agréables qu’on rame en combinaison. C’est l’occasion de prendre de l’avance sur le bronzage. J’ai fait ma dernière séance de musculation au Pôle France mercredi. Une page se tourne avec mon départ pour Valenciennes. Presque 10 ans après mon arrivée, les barres vont enfin pouvoir se reposer ! Idem pour mon activité au cabinet. J’ai prodigué mes derniers soins hier. Cela faisait quatre ans et demi que j’y étais. Difficile de dire au revoir parfois, surtout aux patients que je suivais depuis longtemps.

J’étais jeudi au collège Bréart à Mâcon. J’ai passé l’après-midi avec les classes de 6ème pour leur partager mon expérience, qu’ils puissent essayer l’ergomètre et poser des questions. Ces moments sont toujours difficiles à organiser entre les entraînements et le travail, mais chaque fois c’est un vrai plaisir de pouvoir le faire.

 Le repos va maintenant prendre le pas. Il s’agit d’arriver en forme à Cazaubon dans une semaine. Le week-end s’annonce relativement tranquille pour moi. Je vais en profiter pour croiser du monde avant mon grand départ dans le nord.

Bonne journée !

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Bientôt Aiguebelette !

27/03/2017

Deux semaines après la tête de rivière de Marignane les choses se précisent. Le plus dur est maintenant derrière nous. Le foncier accumulé et capitalisé durant l’hiver sera les fondations de la saison internationale. Mais avant de se projeter aussi loin il faudra passer le championnat de France en skiff. Point de passage obligatoire et incontournable dans la préparation, il fait office de juge de paix pour l’encadrement fédéral. Aucun passe-droit n’existe, quel que soit votre statut et votre palmarès les compteurs sont remis à zéro. Mais malgré la pression que cela représente, je m’entraine pour faire des courses. C’est donc avec le sourire et l’envie que je voie se rapprocher l’échéance. La première étape aura lieu ce week-end sur Aiguebelette avec le championnat de zone Sud-Est. Chaque rameur doit passer par là s’il veut se qualifier au championnat de France. Me concernant le scénario sera un peu « différent » cette année. Ayant remporté le contre-la-montre en début de mois, j’ai le privilège d’être nommé « quotas » par la fédération. Je suis donc dore et déjà qualifié pour les Frances (même si ma participation ce week-end est exigée par la direction technique nationale). Ce statut me permettra néanmoins de concourir non pas contre mes camarades poids légers, mais contre mes homologues poids lourds. L’entraineur national a souhaité que je m’inscrive dans cette catégorie pour créer du « challenge ». Je n’ai plus qu’à croiser les doigts pour que la forme soit optimale car l’enjeu est de taille. Stany Delayre et Pierre Houin feront de même dans leurs zones respectives. Matthieu Androdias, Hugo Boucheron et Thibaut Verhoeven seront donc nos nouveaux adversaires…David contre Goliath, verdict dans quelques jours maintenant. Petite précision, nous irons quand même nous peser avant chaque course pour respecter le règlement et le processus de sélection traditionnellement imposé aux rameurs poids léger.

Même si peu de temps s’est écoulé depuis Marignane, la préparation me parut longue. C’est sans cesse le même refrain : plus la compétition approche et plus il devient difficile de s’entraîner. Je traîne des pieds, pas par flemme, mais par impatience. Le compte à rebours semble interminable. Chaque kilomètre vous rapproche un peu plus du but, mais semble interminable. Comme si le temps s’arrêtait ! Idem pour le régime ! Vous comptez les jours vous séparant de la dernière pesée. Chaque repas passé vous libère d’un poids…

J’étais ce week-end sur Valenciennes. J’ai commencé à déménager quelques affaires. Ce sera toujours ça de moins à charger dans ma voiture après Cazaubon. Ces deux jours sont forcément passés vite, mais la météo nous a permis d’en profiter à fond. Notamment le samedi où nous sommes allés sur Lille pour visiter, mais aussi assister au match de Top 14 opposant Clermont-Ferrand au Racing 92. Bref, je crois que je commence déjà à me faire à ma nouvelle et future vie dans les Hauts de France.

Un court métrage passera à la télévision demain  soir (mardi 28 Mars) sur France 3 vers 20h10. Il s’agit de l’interview tournée avec Pierre sur Paris en début d’année. Le thème : en quoi le sport est vecteur de confiance !

Je terminerai cet article par quelques lignes à Julien Bahain et Cédric Berrest. Anciens camarades de l’équipe de France, ils ont surtout été mes parrains aux Étoiles du Sport. C’est donc avec émotions que j’apprends leur départ à la retraite. A très vite messieurs !


Une tête de rivière qui marque la fin de l’hiver !

12/03/2017

Crédit Photo : Simon Quay

Une tête de rivière qui marque la fin de l’hiver !

Après la fin du stage à Aiguebelette tout s’est enchaîne. Mais en y repensant, la période fut difficile à gérer. Il s’agissait de l’ultime semaine de préparation intensive. Soit quatre semaines complètes depuis le test ergomètre de Charléty. La reprise du travail sur Lyon n’a donc fait qu’accentuer la fatigue déjà présente à la sortie du regroupement avec les Bleus. Je suis également descendu le week-end dernier sur Avignon pour répondre à deux sollicitations. J’ai malgré tout eu le temps de croiser les proches et les jeunes du club. Une régate était d’ailleurs organisée pour eux le dimanche. Une superbe initiative à ce moment-là de l’année où les compétitions se font rares pour ces catégories. Arriva ensuite la semaine de surcompensation. La semaine que beaucoup attendaient, moi compris ! La météo n’a pourtant jamais été favorable ; sauf en matinée quand j’y étais, une aubaine ! Pendant les séances les sensations étaient bonnes mais le forme manquait clairement. Le début du régime y est sûrement pour quelque chose. Je suis redescendu sur Avignon mercredi soir pour une autre sollicitation, en entreprise cette fois. Chez le groupe AOSTE. Je me régale toujours autant. C’est tout aussi enrichissant d’intervenir pour partager mon expérience, que de découvrir le fonctionnement de l’enseigne. J’ai fait le choix de rester dans le Sud jusqu’à samedi. Je ne me sentais pas de remonter sur Lyon vendredi pour reprendre la route hier pour Marignane. J’ai donc été récupéré sur la route par le Pôle France. Une fois sur place, tout le monde a déchargé et monté son matériel. Certains l’ont même réglé. Me concernant, j’ai préféré aller directement ramer pour optimiser la récupération. Notamment à cause du bassin : le vent soufflait en rafales et la navigation était laborieuse. Bien heureusement la météo aujourd’hui fut toute autre.

Après une bonne nuit de sommeil le réveil ne posa aucun problème ce matin. Le passage au petit déjeuner fut bref, juste de quoi assurer la pesée sans arriver le ventre vide. Une fois cette première étape validée l’attente ne fut pas longue. L’heure de l’embarquement fut vite là ! C’est mon entraîneur de club qui fit ma mise à l’eau. Ce fut l’occasion de me donner quelques conseils avant que je ne m’éloigne du ponton. A l’échauffement les kilomètres semblaient défiler comparé à hier. Au départ, la pluie commença à tomber, pour finalement s’arrêter avant que je ne m’élance. Ce fut d’ailleurs ces quelques gouttes qui firent tourner le vent. Une brise favorable allait nous accompagner sur les 6000m. Plutôt une bonne nouvelle ! Une fois le signal donné je partis sans trop réfléchir. L’idée était de lancer ma coque et donner du rythme. Mon attention était concentrée sur ma respiration et ma technique… mais aussi sur ma trajectoire. Car le niveau du canal était relativement bas, il était donc impératif, malgré le balisage, de garder un œil sur la direction les mille premiers mètres. Une fois cette portion passée, j’avais champ libre pour m’exprimer à 100%. Sans chercher à m’imposer de cadence particulière, je n’ai cessé pendant la course de rythmer mon geste. Je jetais ponctuellement un regard sur mon strock pour vérifier que les sensations collaient au chiffre affiché. Les 1200 derniers mètres furent durs physiquement, mais n’impactèrent pas la fréquence de mes coups. Je franchis finalement la ligne d’arrivée après 21’40’’ d’efforts. A première vue je savais que l’écart avec mon poursuivant s’était creusé. Mais il fallut attendre les résultats officiels pour en être sûr. Le verdict tomba peu de temps après. Damien Piqueras finit deuxième à plus de quarante secondes, Hugo Boucheron complète le podium huit secondes derrière. Le retour à Lyon n’a pas été trop long heureusement. Prochain objectif : championnat de zone à Aiguebelette dans 3 semaines. Tout va s’enchaîner maintenant, et les choses sérieuses vont commencer.

Bonne soirée !


Médailles chez les Juniors !

07/08/2011

Crédit Photo : FFSA

            Bonsoir, voilà plus d’une semaine déjà que nous sommes en plein Jura avec un seul objectif en tête : Bled et le Championnat du monde. La semaine qui arrive sera encore intense et fourni en entrainements. Mais nous nous rapprochons tout doucement du « parcours Handicap ». A cette occasion nous réaliserons un 2000m en confrontation  avec nos homologues poids lourds (Cédric Berrest et Julien Bahain). Ce dernier sert donc de répétition avant les mondiaux pour toute la flotte tricolore. Mais ne précipitons pas les choses car tout cela n’arrivera que dans une bonne quinzaine de jours. Pour le moment les longues sorties en bateau et les musculations rythment nos journées. Depuis notre entrée en stage nous avions privilégié le skiff, mais bonne nouvelle, Frédéric et moi reprenons du service en double dès demain. Autre activité sur le stage…la rédaction de mon Mémoire de fin d’étude ! Et oui, c’est une des dernières pièces manquantes (avec la matière : Droit du Travail) à l’obtention de mon diplôme de Masseur-Kinésithérapeute. Ce n’est pas très ludique mais ça a l’avantage d’occuper mon temps libre. Pour ce qui est des conditions d’entrainement elles restent très bonnes malgré quelques averses ces derniers jours.

            Le Championnat du monde junior s’est terminé aujourd’hui à Eton. Deux superbes médailles ont été ramenées dans le camp français : le bronze pour le deux de couple femme (Socha-Ravera) tandis que le deux de couple homme empochait l’argent (Cormerais-Boucheron) ! Toute l’équipe de France sénior à suivi l’événement avec attention et passion. Nous sommes tous fiers d’avoir des Jeunes aussi performants ! Encore bravo à toute l’équipe et à l’encadrement !

            Bonne soirée !


Parrainage des Juniors !

27/07/2011

            Bonjour, à peine rentré d’Amsterdam j’ai senti le besoin de repartir, mais cette fois à Temple sur Lot pour parrainer l’équipe de France Junior. C’est la troisième année consécutive que j’en fais la bonne expérience, et j’espère bien continuer et pérenniser là chose dans le futur ! Après une nuit passée sur la capitale j’ai pris le train lundi matin en direction d’Agen. J’ai été merveilleusement bien accueilli par le collectif. Plusieurs d’entre eux faisaient déjà parti du groupe l’an dernier. Je connaissais donc cette petite majorité. Sur la journée j’ai suivi l’ensemble de la flotte à l’entrainement. Un moment d’échange a été organisé dans la soirée et s’est avéré très enrichissant : beaucoup de questions m’ont été posées (nettement plus que l’an passé) sur mes études, ma carrière, le stress, la gestion du poids….. ! Ils sont aujourd’hui à Libourne pour leur Parcours handicape qui fait office de répétition avant le championnat du monde. Ils partiront en fin de semaine à Eton (Grande-Bretagne) pour défendre nos couleurs et tenter de ramener de belles médailles. Bonne chance à tous !

            Je suis rentré hier soir sur Lyon. Mais pas pour longtemps : nous partons demain en stage terminal. Pendant quatre semaines nous allons préparer intensivement le championnat du monde de Bled. Le moral est bon et l’envie bien présente !

            Bonne journée !