Championnat de zone à Aiguebelette !

08/04/2017

Crédit Photo : Média Aviron

Enfin je trouve le temps de vous écrire pour revenir sur ce week-end de compétition et cette finale épique.

Après une semaine de soleil, la pluie aura fait son grand retour pour Aiguebelette. Mais à choisir, je préfère les gouttes au vent. Car elles assurent généralement de meilleures conditions de navigation. Quoi qu’il en soit, l’issue de la régate ne reposait pas sur les prévisions météorologiques. Depuis le début de la semaine je me sentais en forme. De mon B4 (2000m progressif) à l’ergomètre sur Valenciennes jusqu’au B5 (500m cadence course) la veille des courses, les sensations étaient bonnes et les repères chronométriques aussi. Le régime ne m’a pas mis en délicatesse non plus. Bref, j’étais prêt à en découdre. Heureusement d’ailleurs car la concurrence allait être différente cette année ! Le tirage des Séries me laissa un peu de répit. La difficulté sur cette première journée vint surtout de la pesée. De son horaire plus précisément. Il fallut attendre midi pour monter sur la balance officielle. La matinée parut relativement longue, surtout quand votre horloge biologique interne vous réveille à 6h du matin. Heureusement la journée de dimanche n’allait pas poser de souci de ce côté-là : la demi-finale était programmée le matin et la finale quelques heures plus tard. C’est la récupération entre les deux qui allait être primordiale. Je m’attendais à tout sur la demi-finale. Beaucoup de scénarios étaient envisageables mais c’est finalement le meilleur qui se produit. Peut-être aussi parce que mon appréhension nourrit ma volonté de me mettre à l’abri : j’ai pris un super départ et me suis rapidement retrouvé aux commandes. Maxime Ducret et Benoit Baratin ont emboîté le pas tout en creusant l’écart sur le reste du peloton. A mi-chemin l’issue était scellée. Nous étions trois bateaux en tête pour trois places. Jusqu’à l’arrivée, presque aucune attaque ne fut placée, chacun se « contenta » de garder son rang pour limiter les dépenses énergétiques en perspective la grande finale. Le timing fut ensuite serré : tout juste le temps de rentrer se changer, se restaurer, faire une mini-sieste et ranger ses affaires…c’était l’heure ! Seul bémol, la digestion ! Trop content de passer la dernière pesée du week-end je n’ai pas su me raisonner sur le déjeuner. Une erreur de débutant qui me valut quelques peines sur le footing d’échauffement. Je me sentais ballonné et mon estomac ne cessait de me rappeler mon erreur. Heureusement, au moment du départ, l’adrénaline masqua bien des maux. Une fois aligné dans mon couloir, je n’avais d’attention que pour le drapeau de l’arbitre. En attendant le signal, je me repassais en boucle les mots de mon entraîneur. Les possibilités n’étaient pas infinies. Soit Hugo chercherait à faire la course devant, auquel cas il faudrait rester au contact et faire une course d’attente ; soit il me laisserait les commandes et tenterait de me doubler sur le finish, auquel cas il faudrait me mettre à l’abri avant les derniers 250m. Mais sur le départ, aucune question à se poser ! Dès que le drapeau s’abaissa je ne retins pas mes coups. Je donnai le maximum pour lancer ma coque. L’enchaînement fut légèrement moins bon que le matin mais me permit néanmoins de sortir en tête des starting-blocks. Il fallait donner du rythme, beaucoup de rythme et le garder, c’était l’une des consignes de l’entraîneur. Ce fut ma tâche principale sur le premier 1000m. Les écarts ne se creusèrent pas de suite. J’essayais de contrecarrer chaque attaque. Hugo était à moins d’une longueur et Maxime pointait juste derrière. Les écarts semblaient se stabiliser. A la mi-course l’intensité reprit un cran. La cadence grimpa de deux coups, la différence commença à se faire avec le reste du peloton, laissant présager un duel avec Hugo pour la victoire. Et ce qui devait arriver arriva : ce fut un immense mano à mano sur le reste du parcours. Une succession d’attaques et de réponses. Une vraie surenchère ! La cadence n’avait plus de limite, il fallait rester devant absolument. En plaçant une grosse accélération à 700m de la ligne, je pensais m’octroyer un répit, en vain ! Nous avions chacun décidé d’aller jusqu’au bout…au bout de nous-même ! Il fallut donc sortir le grand jeu pour venir à bout de Goliath. Une légère brise souffla au passage des derniers 250m, c’était le signale ! La cadence monta encore d’un cran 41…42…43…je savais qu’il me restait 30 coups de pelles à donner. 3×10 dans ma tête pour avoir l’impression que ça passe plus vite. « 10…allez, encore 10…allez plus que 10…..OUF ! » Sauvé ! Le BIP venait d’arriver. Ce bruit de corne à peine audible venait de me libérer et de livrer son verdict. C’était fait, avec une petite longueur d’avance, juste assez pour éviter de sortir la photo-finish. Je pouvais enfin savourer. La remise des récompenses se fit avec le sourire, un sourire qui reflète bien les valeurs de notre sport : celles d’athlètes qui ont tout donné et qui se saluent en attendant qu’une chose…une revanche, tout simplement parce qu’on aime ça !

Le retour sur Lyon s’est bien passé. L’avantage d’Aiguebelette c’est la proximité. C’est un peu comme courir à domicile. Car rentrer chez soi en moins d’une heure, c’est une réelle chance.

Une autre semaine est sur le point de se terminer. Les conditions météo ont été bonnes. Nous n’avons eu que deux jours de vent. Les températures sont si agréables qu’on rame en combinaison. C’est l’occasion de prendre de l’avance sur le bronzage. J’ai fait ma dernière séance de musculation au Pôle France mercredi. Une page se tourne avec mon départ pour Valenciennes. Presque 10 ans après mon arrivée, les barres vont enfin pouvoir se reposer ! Idem pour mon activité au cabinet. J’ai prodigué mes derniers soins hier. Cela faisait quatre ans et demi que j’y étais. Difficile de dire au revoir parfois, surtout aux patients que je suivais depuis longtemps.

J’étais jeudi au collège Bréart à Mâcon. J’ai passé l’après-midi avec les classes de 6ème pour leur partager mon expérience, qu’ils puissent essayer l’ergomètre et poser des questions. Ces moments sont toujours difficiles à organiser entre les entraînements et le travail, mais chaque fois c’est un vrai plaisir de pouvoir le faire.

 Le repos va maintenant prendre le pas. Il s’agit d’arriver en forme à Cazaubon dans une semaine. Le week-end s’annonce relativement tranquille pour moi. Je vais en profiter pour croiser du monde avant mon grand départ dans le nord.

Bonne journée !

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Gravelines !

04/10/2016
Crédit photo : FFSA (Lionel Piquard)

Crédit photo : FFSA (Lionel Piquard)

Comment aurais-je pu imaginer finir l’année de si belle manière ! Ce week-end clôture probablement la meilleure saison de ma carrière. Et à chaque médaille son histoire !

Celle d’avant-hier a une saveur particulière. Le goût du partage et de l’amitié avec mon coéquipier et partenaire de club Julien Gazaix. C’est lui qui m’aura accompagné tous les jours à l’entrainement ces deux dernières années. Un soutien physique et moral quotidien indispensable quand on vise l’olympe. Finir sur ce titre en double toute catégorie avec lui restait le meilleur dénouement possible.

Il fallut attendre vendredi pour faire notre première sortie. Impossible de se retrouver avant pour préparer le bateau : nos agendas respectifs ne collaient tout simplement pas. Heureusement, ces quelques kilomètres suffirent à nous redonner confiance.

Chaque course allait avoir son importance. Car il ne suffit pas de se sentir à l’aise et se faire plaisir pour aller vite. Chaque parcours serait l’occasion de prendre des repères, d’affiner notre tactique et de progresser. L’adaptabilité était le maitre-mot.

Sur les conseils de l’entraineur, l’enjeu de la demi-finale n’était pas nécessairement de gagner, mais d’assurer une qualification. Pari risqué puisqu’en terminant deuxième derrière Toulouse nous prenions le risque, si la météo l’imposait, de se voir placer du « mauvais » côté pour respecter l’équité des couloirs. Mais seul l’effet de surprise nous aurait permis de remporter la finale, il fallait donc tenter ! Dimanche, malgré le vent et la vague, le comité d’organisation conserva l’attribution initiale des lignes d’eaux. Les dés venaient d’être lancés. Il était maintenant de notre responsabilité de saisir l’opportunité. Pendant l’échauffement au sol, la stratégie semblait claire pour Julien et moi : faire le moins de fautes possibles et ne pas partir trop fort, car la course allait être longue ! Le plan était simple et clair, jusqu’à ce que l’entraineur partage son point de vue : « les gars, partez à fond, essayer d’en mettre le plus possible sur le premier 1000m ; car si vous les faites douter à ce moment, ils se durciront… ». Je trouvais ce schéma de course un peu fou. Surtout moi qui affectionne les attaques dans le troisième 500m. Je restais donc très dubitatif. Mais la confiance qui anime depuis tant d’années notre relation ne m’a pas longtemps fait douter.

L’échauffement sur l’eau fut difficile mais indispensable pour donner les dernières consignes techniques. Avant de rentrer dans les starting-blocks nous échangeâmes quelques mots avec Julien : «  on tâche de ne pas trop amener l’arrière, de ne pas rester « tancké » derrière pour éviter au maximum les fautes. Ce sera le meilleur moyen de garder la coque au-dessus de l’eau. Et tant pis si on a l’impression de se raccourcir, il faut surtout garder le rythme, c’est la priorité ! ».

Une fois installé dans au ponton de départ, l’attente fut interminable. Le bassin moutonnait et le vent rendait l’alignement presque impossible. L’arbitre décida de donner un départ rapide par compassion, ou dépit…

Dès que le feu changea de couleur je n’eus d’attention que pour la technique. Dans ma tête je ne cessais de répéter « pas de fautes, surtout pas de fautes… ». Quelques petits accrochages venait ici, là, mais rien comparé à nos concurrents. Chaque coup qui passait nous donnait un peu plus d’avance. L’écart se creusa progressivement et finit par se stabiliser à ma mi-parcours. Les attaques de nos poursuivants commencèrent à se succéder mais il était déjà trop tard. Nous nous étions mis à l’abri d’un quelconque retour. Il fallut surtout assurer et gérer jusqu’au bout pour éviter les grosses fautes. Une fois la ligne d’arrivée franchie ce fut une explosion de joie. Quel week-end, j’ai encore du mal à m’en remettre !

Voici le Lien pour revivre toutes les finales de ce championnat. Je vous joins également le lien vidéo du reportage fait et diffusé dimanche soir sur « Tout le sport ».

Bonne soirée.

I could hardly have imagined finishing the year so fantastically! This weekend, the French Rowing Championships (http://www.gravelinesusaviron.com/gravelines-championnat-de-france-daviron-2016/) marks the end of what has been the best season of my career. And each medal has its own tale to tell!

The medal I won the day before yesterday has its own particular flavour; That of sharing and friendship with my crew- and club-mate Julien Gazaix. He has been there training with me day in and day out, for the past two years. His physical and moral support was essential when aiming for the Olympics. Finishing with this title with him, in the 2x, was the best finale possible.

We had to wait until Friday before the Championships to have our first outing. It was impossible to meet sooner to prepare the boat – with our agendas we just couldn’t fit it in. Thankfully, these few kilometres were enough for us to feel confident once again.

Every race has its own importance. After all, to go fast, feeling relaxed and having fun isn’t enough. Every race is an opportunity to set benchmarks, to refine our tactics and to improve. Adaptability was our motto.

Following our coach’s advice, the purpose of the semi-final was not necessarily to win, but to secure qualification. A risky gamble, since we finished second to last behind Toulouse: if the weather turned, we would have been placed in a lane on the ‘wrong’ side, with tricky conditions. Only the element of surprise would allow us to win the final, but we had to try! On Sunday, despite the wind and the waves, the organising committee maintained the original lane placing. The dice had been rolled. It was now up to us to make the most of the opportunity. During the land warm up, the race strategy was obvious for Julien and me: make as few mistakes as possible and don’t go off too hard, because it was going to be a long race! The plan was clear and simple, until the coach shared his point of view: “guys, go off hard and try as hard as you can in the first 1000 metres because if you let them take you, it will be harder come back at them…”. I thought this race strategy was a bit crazy. Especially since I really like to attack in the third 500 metres. So I was rather doubtful. But the confidence that comes with so many years of training together buoyed me.

The warm up on the water was challenging but essential to give us a last technical practice. Before going to the start we exchanged a few words: “we’ll try to stay with the group, and not be left too far behind, so we avoid making mistakes. That will be the best way of keeping the boat running on the top of the water. And so what if we look like we have shortened up, the really important thing is to keep the rhythm!”

Once on the start, we waited for ages. The water was very rough and the wind made it almost impossible to get straight. The umpire, out of annoyance or pity, decided to start us quickly…

As soon as the lights changed, all I thought about was technique. In my head I repeated continually “no mistakes, just no mistakes…”. There were only a few small slipups here and there – nothing like our competitors. Every stroke we took a little bit more of a lead. Our lead grew progressively larger and then stayed the same, from the middle of the race. The crews chasing us started to catch us up but it was already too late. We had put ourselves well out of reach for any comeback. We just had to keep going until the end and avoid any major mistakes. Once we crossed the finish line we were overcome with joy. What a weekend, I am still struggling to get back to normal!

Here’s the link to watch all the finals from the French Rowing Championships. I also provide a link to the TV coverage broadcast on Sunday evening on “All Sport”.

Good evening.

Traduction : Gillian Shaw


Championnat de France Sprint à Mâcon

07/10/2015
Crédit Photo : Béatrice Michel

Crédit Photo : Béatrice Michel

Week-end pluvieux, week-end heureux !

Le championnat de France Sprint à Mâcon est venu clôturer cette saison 2015. Un ultime rendez-vous sur la Saône avec mon club pour retrouver les copains et ramer en 4x. Comme beaucoup de monde, nous avons donné nos premiers coups de pelles vendredi soir en arrivant. Les jours qui ont précédé n’ont pas été de tout repos. Il s’agissait pourtant de ma deuxième semaine de reprise, mais la fatigue semblait encore en couverture : comme si la mécanique peinait à retrouver cette fameuse routine qui rythme chacune de mes saisons depuis presque une olympiade.

Avec 27 partants dans notre catégorie nous étions sur de faire quatre courses. Leur répartition était équitablement sur le week-end : deux le samedi et deux autres le dimanche. Chaque année j’ai l’impression que cet évènement bat des records de participations. Les 8+ se comptent en dizaines et le spectacle est en continue tout au long de la journée. Un vrai régal pour les spectateurs mais un vrai tour de force également pour les organisateurs et les bénévoles qui sont tenus d’aligner et donner un départ toutes les trois minutes, chapeau et encore bravo !

Notre première course fut laborieuse : pas mal de petites fautes et de petites erreurs techniques commises. Le problème avec ce format sur 500m c’est que tout coute cher, voire très cher ! Nous en avons fait les frais sur la demi-finale contre Mimizan. La réaction fut suffisante quelques heures plus tard en finale. A l’issue des 1’25’’50 d’efforts nous franchissons la ligne en tête pour 29 petits centièmes d’avance sur nos poursuivants. Sur le moment, impossible de connaitre le résultat. L’euphorie des mimizannais nous confortait dans l’idée d’une deuxième place. Il fallut attendre l’annonce officielle du speaker pour que la joie n’éclate. Je crois qu’il n’y a rien de plus agréable que de partager une médaille et un titre avec des camarades. Je suis maintenant persuadé d’une chose, c’est qu’à la fin d’une carrière, les seules choses qui ne prennent pas la poussière, ce sont ces souvenirs et ces aventures humaines !

Je suis rentré avec le club sur Avignon dimanche soir. J’avais rendez-vous à deux reprises lundi dans les Studios de France Bleu Vaucluse : d’abord sur la matinale de 7h à 8h30, puis le soir sur le volet sport à partir de 18h. Ce séjour dans le Sud fut bref mais quelle bouffée d’oxygène ! Rien de tel pour repartir sur Lyon et reprendre le rythme des entrainements.

Je monte demain sur Paris pour une intervention avec l’entreprise Siniat (qui m’a aidé à financer ma formation d’ostéopathie). Les voyages forment la jeunesse !

Bonne soirée !

PS : Voici le lien pour revivre la course en images !


Mantes-la-Jolie !

09/06/2015
Crédit Photo : FFSA

Crédit Photo : FFSA

Bonsoir, depuis notre retour de Poznan le temps s’accélère. Quelques heures après notre atterrissage j’eus le plaisir de passer en direct sur le plateau télé de L’Equipe 21. J’ai également eu la chance de me voir offrir le dernier ouvrage dédié à notre sport et intitulé « Les grandes heures de l’aviron français ». Je vais définitivement pouvoir mettre un nom sur tous les champions qui ont façonné un siècle de rame et de galère. J’ai quitté la capitale le soir même pour rejoindre la Lorraine et sa Moselle. Pendant le trajet j’ai débuté la lecture de ma nouvelle Bible, mais la fatigue accumulée sur la journée ma finalement envoyée dans les bras de Morphée jusqu’à mon arrivée à Thionville. Au cours des 72h passées là-bas j’ai jonglé entre entrainement et formation. Les interventions se faisaient au sein du site nucléaire de Cattenom mais concernaient les employés de l’entreprise Prezioso. Tout s’est bien déroulé : nos interlocuteurs ont bien saisi le sens de notre démarche et l’ambiance générale a rendu l’accueil et l’échange encore plus humain. Je tiens à remercier le club d’aviron de Basse-Ham pour leur gentillesse. Sans eux j’aurais difficilement pu m’entrainer dans de bonnes conditions. La performance se construit au quotidien et c’est grâce à vous que nous y arrivons.

Une fois terminé, je suis directement remonté en Ile-de-France pour rejoindre mon club et mes coéquipiers à Mantes-la-Jolie. Dès le jeudi soir nous avons pris les rames pour donner nos premiers coups ensemble. Avec deux sorties au compteur nous pointions finalement dans la moyenne des équipages inscrits. C’est aussi ce qui fait le « charme » de ce championnat : il manque souvent des kilomètres mais l’envie de gagner reste intacte et l’enjeu est pris au sérieux. La SNA présentait deux 4x séniors hommes et un 2x séniores femmes poids légères. Malgré un bel orage le vendredi la météo nous a apporté suffisamment d’UV pour profiter de notre sport dans de bonnes conditions. Il nous aura fallu quatre courses pour atteindre la finale dans cette compétition. Au départ de cet ultime parcours trois bateaux pouvaient prétendre au titre : Nantes, Lyon et nous. Malgré un bon départ et des attaques à répétition, nos efforts ne nous ont jamais permis de rattraper la machine Lyonnaise victorieuse. Nous finissons sur une superbe deuxième place. L’aviron est une belle famille et c’est probablement sur les podiums qu’on le devine : les sourires et les poignées de mains n’arrêtent pas et viennent illustrer les plus belles valeurs de notre sport.

Un grand merci à tous mes coéquipiers du week-end, aux séniors du club et à mon entraineur pour ces bons moments et pour l’ambiance.

Le retour sur Lyon s’est bien passé. J’ai repris les soins au cabinet après 7 semaines d’absences. Heureusement les patients se souviennent encore de moi. Malheureusement pour eux je repars dès jeudi sur Aiguebelette pour retrouver l’Equipe de France et préparer la deuxième étape de Coupe du Monde de Varèse.

Bonne soirée !


En route pour Poznan !

26/05/2015
Crédit Photo : Bzac Prod

Crédit Photo : Bzac Prod

Bonsoir, le stage d’Aiguebelette touche à sa fin. Les conditions météo se sont nettement améliorées durant notre séjour. Sur ce regroupement nous étions avec nos féminines. La fédération est obligée de scinder le collectif France en plusieurs groupes pour éviter les casse-têtes logistiques et conserver, de ce fait, de bonnes conditions d’entrainements pour les rameurs. Toute l’équipe d’Argentine était également sur place pour préparer la Coupe du Monde de Varèse. Ils rentreront ensuite chez eux pour participer aux Jeux Panaméricains (qui tombent en même temps que Lucerne) avant de reprendre l’avion pour le mondial.

Les repères en double sont vite revenus. Au final, qu’une petite semaine s’est écoulée depuis Bellecin. Même si la préparation pour ce championnat est accélérée (seulement cinq jours), le travail de vitesse nous débride et conforte certaines bonnes sensations. De son côté Pierre semble en grande forme en skiff. To be continue….

La journée de demain risque d’être longue, fatigante et difficile pour la gestion du poids : nous quitterons Aiguebelette à l’aube pour rejoindre la Gare à Lyon. Nous prendrons ensuite le TGV jusqu’à Paris. D’ici, l’avion nous emmènera à Copenhague pour une escale avant de reprendre les airs et atterrir à Poznan. Si ma mémoire est bonne il ne faudra qu’une vingtaine de minutes pour relier l’aéroport à l’hôtel. Depuis le mondial de 2009 je ne suis jamais retourné sur le lac de Malta. Je n’y ai que des bons souvenirs, pourvu que ça dur !

Comme vous pouvez le voir le moral des troupes est excellent.


De Cazaubon à Romans sur Isère !

22/04/2015
Crédit Photo : Béatrice Michel

Crédit Photo : Béatrice Michel

Bonsoir, après une longue semaine sans nouvelles je décide enfin de vous écrire.

Même s’il se fait un peu tard, voici quelques impressions de cette fin de week-end gersois. Mais quel week-end ! La finale aura amené son lot de surprises. C’est néanmoins dans des conditions de navigation difficiles et physiques que tout s’est joué. Le vent n’a cessé de monter en intensité sur la matinée. Le temps d’effort allait forcément s’allonger et préconiser une gestion un peu différente. C’est toujours déstabilisant de partir à l’échauffement et d’entendre la voie du speakeur résonner sur les berges. Plus vous vous éloignez de la tour d’arrivée et plus vous avez du mal à percevoir les sons, jusqu’à ce que le contenu devienne inaudible, et laisse de la place à votre esprit pour focaliser votre attention sur votre course ! Le calme intérieur peut alors se faire et la méditation peut commencer. Par visualisation mentale vous anticipez tous les scénarios possibles et imaginables. Leurs solutions viennent de paires. Ces projections fictives vous rassurent et vous donnent un contrôle sur la situation. Pendant ce temps le corps commence à suer et suivre à la lettre la routine d’étirements qui finalise le réveil de vos muscles et de vos tendons. La tête et les jambes sont progressivement mises en alerte pour qu’au départ de la finale vous soyez à 100% de vos capacités physiques et cognitives. La mise à l’eau reste un de mes moments préférés. J’aime écouter les derniers conseils de mon entraineur. Malgré les saisons qui passent le rituel reste le même : quelques mots mais surtout une complicité non-verbale façonnée par le temps, la confiance et le respect. L’heure arrive mais le stress n’a toujours pas fait son apparition. Le discours de mon coach vient clairement annihiler le poison. La monté au départ se fait lentement. Je prends systématiquement le temps de m’arrêter pour voir les courses passer. Certains sens se sont mis en veille. Le bruit ne semble plus être un élément perturbateur. Je suis dans ma bulle. Cet état second répond aux besoins de la situation. Vous devez, dans des situations de stress dites maximums, rester émotionnellement stable pour exploiter votre potentiel sans vous laisser dépasser par l’enjeu. C’est en partie le rôle du discours de l’entraineur mais le rameur doit aussi s’entrainer à le sentir, le ressentir et l’éprouver. L’alignement s’est fait à l’heure. J’étais encadré par Stany et Pierre, le scénario idéal. L’arbitre appela les équipages puis engagea la procédure de départ. Au moment où le drapeau s’est levé le temps sembla s’arrêter : votre acuité visuelle augmentait, votre rythme cardiaque aussi, vous muscles étaient prêts à se globuliser, vous contrôliez au maximum votre respiration pour être prêt à bloquer votre souffle dès que le moment serait venu. Quelques secondes s’écoulèrent et les six bateaux partirent au signal. Aucune retenue sur les premiers coups de pelles ! L’objectif est clairement de sortir la coque de l’eau rapidement pour ensuite poser son geste et entretenir la vitesse. Après 500m les premiers écarts semblaient déjà se creuser. Je pointais légèrement en tête alors que Stany et Pierre se livraient la même bataille que la veille. Damien quant à lui accusait un léger retard tout en restant dans la course à la médaille. Au passage de la mi-course la physionomie restait inchangée. Je réussis alors à m’extirper du reste du peloton. Je comptais chaque coup en pensant au suivant. A l’entrée des derniers 250m je semblais hors de portée. Il me fallait assurer techniquement pour franchir la ligne en tête. Derrière la bataille pour la seconde place entre Pierre et Stany continuait d’opérer. L’avantage tourna finalement au Toulois. A l’issue de ces 2000m de course je signe un sixième titre consécutif. Pierre devient mon nouveau dauphin. Stany complète le podium (voici le Lien pour revoir la course : à partir de 2h57′).

La reprise du travail s’est bien passée. Celle de l’entrainement a été nettement plus dure.

Depuis Lundi nous sommes à Romans sur Isère pour un stage de six jours avec l’Equipe de France. La saison internationale va bientôt arriver. Suite au championnat et à la nouvelle hiérarchie établie en skiff, des essaies et des tests vont être faits en double avec Pierre et Stany sur le mois de Mai. Les critères d’évaluation ont été définis et nous ont été annoncés avant-hier lors d’une réunion. Il leur incombe de mettre en place un système prônant l’équité et le respect du sportif. A l’issue du regroupement sur Bellecin l’encadrement prendra une décision finale. Si les conditions météo ne permettent pas des comparaisons objectives entre les deux compositions, un essai sur le championnat d’Europe se fera avec Pierre.

Je vous rassure, l’ambiance reste bonne malgré le contexte.

Excellente soirée !


En route pour la Grande Finale !

11/04/2015
Crédit Photo : Eric Marie

Crédit Photo : Eric Marie

Bonsoir, l’attente est maintenant terminée. Place à la grande finale. Nous voici dans le dernier carré. L’intensité sera à son comble demain matin, à 11h50 précise, à la digue. Un rendez-vous que nous attendons et préparons tous depuis des mois. Des heures d’entrainement, d’abnégation, de rigueur pour exhiber en sept minutes d’efforts notre valeur individuelle. Les deux premières places restent l’objectif de tous pour intégrer le double sur la saison internationale. Au vu des premiers parcours la catégorie se densifie d’année en année. Les Jeunes poussent fort. L’émulation est saine mais la concurrence de plus en plus rude. Tous les éléments semblent réunis pour vous offrir un beau spectacle.

Je serai demain ligne d’eau 4, entre Stany (Delayre) et Pierre (Houin). Une configuration qui me plait après analyse des résultats des demi-finales (même s’il faudra aussi se méfier de Damien et des autres). Me concernant la forme est vraiment bonne depuis le début de ces championnats. Les kilomètres de cet hiver paient. Je me sens bien techniquement et le moral est bon. Je dors bien et passe les pesées sans m’en inquiéter. Je suis pressé de prendre les rames. L’enjeu est de taille avec un sixième titre consécutif à la fin des 2000m en cas de victoire. Ce petit challenge supplémentaire me galvanise plus qu’il ne me stresse.

Voici le Lien pour suivre toutes les courses en Direct !

Bonne soirée.