Et de ∞

21/04/2017

Bonsoir. Avec mon déménagement sur Valenciennes je n’ai pas trouvé le temps de vous écrire plus tôt. L’attente aura été longue mais voici enfin quelques lignes pour revenir sur la finale de Cazaubon.

Si tous les 2000m pouvaient être aussi courts ce serait le Nirvana. En y repensant, je crois avoir fait l’une de mes plus belles courses d’aviron. La journée n’avait pourtant pas bien démarré avec une balance m’affichant 72,9kg au réveil. Ce fut un véritable coup de massue. Une première en 10 ans. En plus de ne rien manger, j’allais devoir m’activer pour me délester de 400g. Quinze minutes à transpirer sur l’ergomètre suffirent à me ramener au poids réglementaire. Ce n’est jamais ce qui est recommandé. Mais cette fois je n’avais guère le choix. Moi qui ne fais habituellement pas de réveil musculaire, ce changement ne fit qu’ajouter du stress à ma préparation…un stress positif finalement. L’enchaînement fut donc rapide : juste après être monté sur la balance officielle je me suis empressé de boire et manger pour avoir le temps de digérer. J’ai ensuite pris quelques minutes pour m’allonger et me reposer. Je sentais que le bonhomme en avait besoin. L’heure de l’échauffement arriva peu de temps après. J’ai alors enfilé mes baskets et ôté mon manteau, puis me suis élancé sur le chemin de halage. Je me suis rapidement retrouvé seul, accompagné du seul bruit de mes pas. Chaque foulée venait effacer la précédente, ne gardant que l’énergie cinétique nécessaire à l’entretien du mouvement. Cette course automatisée me permettait de libérer mon esprit, de le laisser libre. Tantôt focalisé sur la course, tantôt complètement vide. Comme si l’alternance des deux était nécessaire pour maintenir une forme de relâchement, de détachement sur ce qui allait arriver. Avec les années, ce mécanisme semblait s’imposer de lui-même, comme automatisé, pour éviter que le stress ne vienne me paralyser…le bénéfice de l’âge ! J’étais conscient que la journée n’avait pas démarré comme je l’entendais, mais la raison m’avait rapidement remis sur les bons rails. En repensant à tous les entraînements accumulés cet hiver je venais de tuer le doute. Depuis le début du week-end la forme était excellente, ce n’était pas 15 petites minutes d’ergomètre qui allait impacter ma performance sur la matinée. Avant de rebrousser chemin je pris le soin de faire plusieurs grosses respirations pour aussi préparer mes poumons à ce qui allait arriver. Quelques étirements et mouvements articulaires vinrent également rythmer le retour. Mon corps était prêt, le discours du coach allait maintenant conditionner mon esprit. En arrivant au bassin je fis un crochet par le minibus du club pour troquer mes chaussures contre des adilettes, et récupérer mon strock ainsi que ma gourde. J’étais opérationnel. Bénéficiant encore de quelques minutes avant l’embarquement, je fis un premier voyage pour amener mes pelles au ponton. Mon entraîneur observait la scène, attendant que je veuille bien le rejoindre pour démarrer son « speech ». Chaque mot permit de redéfinir la stratégie. L’intonation, quant à elle, était là pour me galvaniser, me transformer en véritable machine à ramer. En me poussant au large, ce fut un dernier regard, le traditionnel clin d’œil. J’y étais ! La confiance transmise venait de se canaliser en énergie. Je pouvais monter au départ sans qu’aucune interrogation ne vienne me parasiter. Jusqu’au dernier moment tout se déroula sans encombre. Mais une fois installé dans les starting-blocks, de nombreuses algues semblaient stagner à la surface. Devant l’enjeu de la finale je n’ai pas hésité à lever la main et signaler le problème aux arbitres. L’horaire dut être décalé pour enlever et nettoyer les lignes d’eau. Tout le monde reprit ensuite ses positions. L’arbitre appela les équipages et donna un départ rapide. Il n’était pas question de s’économiser sur l’entame de course. Je devais absolument coller à Pierre, lui concéder le moins d’avance possible. Sans me soucier de la cadence, j’ai essentiellement focalisé mon attention sur le rythme et ma respiration. Mes efforts ont vite payé. Au premier point de passage nous étions bord à bord. Mais cela ne suffisait pas. Les jambes répondaient encore et le souffle suivait, il n’était donc pas question de baisser en régime. Les coups s’enchaînèrent, encore, et encore. Sans jamais regarder mon strock, je restai concentré sur ma course et mon geste. Les écarts commencèrent à se creuser, centimètre par centimètre. Tout comme dans la deuxième moitié de parcours, il n’y eu pas de cassure. Chaque coup de pelle semblait m’éloigner un peu plus de mon premier poursuivant. A l’entrée des bouées jaunes la victoire me tendait les bras. Les derniers coups de pelles furent donnés avec convictions. Ce n’est qu’une fois la ligne d’arrivée franchie que le chrono me fut communiqué. S’emparer du record de France et du bassin sur la finale, je crois qu’il n’y avait pas meilleur scénario. Quel week-end !

Malgré toutes ces émotions, le retour sur Lyon ne parut pas moins long. Ni mon déménagement sur Valenciennes le lendemain d’ailleurs. Mais tout s’est bien passé. Me voici donc installé là-haut pour un an. Les températures sont fraîches mais l’ensoleillement est sensiblement le même qu’à Lyon pour l’instant. Pourvu que ça dure. J’ai fait ma première sortie sur l’eau hier. Le bassin est vraiment top. Seules quelques péniches viennent perturber la navigation.

Nous repartons déjà lundi en stage. Direction le Jura et la Base Nautique de Bellecin. L’enchaînement ne laisse pas beaucoup de temps entre chaque échéance, mais c’est ainsi. L’ambiance nous fera rapidement oublier ce « petit » détail.

Voici le lien pour revoir les finales de Cazaubon. La nôtre démarre à 3h05.

Bon week-end.


Cazaubon 2017

15/04/2017

Crédit Photo : FFA

Cazaubon et sa digue ! Deux inséparables qui n’évoquent qu’une seule chose dans la tête des rameurs : l’aboutissement ! Chacun ici est venu chercher quelque chose. Parfois identique, parfois différent, mais l’envie de donner le meilleur reste la même. Pour cette année, la météo semblait s’être accordée avec l’agenda pour que nous bénéficiions de conditions parfaites. C’est du moins ce qui avait été annoncé au petit écran. Dans les faits, le vent aura soufflé légèrement plus fort que prévu hier…mais dans le bon sens. Difficile donc de se plaindre quand le chronomètre défile plus vite qu’à l’accoutumé. C’est sûrement la première fois que je signe un aussi bon temps sur le contre-la-montre. Mais face aux alizés favorables se formaient de bonnes vagues. Le bassin était technique et peu docile, notamment dans la deuxième partie de course. Il était donc important d’assurer un premier 1000m solide pour ensuite surfer et jouer les équilibristes. J’aime ces bassins agités, où doit ressortir l’agilité et la dextérité du rameur. Rebelote le soir même sur les Séries. Malgré quelques petites fautes j’ai pris du plaisir. Porté par les rafales, la cadence ne voulait plus descendre. Le chrono allait forcément être au rendez-vous…Et ce fut le cas ! Je franchis la ligne d’arrivée en 6’50’’46, nouveau record de la catégorie sur le lac de l’Uby. L’intention n’était pas là, mais je ne vous cache pas ma joie.

Ce matin se couraient les demi-finales. L’intensité allait inévitablement prendre un cran, mais la forme était bonne, et la pesée fut plus facile que la veille. Le ciel était bas et le vent complètement nul. Les températures étaient revenues aux normales de saison. Je retrouvais à mes côtés Damien Piqueras. La stratégie était simple : profiter de cette course pour préparer la finale de demain. Mais cette volonté de bien faire ne m’empêcha pas de rater mon départ. Bien heureusement, cela ne me pénalisa pas par la suite. L’enchaînement fut plutôt bon, et ce, jusqu’au dernier coup. Dans l’autre manche Pierre devança Stany. Au regard des résultats la bagarre s’annonce rude demain. J’espère que le spectacle sera à la hauteur. Comptez sur nous en tout cas pour donner le meilleur.

Rendez-vous donc demain matin, à 11h50 sur les berges, ou devant votre écran d’ordinateur pour suivre l’évènement en direct depuis la chaîne Dailymotion de la FFA.

Bonne soirée.


Six jours à Aiguebelette !

17/04/2016
Crédit Photo : Bzac Prod

Crédit Photo : Bzac Prod

Bonsoir, les évènements s’enchainent plus vite que prévu. N’ayant pas eu le temps de faire de récupération après la finale à Cazaubon, je suis allé tourner les jambes sur le vélo, lundi matin, juste avant de filer au cabinet. Il s’agissait de mes derniers jours d’activité. Une ultime semaine de travail avant de ne me concentrer sur un objectif, Rio 2016 ! Mes collègues ne semblaient pas très inquiets à l’idée de ne plus me revoir avant Septembre. Ils paraissaient même amusés par la nouvelle, notamment ceux pour qui c’était déjà le cas. Il faut reconnaitre que les stages et mes absences à répétition pouvaient donner cette impression. Après avoir réglé mes derniers impératifs administratifs, je suis parti la tête légère vendredi après-midi. Je serais surement amené à repasser pour traiter quelques papiers, mais de manière très ponctuelle.

Le contrecoup du championnat n’est pas arrivé de suite, mais quelques jours après la finale. Vers le milieu de semaine. Heureusement, le programme d’entrainement ne prévoyait pas grand-chose. Comme une mini parenthèse, ou une mini-trêve avant de repartir. Tout semblait décidément bien s’accorder. Surtout que la météo n’était pas au rendez-vous ! Cette planification allégée tombait donc à pic. La reprise de la musculation fut probablement la seule grosse contrainte. Et je ne fais pas état des traditionnelles courbatures qui l’accompagnent. Au final, je n’ai presque pas remis un pied dans mon skiff. Sur mes trois sorties hebdomadaire j’ai ramé en 2x, 4x et 1x. C’était l’occasion de changer les repères et de préparer indirectement l’entrée en stage. Car dès le dimanche soir, nous nous sommes rejoints sur Aiguebelette pour un premier regroupement de travail. Le matériel a été déchargé, monté et réglé le lundi matin avant la sortie. L’hébergement n’a pas changé. Mise à part quelques embarcations locales, le bassin nous était dédié. Nous n’avons fait que du double avec Pierre. Stany était en skiff. Suite à sa dernière infiltration il n’a repris que progressivement les kilomètres. J’ai encore été désigné pour un contrôle anti-dopage. C’était mardi matin, juste avant de partir de l’Hôtel. Un contretemps qui a légèrement bousculé l’organisation de la journée. Mais heureusement les conditions sont restées bonnes pour la sortie, comme si le bassin nous attendait. C’est le quatrième contrôle en quatre mois, la moyenne reste bonne. Le travail en double a été très productif. Les sensations d’Afrique du Sud sont vite revenues. Chaque kilomètre nous faisant un peu plus progresser.

Nous sommes rentrés chez nous hier. Une petite semaine à domicile nous attend avant de repartir pour le Jura et sa base nautique de Bellecin. Déjà pressé d’y être !

Pour ceux qui n’étaient pas là, voici le Lien vidéo de la finale de Cazaubon !

Bonne soirée.


Seven !

04/04/2016
Crédit Photo : Béatrice Michel

Crédit Photo : Béatrice Michel

Bonsoir, c’est avec un peu de retard que je reviens sur cette finale ! Mais les évènements se sont tellement enchainés qu’il m’aurait été difficile de vous écrire plus tôt je pense.

A aucun moment sur le week-end le régime n’aura posé de problème. La marge a toujours été suffisante pour m’alimenter correctement les heures précédant la course.

La  nuit de samedi n’a pas été trop perturbée malgré l’enjeu que représentait ces 2000m. Le plus dur était donc presque passé. La forme était bonne et les jambes paraissaient moins lourdes que la veille. Les voyants semblaient donc au vert. Allait maintenant se poser le problème des conditions météo. Depuis une semaine les prévisions annonçaient du vent contre. Et cette fois, jusqu’au dernier moment ils virent juste. En arrivant avec le minibus du club le constat était évident : nous allions revivre le bassin de 2015. Sans préférence aucune, il allait néanmoins falloir en prendre compte dans la stratégie de course. Après être passé à la tour d’arrivée et monté sur la balance officielle, je me suis posé dans les gradins comme spectateur. Quel plaisir de regarder les autres ramer. Les premières courses, animées par les juniors, me rappelaient de bons souvenirs…et oui, déjà dix ans ! Dix ans que j’ai découvert le lac de l’Uby et son ambiance si particulière. Le temps passe vite décidément. Je ne suis pas encore un dinosaure mais quand le compteur passe à deux chiffres, il y a de quoi sourire ! Mais une heure tapante avant la finale, plus le temps d’être nostalgique ou de ressasser, il faut aller s’échauffer. A partir de cet instant, tout devient plus opaque, plus lointain. Chaque foulée nous éloigne un peu plus des eaux mortes du lac pour que le silence accapare l’espace. La voie du speakeur et les encouragements ne sont plus qu’un vague brouhaha. Vous vous retrouvez seul, au calme, avec vous-même, vos pensées, vos peurs, vos motivations. Le souffle s’accélère et les muscles sont de plus en plus chauds. Après quelques assouplissements les articulations semblent se délier et prêtes à l’effort. Vous vous sentez tellement bien que vous n’avez presque plus envie d’y aller. Comme une crainte inexplicable qui se dresse devant tant de mois de durs labeurs. Mais l’hésitation ne fait que traverser votre esprit et s’éloigne aussi vite. Vous reprenez la route du retour. En arrivant, mon entraineur m’attendait. Les premiers mots furent habituels, justes là pour recadrer le discours. Les phrases qui suivirent posèrent la tactique. Il avait tout analysé, tout calculé, aucun détail ne semblait lui avoir échappé. Je connaissais la musique, et il venait de me donner la mesure. Je n’avais alors plus qu’à réciter la leçon, à appliquer le cours, et y glisser un zeste d’interprétation. Ses derniers mots, juste avant de prendre le large, n’eurent pas de mal à trouver de l’écho chez moi. Ce savant mélange continua de résonner dans ma tête et de m’accompagner jusqu’au départ. Une fois rentré dans ma ligne d’eau l’arbitre annonça dix minutes ; de quoi finir de s’échauffer dans le balisage et placer une dernière accélération. Puis, demi-tour, direction les starting-blocks. Je vins m’accrocher au teneur de bateau et quittai le surplus de vêtements. L’horaire semblait bien respecté et les équipages furent appelés. Le drapeau se leva….Partez ! C’est sans retenue que j’ai donné les premiers coups, ni les suivant d’ailleurs ! Il fallait absolument que je garde le contact avec Pierre. Je connaissais ses qualités de puncheur, il ne fallait pas lui laisser d’air, toujours rester engagé et au contact. Stany partit aussi vite que moi. Après 500m de course le podium semblait déjà joué. Nous étions trois aux avant-postes pour nous disputer les médailles. Pierre continua d’appuyer chacun de ses coups pour maintenir son avance, tandis que Stany marquait légèrement le pas au passage des 1000m. Ce fut alors le début d’une longue lutte, d’un mano à mano  avec Pierre. Et chaque bouée nous rapprochait un peu plus de l’arrivée, sans qu’aucun écart ne se crée. Mais à 600m de la ligne, mon oreille sembla déceler quelque chose. Comme une cassure dans le rythme sur tribord. Il semblait être à la peine, ou en tout cas, quelque chose se passait. La brèche venait de s’ouvrir. Il fallait s’y engouffrer. Sans calculer les réserves qu’il me restait, je repris un cran en cadence pour échapper, enfin, aux griffes touloises. En arrivant dans les derniers 250m, l’écart m’assurait presque la victoire. Trente coups de rames me séparaient d’un septième titre. « Aller, plus que trente »…..ou devrais-je dire, encore trente! Ce fut long, très long, mais le plaisir ne fut qu’amplifié par le sentiment d’avoir tout donné aujourd’hui ! Un « BIP » final au goût de délivrance, rapidement suivi d’une monté d’acide nettement moins sympathique. Mais c’était fini, le plus important était là. La remise de récompenses se fit juste après. Un podium identique à l’an passé, 100% LXMEN !

La route du retour fut longue mais sans encombre. Les évènements vont maintenant s’enchainer. Dans une semaine nous repartons en stage sur Aiguebelette. Me voici associé à Pierre jusqu’à Lucerne. Une décision finale sur la composition de l’embarcation sera prise par la fédération à ce moment. A suivre…


Finale à Cazaubon !

02/04/2016
Cazaubon 2016

Crédit Photo : Média Aviron

Bonsoir, le lac de l’Uby s’est transformé en l’espace de quelques jours. Les berges sont complètements occupées par les bateaux. On ne cesse de croiser des rameurs courir pour s’échauffer, ou sur l’ergomètre pour faire tourner la roue et récupérer. Après le vent et les grosses averses de jeudi, le beau temps semble s’être installé assez durablement pour que nous passions un bon week-end. Depuis hier, le bord du bassin grouille de monde. Nous nous rendons alors compte qu’il s’agit bien d’une édition spéciale sur cette année olympique. Plusieurs billets vont être distribués pour les Jeux de Rio. L’enjeu est énorme et les athlètes en ont conscience. Jusqu’à présent la tension n’était peut-être pas palpable, mais dès demain tout va se tendre.

Les parcours d’hier se sont bien passés. Même si je ne suis pas un aficionado des contres-la-montre, je pense avoir fait une bonne entrée dans la compétition. Le vent était légèrement favorable, un scénario que j’affectionne particulièrement et qui me permet de tenir un cadence soutenue tout au long des 2000m. Une fois fini, pas le temps de chômer : la récupération est faite dans la foulée, suivie d’une bonne séance d’étirements, d’un repas et d’une grosse sieste pour arriver en forme sur la Série du soir. Mais cette fois, changement de sens pour le vent. Heureusement, les adversaires semblaient aussi fatigués que moi. La hiérarchie fut alors respectée dans chaque manche.

Ce midi, j’étais en demi-finale contre mon coéquipier d’Aiguebelette. A ce beau tirage venait s’ajouter Morgan Maunoir et Thibault Remy, respectivement champions du monde en 4x (Elite et U23). Une belle brochette de quatre athlètes, mais seulement trois places qualificatives. Cerise sur le gâteau, le vent soufflait contre et fort en rafales. Avec Stany, nous avons rapidement creusé l’écart. A la mi-course, nous semblions presque assurés d’aller en finale. Mais derrière, la lutte était âpre. Il fallut attendre la photo finish pour départager les deux concurrents. Triste sort et dure loi du sport pour Morgan qui rate finalement le coche pour deux minuscules dixièmes de seconde. Thibault prend donc la troisième place. De mon côté, les sensations n’auront pas été franchement bonnes aujourd’hui. Le bassin était vraiment difficile et ne permettait pas de s’exprimer techniquement à 100%. Hélas, les prévisions pour demain ne semblent pas meilleures. J’espère que nous pourrons quand même bénéficier d’une petite accalmie dominicale.

Je vous donne donc rendez-vous demain matin à 11h50 pour le dénouement de ce week-end haletant.

Voici le Lien pour suivre les courses en images.

Bonne soirée.


De Cazaubon à Romans sur Isère !

22/04/2015
Crédit Photo : Béatrice Michel

Crédit Photo : Béatrice Michel

Bonsoir, après une longue semaine sans nouvelles je décide enfin de vous écrire.

Même s’il se fait un peu tard, voici quelques impressions de cette fin de week-end gersois. Mais quel week-end ! La finale aura amené son lot de surprises. C’est néanmoins dans des conditions de navigation difficiles et physiques que tout s’est joué. Le vent n’a cessé de monter en intensité sur la matinée. Le temps d’effort allait forcément s’allonger et préconiser une gestion un peu différente. C’est toujours déstabilisant de partir à l’échauffement et d’entendre la voie du speakeur résonner sur les berges. Plus vous vous éloignez de la tour d’arrivée et plus vous avez du mal à percevoir les sons, jusqu’à ce que le contenu devienne inaudible, et laisse de la place à votre esprit pour focaliser votre attention sur votre course ! Le calme intérieur peut alors se faire et la méditation peut commencer. Par visualisation mentale vous anticipez tous les scénarios possibles et imaginables. Leurs solutions viennent de paires. Ces projections fictives vous rassurent et vous donnent un contrôle sur la situation. Pendant ce temps le corps commence à suer et suivre à la lettre la routine d’étirements qui finalise le réveil de vos muscles et de vos tendons. La tête et les jambes sont progressivement mises en alerte pour qu’au départ de la finale vous soyez à 100% de vos capacités physiques et cognitives. La mise à l’eau reste un de mes moments préférés. J’aime écouter les derniers conseils de mon entraineur. Malgré les saisons qui passent le rituel reste le même : quelques mots mais surtout une complicité non-verbale façonnée par le temps, la confiance et le respect. L’heure arrive mais le stress n’a toujours pas fait son apparition. Le discours de mon coach vient clairement annihiler le poison. La monté au départ se fait lentement. Je prends systématiquement le temps de m’arrêter pour voir les courses passer. Certains sens se sont mis en veille. Le bruit ne semble plus être un élément perturbateur. Je suis dans ma bulle. Cet état second répond aux besoins de la situation. Vous devez, dans des situations de stress dites maximums, rester émotionnellement stable pour exploiter votre potentiel sans vous laisser dépasser par l’enjeu. C’est en partie le rôle du discours de l’entraineur mais le rameur doit aussi s’entrainer à le sentir, le ressentir et l’éprouver. L’alignement s’est fait à l’heure. J’étais encadré par Stany et Pierre, le scénario idéal. L’arbitre appela les équipages puis engagea la procédure de départ. Au moment où le drapeau s’est levé le temps sembla s’arrêter : votre acuité visuelle augmentait, votre rythme cardiaque aussi, vous muscles étaient prêts à se globuliser, vous contrôliez au maximum votre respiration pour être prêt à bloquer votre souffle dès que le moment serait venu. Quelques secondes s’écoulèrent et les six bateaux partirent au signal. Aucune retenue sur les premiers coups de pelles ! L’objectif est clairement de sortir la coque de l’eau rapidement pour ensuite poser son geste et entretenir la vitesse. Après 500m les premiers écarts semblaient déjà se creuser. Je pointais légèrement en tête alors que Stany et Pierre se livraient la même bataille que la veille. Damien quant à lui accusait un léger retard tout en restant dans la course à la médaille. Au passage de la mi-course la physionomie restait inchangée. Je réussis alors à m’extirper du reste du peloton. Je comptais chaque coup en pensant au suivant. A l’entrée des derniers 250m je semblais hors de portée. Il me fallait assurer techniquement pour franchir la ligne en tête. Derrière la bataille pour la seconde place entre Pierre et Stany continuait d’opérer. L’avantage tourna finalement au Toulois. A l’issue de ces 2000m de course je signe un sixième titre consécutif. Pierre devient mon nouveau dauphin. Stany complète le podium (voici le Lien pour revoir la course : à partir de 2h57′).

La reprise du travail s’est bien passée. Celle de l’entrainement a été nettement plus dure.

Depuis Lundi nous sommes à Romans sur Isère pour un stage de six jours avec l’Equipe de France. La saison internationale va bientôt arriver. Suite au championnat et à la nouvelle hiérarchie établie en skiff, des essaies et des tests vont être faits en double avec Pierre et Stany sur le mois de Mai. Les critères d’évaluation ont été définis et nous ont été annoncés avant-hier lors d’une réunion. Il leur incombe de mettre en place un système prônant l’équité et le respect du sportif. A l’issue du regroupement sur Bellecin l’encadrement prendra une décision finale. Si les conditions météo ne permettent pas des comparaisons objectives entre les deux compositions, un essai sur le championnat d’Europe se fera avec Pierre.

Je vous rassure, l’ambiance reste bonne malgré le contexte.

Excellente soirée !


En route pour la Grande Finale !

11/04/2015
Crédit Photo : Eric Marie

Crédit Photo : Eric Marie

Bonsoir, l’attente est maintenant terminée. Place à la grande finale. Nous voici dans le dernier carré. L’intensité sera à son comble demain matin, à 11h50 précise, à la digue. Un rendez-vous que nous attendons et préparons tous depuis des mois. Des heures d’entrainement, d’abnégation, de rigueur pour exhiber en sept minutes d’efforts notre valeur individuelle. Les deux premières places restent l’objectif de tous pour intégrer le double sur la saison internationale. Au vu des premiers parcours la catégorie se densifie d’année en année. Les Jeunes poussent fort. L’émulation est saine mais la concurrence de plus en plus rude. Tous les éléments semblent réunis pour vous offrir un beau spectacle.

Je serai demain ligne d’eau 4, entre Stany (Delayre) et Pierre (Houin). Une configuration qui me plait après analyse des résultats des demi-finales (même s’il faudra aussi se méfier de Damien et des autres). Me concernant la forme est vraiment bonne depuis le début de ces championnats. Les kilomètres de cet hiver paient. Je me sens bien techniquement et le moral est bon. Je dors bien et passe les pesées sans m’en inquiéter. Je suis pressé de prendre les rames. L’enjeu est de taille avec un sixième titre consécutif à la fin des 2000m en cas de victoire. Ce petit challenge supplémentaire me galvanise plus qu’il ne me stresse.

Voici le Lien pour suivre toutes les courses en Direct !

Bonne soirée.