Qualification pour les Jeux Olympiques !

02/04/2012

Crédit Photo : FFSA

           Bonjour, quel week-end ! Je ne sais pas par quoi commencer. L’article risque d’être long si je vous raconte tout mais je prends ce risque !

            Revenons donc à la tête de rivière du vendredi matin, où nous avions d’excellentes conditions météo. Je partais en premier. J’avais un excellent repère visuel sur cette première course : Frédéric Dufour partait second, 30 secondes derrière moi. La journée du vendredi était conséquente avec deux courses (tête de rivière le matin et Série le soir). J’ai donc essayé de m’économiser sur le premier parcours. Je termine 3ème du contre-la-montre, à 3 secondes de Frédéric et de Stany (respectivement 1er et 2ème). Puis nous nous sommes tous donnés rendez-vous le soir même pour courir les Séries. Dans ma manche je retrouvais notamment Alexandre Pilat, Fabien Dufour, Brice Menet et Barthélémy Agostini. Tous ces rameurs avaient déjà atteint, au moins une fois dans leur carrière, la finale des championnats de France. Le bassin s’était nettement dégradé depuis. Dans ces conditions difficiles j’ai longtemps été inquiété par Alexandre Pilat. Je suis arrivé à prendre l’ascendant un peu après la mi-parcours. Je franchis la ligne le premier et signe le meilleur temps de ces ¼ de finale.

            Sur la journée du samedi les organisateurs ont été obligés de repousser les horaires des courses à cause du brouillard. Bien heureusement la pesée, elle, n’a pas été décalée. C’est donc en début d’après-midi que nous avons pris le départ des demi-finales. J’étais aligné contre Stany Delayre et Damien Piqueras qui étaient mes plus sérieux adversaires. Encore une fois le vent levait un léger clapot et rendait les conditions « rugueuses ». Le Bergeracois (Stany) est parti très vite comme à son habitude. Il a mené la course un bon moment. J’étais en embuscade à moins d’une longueur. Passé la mi-parcours il dominait encore les débats, j’ai alors appuyé chacun de mes coups pour passer. La première tentative n’a pas suffit, j’ai alors fait le « forcing » pour prendre les devants. Cette demi-finale fut intense. Techniquement, c’était surement la moins bonne course du week-end. Ces sensations m’ont été confirmées par mon entraineur national.

            Puis arriva la Finale. Une finale qui allait sonner comme une délivrance pour les uns, et comme une sentence pour les autres. Quatre années de préparation intensive, de sacrifices, d’acharnement et d’abnégation ; et seulement deux places pour notre catégorie ! La tension, le stress, la peur de l’échec ne s’étaient pas fait sentir sur le début de la compétition mais là, nous étions tous dos au mur ! C’est pendant mon échauffement, alors que je courrais et commençais à méditer sur ma stratégie de course que j’entendis au loin les commentaires du speaker : d’abord le 2- PL où les Nantais (vainqueurs des deux précédentes éditions) terminaient 4ème, puis le 2- TC composé de Julien Déprés et Jean-Baptiste Macquet finissait 6ème. Ces résultats eurent l’effet d’un coup de massue. En quelques secondes le stress m’envahit, je me rendis vraiment compte des enjeux de cette course. La finale pouvait être un couperet. Je pris alors le temps de respirer profondément pour essayer d’évacuer toutes ces tensions et ces crispations. J’arrivais peu à peu à faire abstraction des résultats, à me remobiliser et me focaliser uniquement sur ma finale, mon objectif. Une fois l’échauffement au sol terminé je me dirigeai vers mon skiff et mon entraineur de club Marc Boudoux. Commença alors le speech d’avant course. Des phrases courtes, des mots simples mais chargés de  sens, une force dans son discours : autant d’ingrédients que mon coach a utilisés pour  faire de moi une bête féroce, prête à se sacrifier pour aller chercher le Graal, cette qualification pour les Jeux Olympiques de Londres. Il avait déjà établi une stratégie de course : « fais attention, ça va partir extrêmement vite, sur les 800-1000 premiers mètres ne t’affoles surtout pas, reste dans la longueur, mais à la mi-parcours c’est TA course, aller Jérém, fais toi plaisir, fais nous plaisir ! ». Juste après l’embarquement j’ai pris le temps de visualiser mentalement ma course. Le vent était favorable, dans l’axe. Il y avait un léger clapot mais peu de vagues. Bref, des conditions que j’affectionnais particulièrement et qui se rapprochaient de celles d’Amsterdam. Tous ces éléments m’ont redonnés confiance pour aborder cette finale en favori. Une fois aligné, chacun se regarda une dernière fois avant le départ. ATTENTION………PARTEZ ! ! ! Tout le monde affiche des cadences démentielles. C’est parti très fort avec Stany et Maxime. Je les talonne accompagné d’Alexandre. Frédéric n’est pas loin derrière. Les écarts ne se creusent pas de suite et le scénario imaginé par mon entraineur prend tout son sens. La physionomie de la course est exactement comme il l’avait prévue. Je pense à contrôler ma respiration, à me relâcher, ne pas être crispé. Je commence à fournir mon effort après 800m de course. J’arrive progressivement à passer en tête. Puis arrivent les bouées du 1000m. C’est le repère visuel que j’attendais, je monte encore la cadence et affiche maintenant le 39,5. Je maintiens ce rythme tout au long de ce troisième 500m. J’entends au loin des voies qui m’encouragent. Je ne peux pas les décevoir, je redouble mes efforts. Les écarts se creusent, je suis maintenant installé en tête avec plus d’une longue d’avance sur Stany toujours deuxième. Nous arrivons rapidement à la hauteur des bouées jaunes. C’est sous un brouhaha que nous lançons le sprint final. Mes précédentes attaques ont payé. Je ne me concentre plus que sur ma technique pour éviter la faute qui pourrait me couter cher. Je tourne la tête pour chercher la ligne d’arrivée. Elle n’arrivera que quelques coups après. BIPPP ! ! ! ! A ce moment je ne réalise pas que je participerai dans quelques mois à un évènement planétaire. Je savoure cette victoire comme si c’était la première de ma carrière. Beaucoup d’émotions avant, pendant et après la cérémonie de remise des médailles. Un succès que j’ai partagé avec les gens de mon club, ma famille et mes amis.

            Je suis sur Avignon pour une semaine. L’occasion moi de recharger les batteries et de profiter de mes proches. Voici le lien vidéo des quelques images prises lors de la finale.

            Encore merci pour vos encouragements !

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Résultat du quart de finale !

08/07/2011

            Bonsoir, la journée se termine enfin. C’est sous la pluie que nous avons couru notre ¼ de Finale. Mais nous avons néanmoins eu de la chance car l’orage menaçait et seules quelques gouttes sont tombées. L’état de forme était, sur ce parcours, bien inférieur à ce matin. Malgré une bonne séance de massage entre les deux courses l’influx nerveux n’était pas aussi fringant que pendant la Série.

            Nous sortons, malgré notre état de fraicheur, rapidement des Starts. Les italiens nous talonneront toute la première moitié de la course. Dans le troisième 500m le bateau transalpin nous double d’une pointe. Les Suisses sont troisième une longueur derrière, tandis que les Grecques sont quatrième mais ne semblent plus croire à leurs chances de qualification. A 300m de la ligne d’arrivée nous sommes toujours au coude à coude avec les italiens. Frédéric prend alors la parole : « on maintien !!! ». Ce code verbal doit être compris comme un maintien du rythme. Nous avons donc gardé notre allure sans pour autant placer d’attaques. Les italiens, quant à eux, lancent le sprint finale et s’éloignent un peu plus. Nous terminons deuxième. Notre qualification était assurée puisque les trois premiers étaient retenus pour les demi-finales de demain.

            Notre demi-finale se courra demain à 14h06 ! Voici le tirage :

ANGLETERRE / PORTUGAL / NOUVELLE-ZELANDE / ALLEMAGNE / FRANCE / NORVEGE

            Notre manche est probablement la plus relevée. Mais notre philosophie reste la même : si nous voulons être médaillé dimanche en finale il faudra venir à bout d’au moins trois de nos adversaires. Il ne nous reste plus qu’à bien récupérer pour arriver en haut de l’affiche demain après-midi.

            Voici le lien pour suivre la course en Direct !


Retour de Mantes-la-Jolie !

19/06/2011

Crédit Photo : Sébastien Lenté

            Bonsoir, je viens de rentrer sur Lyon. La semaine se termine enfin. Sur les deux courses du week-end celle d’hier est sans aucun doute la meilleure. Nous sommes partis (hier) en même temps que le double poids lourd composé de Cédric Berrest et Julien Bahain. Sur cette première course des bourrasques de vent balayaient le bassin. Heureusement pour nous il était favorable. Après un bon départ nous arrivons à faire jeu égale pendant 1500m. La suite est beaucoup moins glorieuse car le manque de fraicheur nous coupe net dans notre élan. Et nous accusons un retard de cinq secondes à l’arrivée. La satisfaction était tout de même présente car nous ne nous attendions pas à résister aussi bien à nos homologues poids lourds. Les sensations et le rythme étaient justes. Plusieurs points positifs ressortaient donc après une première analyse.

            Sur la course de ce matin nous partions avec trois secondes d’avance sur Cédric et Julien, en espérant que la bagarre de la veille dur jusqu’à l’arrivée. Malheureusement nous ne sommes pas arrivés à réitérer notre performance d’hier : les fautes techniques furent plus fréquentes, nous gardions difficilement une bonne trajectoire dans notre ligne d’eau, le physique manquait. Autant d’excuses qui nous classèrent rapidement derrière le double poids lourds, malgré nos trois secondes de bonus au départ. Il devient évident que l’écart final fut plus conséquent (10 secondes). Mais la frustration ne venait pas que de l’écart qui séparait nos deux bateaux, elle venait avant tout du manque de forme. Elle venait également du fait que les sensations soient moins bonnes, l’enchainement technique aussi. Il n’y a pas eu de grosses fautes mais plusieurs petites erreurs. Conclusion, peu de choses sont à retenir sur ce deuxième parcours. Mais le week-end aura été riche d’enseignements. Il aura permis de travailler dans la fatigue et de définir un peu mieux encore nos limites. Vous pourrez consulter sur le site de Frédéric plusieurs vidéos de nos entrainements et de nos courses.

            Pour le reste de la semaine je continue mon stage en réanimation. Je devrais passer ma Mise en Situation Professionnelle vendredi. Dimanche prochain je serai sur Mâcon pour suivre les jeunes du club au championnat de France.           

            Voici le lien permettant de visionner le montage vidéo réalisé par France 3 PACA, que je remercie par la même occasion.

            Cordialement


FFSA !

20/04/2011

Crédit Photo : FFSA

         J’ai souhaité un rectificatif de l’article paru sur le site de la fédération d’aviron consécutif aux championnats d’Aiguebelette.

          Les propos qui me sont attribués ne sont pas ceux que j’ai exprimés lors de mon interview par Orange Sport à la fin de la course. Ceux-ci peuvent être écoutés sur :

http://orange-sport.orange.fr/vod/cnosf/aviron-cdf-bateaux-courts-3384.html?dub=1

          En effet, vous avez pu lire :

« Je suis plus fort physiquement et mentalement, ça m’a permis de tuer la course dès le début », avoue le vainqueur !

         Alors que je me suis exprimé dans les termes suivants :

« Mon entraineur m’a dit de « tuer la course » dès le début ! », « Je pense que cette année j’ai fait un gros travail physiquement et aussi mentalement et que j’ai eu une excellente préparation ce qui m’a permis entre guillemets de mener la course de bout en bout ! » « Après, je pense aussi avoir été avantagé par les conditions météo qui ont été exceptionnelles sur le week-end ! »

         Pour moi, ces deux formulations sont très différentes. Même si la  première se veut concise en restituant des mots clés, elle en  change totalement l’esprit,  notamment vis à vis de mes coéquipiers et de mes entraineurs.

          Cordialement Jérémie Azou

 


Finale !

17/04/2011

 

Crédit Photo : Michel Brignot

            Bonjour, je viens de rentrer d’Aiguebelette. Je viens également de poster l’article que j’avais écrit après la demi-finale mais que je n’ai pas pu mettre en ligne en l’absence de connexion à internet.

            Je me suis réveillé à 7h30 ce matin. Je suis ensuite allé courir une quinzaine de minutes pour me réveiller musculairement. Comme mon poids me le permettait j’ai déjeuné avant la pesée. Une fois terminé je suis parti au bassin, accompagné de mon entraineur. En arrivant je me suis posé dans un coin en attendant l’heure de la pesée. Une fois passée, je suis retourné dans le camion du club pour me reposer et me concentrer sur ma finale. Une demi-heure avant la mise à l’eau je pars en footing pour m’échauffer. Au bout de vingt minutes je suis rentré et prêt à embarquer. Marco (mon entraineur) m’accompagne jusqu’au ponton. Puis c’est le moment des dernières consignes, elles sont courtes, ciblées, précises ! Chaque mot est pesé. Je m’éloigne ensuite de la berge mais ses paroles continuent de résonner dans ma tête ! Mon échauffement sur l’eau est bref : je passe plus de temps à répéter les consignes de mon entraineur qu’à ramer. Je fais néanmoins une accélération et un départ avant de rentrer dans les STARTS. Frédéric et Maxime sont sur ma gauche, et Rémi est sur ma droite. J’ai une pression toute particulière cette année : celle de l’homme à abattre, celle du favori. Je sais que la moindre erreur sur ma stratégie pourra me couter cher. Le départ est donné ! Je pars la tête dans le guidon. Je ne pense qu’à une chose pour l’instant : ne pas faire de fautes techniques. Je calque le début de ma course sur Max car c’est le plus rapide sur les départs. Après 500m de course je passe en tête ; Rémi et Max sont sur la même ligne tandis que Frédéric est un peu en retrait. Je continue de relancer et de placer des attaques pour me détacher de mes adversaires. A mi-course Maxime semble « accuser le coup » alors que Rémi résiste et tente le tout pour le tout. Frédéric, lui, commence à prendre l’ascendant sur Maxime. A ce moment là je décide de placer une grosse attaque, je repense alors aux conseils de mon entraineur ; ses paroles recommencent à résonner dans ma tête : c’est le signale ! Et dans ce troisième 500m de course je fournis mon effort et creuse un peu plus l’écart avec Rémi toujours deuxième. A l’entrée des derniers 500m de cette finale, je lance une dernière série pour m’assurer la victoire. La deuxième place sera finalement obtenue par Frédéric au terme d’un sprint exceptionnel. La remise des récompenses suit puis le retour au ponton où mes parents m’attendent ainsi que mon entraineur. C’est un moment de joie que je partage avec mes proches avant de rentrer sur Lyon. Ces championnats ce seront extrêmement bien passés pour moi. Je remercie toutes les personnes qui m’ont encouragé avant et pendant ce début de saison.

            Petit bémol, je reprends mon stage kiné demain à 8h30. What else !

            Cordialement


Résultat de Romans !

07/03/2011

Crédit Photo : Michel Brignot

            Bonjour, excusez-moi pour le retard de l’article !

            Nous avons fait du co-voiturage et sommes partis à 7h ce matin. Je suis arrivé juste pour la pesée. Je me suis ensuite posé dans la voiture en attendant l’heure de l’embarquement. Pendant l’échauffement j’ai pris le temps d’analyser les trajectoires que j’allais prendre une fois en course. Dès mon arrivée au Départ j’ai juste eu le temps de retirer mon collant et mon gilet avant que le signal me soit donné ! Une fois parti j’ai bien lancé ma coque sur les premiers coups de pelle (36 de cadence) pour ensuite passer au train (33 de cadence). Les conditions météo étaient excellentes : pas de vagues, une légère brise favorable, une température idéale. J’ai pu m’employer à 100% et je n’ai pas commis de grosses fautes dans mes trajectoires. Un départ était donné toutes les 30 secondes. Je me suis vraiment fait plaisir sur cette course : j’ai réussi à mettre en pratique ce qui m’avait été répété à l’entrainement. Je me suis concentré sur ma poussée de jambe pour qu’elle ne soit pas en deux temps, mais la plus uniforme et régulière possible. Je me suis aussi concentré sur l’addition du buste et le relâchement des épaules pour avoir une gestuelle fluide et économique. En franchissant la ligne d’arrivée j’ai constaté que l’écart avec Maxime s’était rallongé. Quelques minutes après mon appontage on m’annonçait que j’étais en tête du classement avec 29 secondes d’avance sur Stany Delayre qui se classait deuxième. Ce fut une immense satisfaction ! J’ai ensuite récupéré mon panier repas puis suis reparti en direction de Lyon. Dans le milieu d’après-midi nous avons organisé un « gouter crêpes » à la maison avec plusieurs rameurs du Pôle pour fêter les bons résultats de la journée.

            Dès demain je reprends le rythme des révisions et celui de l’entrainement.

            Bonne soirée !


Petite pause !

02/11/2010

Crédit Photo : FFSA

            Bonjour, voici une petite rétrospective de la journée. Etant déjà qualifié pour la demi-finale de demain nous n’avions pas de course de prévu aujourd’hui. Nous avons profité de cette « coupure » dans notre emploi du temps pour faire une sortie ce matin. Au planning 12km avec un travail de départ. Sur l’eau c’est un peu l’autoroute car les horaires pour s’entrainer sont limités. Et tout le monde monte en même temps sur le bassin. Le trafic n’est donc pas très fluide, et une houle permanente nous rappelle que c’est « l’heure de pointe ». L’entrainement dans sa globalité reste positif. Nous avons ensuite déjeuné avant de rentrer à l’hôtel.

            Voici le tirage de notre demi-finale :

ETATS-UNIS / FRANCE / CANADA / ITALIE / CHINE / SLOVENIE

            Les trois premiers seront qualifiés pour la grande finale de vendredi. Nos principaux adversaires seront cette fois, les Italiens, les Canadiens et les Chinois. Il faudra donc en battre au moins un pour gagner notre billet. La forme est excellente et le moral aussi. Rémi et moi sommes déjà pressés d’y être pour en découdre.

            Voici le lien pour suivre notre course en direct et en vidéo demain à 00h41 du matin.

            Bonne journée !