Et de ∞

21/04/2017

Bonsoir. Avec mon déménagement sur Valenciennes je n’ai pas trouvé le temps de vous écrire plus tôt. L’attente aura été longue mais voici enfin quelques lignes pour revenir sur la finale de Cazaubon.

Si tous les 2000m pouvaient être aussi courts ce serait le Nirvana. En y repensant, je crois avoir fait l’une de mes plus belles courses d’aviron. La journée n’avait pourtant pas bien démarré avec une balance m’affichant 72,9kg au réveil. Ce fut un véritable coup de massue. Une première en 10 ans. En plus de ne rien manger, j’allais devoir m’activer pour me délester de 400g. Quinze minutes à transpirer sur l’ergomètre suffirent à me ramener au poids réglementaire. Ce n’est jamais ce qui est recommandé. Mais cette fois je n’avais guère le choix. Moi qui ne fais habituellement pas de réveil musculaire, ce changement ne fit qu’ajouter du stress à ma préparation…un stress positif finalement. L’enchaînement fut donc rapide : juste après être monté sur la balance officielle je me suis empressé de boire et manger pour avoir le temps de digérer. J’ai ensuite pris quelques minutes pour m’allonger et me reposer. Je sentais que le bonhomme en avait besoin. L’heure de l’échauffement arriva peu de temps après. J’ai alors enfilé mes baskets et ôté mon manteau, puis me suis élancé sur le chemin de halage. Je me suis rapidement retrouvé seul, accompagné du seul bruit de mes pas. Chaque foulée venait effacer la précédente, ne gardant que l’énergie cinétique nécessaire à l’entretien du mouvement. Cette course automatisée me permettait de libérer mon esprit, de le laisser libre. Tantôt focalisé sur la course, tantôt complètement vide. Comme si l’alternance des deux était nécessaire pour maintenir une forme de relâchement, de détachement sur ce qui allait arriver. Avec les années, ce mécanisme semblait s’imposer de lui-même, comme automatisé, pour éviter que le stress ne vienne me paralyser…le bénéfice de l’âge ! J’étais conscient que la journée n’avait pas démarré comme je l’entendais, mais la raison m’avait rapidement remis sur les bons rails. En repensant à tous les entraînements accumulés cet hiver je venais de tuer le doute. Depuis le début du week-end la forme était excellente, ce n’était pas 15 petites minutes d’ergomètre qui allait impacter ma performance sur la matinée. Avant de rebrousser chemin je pris le soin de faire plusieurs grosses respirations pour aussi préparer mes poumons à ce qui allait arriver. Quelques étirements et mouvements articulaires vinrent également rythmer le retour. Mon corps était prêt, le discours du coach allait maintenant conditionner mon esprit. En arrivant au bassin je fis un crochet par le minibus du club pour troquer mes chaussures contre des adilettes, et récupérer mon strock ainsi que ma gourde. J’étais opérationnel. Bénéficiant encore de quelques minutes avant l’embarquement, je fis un premier voyage pour amener mes pelles au ponton. Mon entraîneur observait la scène, attendant que je veuille bien le rejoindre pour démarrer son « speech ». Chaque mot permit de redéfinir la stratégie. L’intonation, quant à elle, était là pour me galvaniser, me transformer en véritable machine à ramer. En me poussant au large, ce fut un dernier regard, le traditionnel clin d’œil. J’y étais ! La confiance transmise venait de se canaliser en énergie. Je pouvais monter au départ sans qu’aucune interrogation ne vienne me parasiter. Jusqu’au dernier moment tout se déroula sans encombre. Mais une fois installé dans les starting-blocks, de nombreuses algues semblaient stagner à la surface. Devant l’enjeu de la finale je n’ai pas hésité à lever la main et signaler le problème aux arbitres. L’horaire dut être décalé pour enlever et nettoyer les lignes d’eau. Tout le monde reprit ensuite ses positions. L’arbitre appela les équipages et donna un départ rapide. Il n’était pas question de s’économiser sur l’entame de course. Je devais absolument coller à Pierre, lui concéder le moins d’avance possible. Sans me soucier de la cadence, j’ai essentiellement focalisé mon attention sur le rythme et ma respiration. Mes efforts ont vite payé. Au premier point de passage nous étions bord à bord. Mais cela ne suffisait pas. Les jambes répondaient encore et le souffle suivait, il n’était donc pas question de baisser en régime. Les coups s’enchaînèrent, encore, et encore. Sans jamais regarder mon strock, je restai concentré sur ma course et mon geste. Les écarts commencèrent à se creuser, centimètre par centimètre. Tout comme dans la deuxième moitié de parcours, il n’y eu pas de cassure. Chaque coup de pelle semblait m’éloigner un peu plus de mon premier poursuivant. A l’entrée des bouées jaunes la victoire me tendait les bras. Les derniers coups de pelles furent donnés avec convictions. Ce n’est qu’une fois la ligne d’arrivée franchie que le chrono me fut communiqué. S’emparer du record de France et du bassin sur la finale, je crois qu’il n’y avait pas meilleur scénario. Quel week-end !

Malgré toutes ces émotions, le retour sur Lyon ne parut pas moins long. Ni mon déménagement sur Valenciennes le lendemain d’ailleurs. Mais tout s’est bien passé. Me voici donc installé là-haut pour un an. Les températures sont fraîches mais l’ensoleillement est sensiblement le même qu’à Lyon pour l’instant. Pourvu que ça dure. J’ai fait ma première sortie sur l’eau hier. Le bassin est vraiment top. Seules quelques péniches viennent perturber la navigation.

Nous repartons déjà lundi en stage. Direction le Jura et la Base Nautique de Bellecin. L’enchaînement ne laisse pas beaucoup de temps entre chaque échéance, mais c’est ainsi. L’ambiance nous fera rapidement oublier ce « petit » détail.

Voici le lien pour revoir les finales de Cazaubon. La nôtre démarre à 3h05.

Bon week-end.


Cazaubon 2017

15/04/2017

Crédit Photo : FFA

Cazaubon et sa digue ! Deux inséparables qui n’évoquent qu’une seule chose dans la tête des rameurs : l’aboutissement ! Chacun ici est venu chercher quelque chose. Parfois identique, parfois différent, mais l’envie de donner le meilleur reste la même. Pour cette année, la météo semblait s’être accordée avec l’agenda pour que nous bénéficiions de conditions parfaites. C’est du moins ce qui avait été annoncé au petit écran. Dans les faits, le vent aura soufflé légèrement plus fort que prévu hier…mais dans le bon sens. Difficile donc de se plaindre quand le chronomètre défile plus vite qu’à l’accoutumé. C’est sûrement la première fois que je signe un aussi bon temps sur le contre-la-montre. Mais face aux alizés favorables se formaient de bonnes vagues. Le bassin était technique et peu docile, notamment dans la deuxième partie de course. Il était donc important d’assurer un premier 1000m solide pour ensuite surfer et jouer les équilibristes. J’aime ces bassins agités, où doit ressortir l’agilité et la dextérité du rameur. Rebelote le soir même sur les Séries. Malgré quelques petites fautes j’ai pris du plaisir. Porté par les rafales, la cadence ne voulait plus descendre. Le chrono allait forcément être au rendez-vous…Et ce fut le cas ! Je franchis la ligne d’arrivée en 6’50’’46, nouveau record de la catégorie sur le lac de l’Uby. L’intention n’était pas là, mais je ne vous cache pas ma joie.

Ce matin se couraient les demi-finales. L’intensité allait inévitablement prendre un cran, mais la forme était bonne, et la pesée fut plus facile que la veille. Le ciel était bas et le vent complètement nul. Les températures étaient revenues aux normales de saison. Je retrouvais à mes côtés Damien Piqueras. La stratégie était simple : profiter de cette course pour préparer la finale de demain. Mais cette volonté de bien faire ne m’empêcha pas de rater mon départ. Bien heureusement, cela ne me pénalisa pas par la suite. L’enchaînement fut plutôt bon, et ce, jusqu’au dernier coup. Dans l’autre manche Pierre devança Stany. Au regard des résultats la bagarre s’annonce rude demain. J’espère que le spectacle sera à la hauteur. Comptez sur nous en tout cas pour donner le meilleur.

Rendez-vous donc demain matin, à 11h50 sur les berges, ou devant votre écran d’ordinateur pour suivre l’évènement en direct depuis la chaîne Dailymotion de la FFA.

Bonne soirée.


Une tête de rivière qui marque la fin de l’hiver !

12/03/2017

Crédit Photo : Simon Quay

Une tête de rivière qui marque la fin de l’hiver !

Après la fin du stage à Aiguebelette tout s’est enchaîne. Mais en y repensant, la période fut difficile à gérer. Il s’agissait de l’ultime semaine de préparation intensive. Soit quatre semaines complètes depuis le test ergomètre de Charléty. La reprise du travail sur Lyon n’a donc fait qu’accentuer la fatigue déjà présente à la sortie du regroupement avec les Bleus. Je suis également descendu le week-end dernier sur Avignon pour répondre à deux sollicitations. J’ai malgré tout eu le temps de croiser les proches et les jeunes du club. Une régate était d’ailleurs organisée pour eux le dimanche. Une superbe initiative à ce moment-là de l’année où les compétitions se font rares pour ces catégories. Arriva ensuite la semaine de surcompensation. La semaine que beaucoup attendaient, moi compris ! La météo n’a pourtant jamais été favorable ; sauf en matinée quand j’y étais, une aubaine ! Pendant les séances les sensations étaient bonnes mais le forme manquait clairement. Le début du régime y est sûrement pour quelque chose. Je suis redescendu sur Avignon mercredi soir pour une autre sollicitation, en entreprise cette fois. Chez le groupe AOSTE. Je me régale toujours autant. C’est tout aussi enrichissant d’intervenir pour partager mon expérience, que de découvrir le fonctionnement de l’enseigne. J’ai fait le choix de rester dans le Sud jusqu’à samedi. Je ne me sentais pas de remonter sur Lyon vendredi pour reprendre la route hier pour Marignane. J’ai donc été récupéré sur la route par le Pôle France. Une fois sur place, tout le monde a déchargé et monté son matériel. Certains l’ont même réglé. Me concernant, j’ai préféré aller directement ramer pour optimiser la récupération. Notamment à cause du bassin : le vent soufflait en rafales et la navigation était laborieuse. Bien heureusement la météo aujourd’hui fut toute autre.

Après une bonne nuit de sommeil le réveil ne posa aucun problème ce matin. Le passage au petit déjeuner fut bref, juste de quoi assurer la pesée sans arriver le ventre vide. Une fois cette première étape validée l’attente ne fut pas longue. L’heure de l’embarquement fut vite là ! C’est mon entraîneur de club qui fit ma mise à l’eau. Ce fut l’occasion de me donner quelques conseils avant que je ne m’éloigne du ponton. A l’échauffement les kilomètres semblaient défiler comparé à hier. Au départ, la pluie commença à tomber, pour finalement s’arrêter avant que je ne m’élance. Ce fut d’ailleurs ces quelques gouttes qui firent tourner le vent. Une brise favorable allait nous accompagner sur les 6000m. Plutôt une bonne nouvelle ! Une fois le signal donné je partis sans trop réfléchir. L’idée était de lancer ma coque et donner du rythme. Mon attention était concentrée sur ma respiration et ma technique… mais aussi sur ma trajectoire. Car le niveau du canal était relativement bas, il était donc impératif, malgré le balisage, de garder un œil sur la direction les mille premiers mètres. Une fois cette portion passée, j’avais champ libre pour m’exprimer à 100%. Sans chercher à m’imposer de cadence particulière, je n’ai cessé pendant la course de rythmer mon geste. Je jetais ponctuellement un regard sur mon strock pour vérifier que les sensations collaient au chiffre affiché. Les 1200 derniers mètres furent durs physiquement, mais n’impactèrent pas la fréquence de mes coups. Je franchis finalement la ligne d’arrivée après 21’40’’ d’efforts. A première vue je savais que l’écart avec mon poursuivant s’était creusé. Mais il fallut attendre les résultats officiels pour en être sûr. Le verdict tomba peu de temps après. Damien Piqueras finit deuxième à plus de quarante secondes, Hugo Boucheron complète le podium huit secondes derrière. Le retour à Lyon n’a pas été trop long heureusement. Prochain objectif : championnat de zone à Aiguebelette dans 3 semaines. Tout va s’enchaîner maintenant, et les choses sérieuses vont commencer.

Bonne soirée !


Fin de stage à Prémanon !

16/01/2017

Stage Jura

Enfin rentré sur Lyon. Le stage s’est terminé hier midi sous la neige. Pas moins de 40cm sont tombés la veille au soir. Ces fortes chutes ont bien failli nous retenir là-haut et compromettre notre retour. Heureusement notre véhicule était équipé de pneus adaptés, et les services locaux avaient l’habitude de gérer ce genre d’impondérables. Mais la vigilance et la prudence n’eurent de cesse de nous accompagner tout au long du trajet.

Malgré la bonne humeur générale, certains organismes commençaient à ressentir la fatigue et l’usure. Le froid, l’altitude et la charge d’entraînement font en effet de ce stage l’un des plus durs de la saison. Il n’y a pas eu de grosses blessures, heureusement, mais beaucoup de petits « bobos » sont venus perturber la préparation de certains.

Il reste encore deux semaines à tenir avant de surcompenser pour le test ergomètre de Charléty. Je suis pressé d’y être car la forme semble déjà bien revenue. J’ai l’impression d’avoir retrouvé mon meilleur niveau. J’espère que cette année sera la bonne pour valider officiellement un chrono sous les six minutes ! Mais pour l’heure, retour à l’entraînement dès demain matin. Les températures annoncées dans les prochains jours ne présagent rien de bon. Presque que du négatif, même en pleine journée. Je me vois difficilement tenir moralement et faire exclusivement de la salle si le lac gèle. Croisons les doigts pour que cela n’arrive pas !