Sunday, golden sunday !

18/06/2017

Crédit Photo : FFA (Daniel Blin)

Malgré l’entrainement, la volonté et la technique, il arrive parfois que rien ne puisse vous résister. Comme un sentiment de grâce devant vos adversaires. C’était peut-être le cas aujourd’hui. C’est du moins l’impression que j’en ai eu. Mais soyons clairs, cela ne rime pas avec facilité, pas du tout. Chaque course, chaque finale, sont de nouvelles occasions de se remettre en question et de donner le maximum. C’est ce qui fait l’invincibilité de ce bateau depuis tant de saisons.

En nous réveillant ce matin nous disposions encore d’une marge suffisante pour déjeuner à notre faim. La configuration de la matinée était idéale : la course était ni trop tôt, ni trop tard. Idem pour la pesée officielle. Après être rentré de notre footing d’échauffement le long du lac Malta, j’ai eu la confirmation que nous étions bien les seuls à courir. Nous n’avons croisé aucun concurrent ! Nos adversaires doivent probablement faire de l’ergomètre en remplacement, mais je trouve ça surprenant que nous soyons vraiment les seuls à chausser les baskets et varier les types d’échauffements. Bref, à chacun ses habitudes. Ne changeons surtout pas les notre, elles semblent bien fonctionner pour l’instant.

En quittant le ponton tout semblait clair dans nos têtes. Comme évoqué en introduction, la stratégie était relativement simple : imprimer le plus gros tempo possible à nos adversaires, au coup par coup, sans lancer de séries. Nous avions chacun nos petits axes techniques à respecter pour que le bateau glisse et que chacun puisse s’employer à 100%. L’échauffement sur l’eau fut très traditionnel. Trois petites accélérations suffirent à nous mettre en confiance et nous sentir prêt.

L’attente dans les starting-blocks me parut interminable. Les minutes n’en finissaient plus. Je n’arrêtais pas de bâiller. Je me sentais complètement atone. Ce n’était pourtant pas le moment. Mais heureusement, une fois allumé, le feu changea quasi instantanément de couleur. Notre départ fut bon et nous plaça rapidement aux avant-postes. De son côté Pierre semblait en pleine forme et impulsait sur chaque coup. Ce fut alors l’occasion pour moi de le laisser faire, de lui donner assez de longueur et de fréquence pour qu’il puisse s’exprimer à fond. De mon côté j’étais focalisé sur ma technique, sur mon rôle : celui de métronome. Malgré la bagarre juste derrière nous, l’écart se creusa de plus en plus. A l’entrée des derniers 500m plus rien ne pouvait nous arriver. Mais cela ne nous empêcha pas de relancer encore, et encore…jusqu’à que la ligne d’arrivée nous arrête dans notre élan.

Notre joie au ponton d’honneur fut encore plus énorme en constatant que le 2- des frères Onfroy avaient également remporté l’or. Participer à un doublé français, j’avais encore jamais fait ! Dommage qu’aucun hymne ne soit joué sur les Coupes de Monde, je crois que ça aurait été juste parfait d’en enchainer deux d’affiler.

Nous rentrons demain matin en France. La semaine va être musclée, car le programme d’entrainement est conséquent en prévision d’Henley et de Lucerne. Il va falloir gérer la fatigue sur cette période, ce sera l’enjeu des prochains jours : donc ce soir couché tôt !

Voici le lien pour revivre la course en direct.

Bon dimanche et n’oubliez pas d’aller voter.

Bien à vous.


Finale à Poznan

17/06/2017

Crédit Photo : FFA (Daniel Blin)

J’ai préféré attendre que les repêchages d’aujourd’hui livrent leurs verdicts pour faire d’une pierre deux coups dans cet article.

D’abord revenir sur la journée d’hier :

Au réveil, en montant sur la balance, nous disposions d’une marge suffisante pour déjeuner à notre faim. Ces occasions sont rares. Car pendant le régime nous calibrons généralement nos efforts pour pouvoir grignoter avant la pesée officielle, mais jamais jusqu’à satiété…heureuse nouvelle donc ! Sinon la météo prévoyait beaucoup de vent et de pluie. Fiables et précises, les prévisions polonaises ne mentirent pas. Juste avant d’entrer dans les starting-blocks le ciel se faisait si menaçant que l’organisation s’apprêtait à suspendre les courses. Heureusement pour nous ce ne fut pas le cas. Je ne me voyais pas rentrer au ponton et attendre que l’anticyclone arrive. La consigne de l’entraineur était claire : faire la plus grosse course possible, peu importe sa physionomie. C’est donc sans retenue que nous avons pris le départ. Les écarts se creusèrent rapidement, et ce fut en cavaliers seuls que nous franchîmes la ligne d’arrivée. Le bilan fut positif malgré quelques petites fautes techniques dans les 500 derniers mètres. Nous signâmes le meilleur temps des Séries, deux secondes devant les irlandais vainqueurs de l’autre manche.

Puis sur aujourd’hui :

Ce matin nous sommes allés ramer tôt. A peu de choses près je crois que la météo était pire qu’hier. Nous avons malgré tout fait 12km et quelques accélérations. Même si nous avons passé une bonne partie de la journée à l’hôtel, le temps est passé relativement vite. Notamment en suivant les courses des équipages français en lice aujourd’hui.

Enfin sur demain :

Suite aux repêchages de ce midi, nous connaissons désormais la liste complète de nos adversaires de demain. Voici le tirage :

CHINE / POLOGNE / IRLANDE / FRANCE / ALLEMAGNE / JAPON

Nous connaissons déjà les polonais, allemands et irlandais qui étaient contre nous en finale du championnat d’Europe à Racice. Les japonais étaient dans notre manche hier. Le bateau chinois reste donc le seul que nous n’ayons encore jamais rencontré. La météo devrait être bonne. Pour la forme il faudra attendre demain pour en être sûr, mais la journée de récupération semble déjà avoir fait son petit effet.

L’heure de la finale a légèrement été avancée par rapport au programme prévisionnel. Notre passage est prévu à 11h03. Voici le lien pour suivre en Direct.

Bonne soirée.


Welcome to Poznan

15/06/2017

Crédit Photo : FFA (Lionel Piquard)

Racice – Valenciennes – Lyon – Bourges – Valenciennes – Aiguebelette – Bergerac – Aiguebelette – Poznan…

Les voyages forment la jeunesse parait-il ! Mais disons plutôt qu’ils donnent au temps une toute autre dimension. Et parfois même, à cette fréquence, l’impression de ne pas pouvoir en profiter… mais ça reste éminemment plus grisant que la routine (bien qu’elle puisse me manquer par moment).

Nous ne sommes restés qu’une semaine sur Aiguebelette pour préparer cette Coupe du Monde. Cela peut paraitre court, mais c’est un format qui me plait. En effet, l’enchainement des compétitions à cette période modifie quelque peu notre rythme : les grosses séances d’entrainement se font essentiellement à la maison, tandis que le travail de vitesse se fait en stage. Il y a beaucoup plus d’alternance entre les cycles de « charge » et de « décharge ». Le repos est donc plus présent pour respecter le principe de surcompensation et garantir une forme minimum pour chaque régate. En résumé (et pour caricaturer), notre quotidien se résume à faire des courses et nous reposer. S’il n’y avait pas de régime au milieu de tout ça, ce serait probablement le meilleur moment de la saison. Mais indépendamment de sa durée, notre stage en Savoie s’est bien passé. La météo a été bonne et nous avons pu ramer tous les jours. Le bateau glisse de plus en plus et nous sentons bien que les kilomètres nous aident à progresser. Le moral est donc bon et nous sommes pressés d’en découdre.

Les tirages viennent de tomber. Il était annoncé que nos amis italiens seraient absents, mais la surprise vient aujourd’hui des anglais. Initialement inscrits sur la liste des engagés, ils sont donnés forfait. Nous n’en savons pas plus pour le moment, juste que plusieurs autres bateaux de la flotte anglaise sont dans le même cas. Donc affaire à suivre…Chez nous, d’autres embarcations se sont aussi retirées. Nous ne nous retrouvons plus qu’à douze. Le système de qualification se voit donc aussi modifié. En conclusion : si nous remportons notre Série demain midi nous serons directement qualifiés pour la finale de dimanche. Une véritable aubaine pour le régime. Car même si nous sommes au poids, les pesées officielles restent astreignantes !

Voici donc nos adversaires sur l’Éliminatoire :

JAPON 1 / JAPON 2 / FRANCE / PÉROU / ALLEMAGNE / CHINE 2

Course prévue à 12h40 ! Pour résumer, seul le vainqueur ira directement en finale, les autres devront passer par les repêchages. Pour l’instant nous ne connaissons que les allemands. C’est un bateau en reconstruction qui risque d’avoir progressé depuis le championnat d’Europe. Pour les autres, c’est l’inconnue. Il faudra donc rester vigilant !

A demain !


Bourges 2017

05/06/2017

Crédit Photo : Nadia Boudoux

Heureusement que le lundi de Pentecôte existe pour vous écrire ces quelques lignes.

Comme annoncé dans mon précédant article, la semaine a été chargée. Nous sommes rentrés le lundi de Racice. J’ai juste eu le temps de poser mes valises, laver mon linge, qu’il était temps de repartir. Je ne suis même pas resté 48h sur Valenciennes. Après mon passage éclair dans le nord je suis donc descendu sur Lyon. J’y étais attendu pour une intervention au sein du groupe April. L’entreprise organisait ce jeudi un séminaire pour ses collaborateurs. Ce fut une superbe journée. La météo permit de respecter le programme et de faire découvrir l’activité. Après ce moment de partage il fallut reprendre la route. Le club me récupéra vendredi matin. Direction Bourges et le championnat de France bateaux longs. J’y étais inscrit en double avec mon coéquipier de l’an dernier Julien Gazaix. Même si nous n’avions pas pu ramer ensemble avant ce week-end, notre ambition était claire : conserver notre titre fièrement acquis en 2016. Mais passer du statut d’outsider à celui de favoris n’est jamais simple. Surtout en ne disposant que d’une sortie sur le Val d’Auron pour accorder nos violons. Heureusement, la série et la demi-finale permirent de retrouver quelques repères. Hier, nous nous sentions prêts : les jambes répondaient bien depuis le début, les sensations étaient de plus en plus fidèles à celles de Gravelines…Mais avec, cette fois, des conditions de navigation idéales. Tout était donc réuni pour que nous prenions un maximum de plaisir sur cette finale. Et ce fut le cas ! Après un excellent départ et une belle empoignade sur le premier 1000m, nos attaques dans le troisième 500m payèrent assez pour nous assurer la victoire. Mais la fréquence continua qu’augmenter, l’intensité aussi. Comme si le seul plaisir de gagner ne suffisait pas. Chaque coup fut donné comme s’il s’agissait du dernier, jusqu’à ce que la corne retentisse et nous libère. La joie put alors prendre le relai. Un nouveau tee-shirt, une nouvelle médaille, un nouveau fanion, et encore une superbe aventure humaine avec mon coéquipier de club et mon entraineur.

Nous sommes rappelés ce mercredi avec l’équipe de France. Cette fois sur Aiguebelette pour préparer la coupe du monde de Poznan. Le temps passe trop vite décidément…

Voici le lien vidéo pour revivre notre course (à partir de 1h40’30).

Bonne soirée.


En route pour la demi-finale

26/05/2017

Crédit Photo : FFA (Lionel Piquard)

La journée se termine doucement ici à Racice. Le bilan est plutôt bon pour la flotte.

Les températures n’ont cessés de grimper pendant la matinée. Assez d’ailleurs pour que nous décidions de ramer en combinaison seule. Dans les starting-blocks, tous les voyants étaient au vert : la pesée avait été validée sans trop de souci, l’échauffement au sol avait été rapide mais efficace, le speech de l’entraineur avait été court mais percutant…Nous n’avions plus qu’à nous libérer, à nous faire plaisir et à donner le meilleur pour prendre des repères pour la suite. Le seul petit changement venait de notre placement dans le balisage. Nous étions ligne d’eau 1, complètement à l’extérieur. A cet endroit on se sent vite isolé, loin des autres. C’est aussi un avantage : personne ne vous voit, vous échappez facilement à la vigilance des adversaires.

Malgré un bon départ, le bateau slovaque prit la tête de la course pendant 500m. Même si cela ne déclencha pas de stress ni d’angoisse particulière, l’effet de surprise fut authentique. Puis, coup après coup, l’écart se réduisit, jusqu’à inverser la tendance. Réguliers dans l’effort, dans notre manière de faire, appliqués sur notre technique, nous remportons finalement notre manche avec 9 secondes d’avance sur les espagnoles. Les slovaques termineront cinquième, à plus de 40 secondes. Une partie de notre récupération se fit sur l’eau, le reste sur le vélo. Au débriefing, nos impressions furent bonnes, comme si le « job » avait été fait, bien fait !

Dans les autres manches il y eut quelques surprises : les anglais se firent battre par les allemands, les irlandais se firent battre par les polonais (comme à Belgrade il y a 15 jours), et les tchèques se firent battre par les italiens. Même si ces principaux favoris réussirent malgré tout à se qualifier pour demain sur les repêchages de cette après-midi ; la hiérarchie de la dernière Coupe du Monde fut bien chahutée sur ce début de compétition.

De notre côté, nous avons profité du reste de la journée pour nous reposer, passer entre les mains du kiné et nous étirer. Nous sommes d’ores et déjà prêts pour la course de demain. Et il va falloir, car notre tirage est plus musclé qu’aujourd’hui :

ESPAGNE / RÉPUBLIQUE TCHÈQUE / FRANCE / ALLEMAGNE / IRLANDE / GRÈCE

Nous sommes dans la première demi-finale, à 12h04.

Même si les irlandais ne semblent pas aussi forts que l’an dernier ; les allemands, eux, semblent de retour. Et les tchèques auront probablement à cœur de briller à domicile. Donc pas de question à se poser pour nous, il faudra marquer les esprits et confirmer notre forme du moment.

Bonne soirée et rendez-vous demain midi.


Et de ∞

21/04/2017

Bonsoir. Avec mon déménagement sur Valenciennes je n’ai pas trouvé le temps de vous écrire plus tôt. L’attente aura été longue mais voici enfin quelques lignes pour revenir sur la finale de Cazaubon.

Si tous les 2000m pouvaient être aussi courts ce serait le Nirvana. En y repensant, je crois avoir fait l’une de mes plus belles courses d’aviron. La journée n’avait pourtant pas bien démarré avec une balance m’affichant 72,9kg au réveil. Ce fut un véritable coup de massue. Une première en 10 ans. En plus de ne rien manger, j’allais devoir m’activer pour me délester de 400g. Quinze minutes à transpirer sur l’ergomètre suffirent à me ramener au poids réglementaire. Ce n’est jamais ce qui est recommandé. Mais cette fois je n’avais guère le choix. Moi qui ne fais habituellement pas de réveil musculaire, ce changement ne fit qu’ajouter du stress à ma préparation…un stress positif finalement. L’enchaînement fut donc rapide : juste après être monté sur la balance officielle je me suis empressé de boire et manger pour avoir le temps de digérer. J’ai ensuite pris quelques minutes pour m’allonger et me reposer. Je sentais que le bonhomme en avait besoin. L’heure de l’échauffement arriva peu de temps après. J’ai alors enfilé mes baskets et ôté mon manteau, puis me suis élancé sur le chemin de halage. Je me suis rapidement retrouvé seul, accompagné du seul bruit de mes pas. Chaque foulée venait effacer la précédente, ne gardant que l’énergie cinétique nécessaire à l’entretien du mouvement. Cette course automatisée me permettait de libérer mon esprit, de le laisser libre. Tantôt focalisé sur la course, tantôt complètement vide. Comme si l’alternance des deux était nécessaire pour maintenir une forme de relâchement, de détachement sur ce qui allait arriver. Avec les années, ce mécanisme semblait s’imposer de lui-même, comme automatisé, pour éviter que le stress ne vienne me paralyser…le bénéfice de l’âge ! J’étais conscient que la journée n’avait pas démarré comme je l’entendais, mais la raison m’avait rapidement remis sur les bons rails. En repensant à tous les entraînements accumulés cet hiver je venais de tuer le doute. Depuis le début du week-end la forme était excellente, ce n’était pas 15 petites minutes d’ergomètre qui allait impacter ma performance sur la matinée. Avant de rebrousser chemin je pris le soin de faire plusieurs grosses respirations pour aussi préparer mes poumons à ce qui allait arriver. Quelques étirements et mouvements articulaires vinrent également rythmer le retour. Mon corps était prêt, le discours du coach allait maintenant conditionner mon esprit. En arrivant au bassin je fis un crochet par le minibus du club pour troquer mes chaussures contre des adilettes, et récupérer mon strock ainsi que ma gourde. J’étais opérationnel. Bénéficiant encore de quelques minutes avant l’embarquement, je fis un premier voyage pour amener mes pelles au ponton. Mon entraîneur observait la scène, attendant que je veuille bien le rejoindre pour démarrer son « speech ». Chaque mot permit de redéfinir la stratégie. L’intonation, quant à elle, était là pour me galvaniser, me transformer en véritable machine à ramer. En me poussant au large, ce fut un dernier regard, le traditionnel clin d’œil. J’y étais ! La confiance transmise venait de se canaliser en énergie. Je pouvais monter au départ sans qu’aucune interrogation ne vienne me parasiter. Jusqu’au dernier moment tout se déroula sans encombre. Mais une fois installé dans les starting-blocks, de nombreuses algues semblaient stagner à la surface. Devant l’enjeu de la finale je n’ai pas hésité à lever la main et signaler le problème aux arbitres. L’horaire dut être décalé pour enlever et nettoyer les lignes d’eau. Tout le monde reprit ensuite ses positions. L’arbitre appela les équipages et donna un départ rapide. Il n’était pas question de s’économiser sur l’entame de course. Je devais absolument coller à Pierre, lui concéder le moins d’avance possible. Sans me soucier de la cadence, j’ai essentiellement focalisé mon attention sur le rythme et ma respiration. Mes efforts ont vite payé. Au premier point de passage nous étions bord à bord. Mais cela ne suffisait pas. Les jambes répondaient encore et le souffle suivait, il n’était donc pas question de baisser en régime. Les coups s’enchaînèrent, encore, et encore. Sans jamais regarder mon strock, je restai concentré sur ma course et mon geste. Les écarts commencèrent à se creuser, centimètre par centimètre. Tout comme dans la deuxième moitié de parcours, il n’y eu pas de cassure. Chaque coup de pelle semblait m’éloigner un peu plus de mon premier poursuivant. A l’entrée des bouées jaunes la victoire me tendait les bras. Les derniers coups de pelles furent donnés avec convictions. Ce n’est qu’une fois la ligne d’arrivée franchie que le chrono me fut communiqué. S’emparer du record de France et du bassin sur la finale, je crois qu’il n’y avait pas meilleur scénario. Quel week-end !

Malgré toutes ces émotions, le retour sur Lyon ne parut pas moins long. Ni mon déménagement sur Valenciennes le lendemain d’ailleurs. Mais tout s’est bien passé. Me voici donc installé là-haut pour un an. Les températures sont fraîches mais l’ensoleillement est sensiblement le même qu’à Lyon pour l’instant. Pourvu que ça dure. J’ai fait ma première sortie sur l’eau hier. Le bassin est vraiment top. Seules quelques péniches viennent perturber la navigation.

Nous repartons déjà lundi en stage. Direction le Jura et la Base Nautique de Bellecin. L’enchaînement ne laisse pas beaucoup de temps entre chaque échéance, mais c’est ainsi. L’ambiance nous fera rapidement oublier ce « petit » détail.

Voici le lien pour revoir les finales de Cazaubon. La nôtre démarre à 3h05.

Bon week-end.


Cazaubon 2017

15/04/2017

Crédit Photo : FFA

Cazaubon et sa digue ! Deux inséparables qui n’évoquent qu’une seule chose dans la tête des rameurs : l’aboutissement ! Chacun ici est venu chercher quelque chose. Parfois identique, parfois différent, mais l’envie de donner le meilleur reste la même. Pour cette année, la météo semblait s’être accordée avec l’agenda pour que nous bénéficiions de conditions parfaites. C’est du moins ce qui avait été annoncé au petit écran. Dans les faits, le vent aura soufflé légèrement plus fort que prévu hier…mais dans le bon sens. Difficile donc de se plaindre quand le chronomètre défile plus vite qu’à l’accoutumé. C’est sûrement la première fois que je signe un aussi bon temps sur le contre-la-montre. Mais face aux alizés favorables se formaient de bonnes vagues. Le bassin était technique et peu docile, notamment dans la deuxième partie de course. Il était donc important d’assurer un premier 1000m solide pour ensuite surfer et jouer les équilibristes. J’aime ces bassins agités, où doit ressortir l’agilité et la dextérité du rameur. Rebelote le soir même sur les Séries. Malgré quelques petites fautes j’ai pris du plaisir. Porté par les rafales, la cadence ne voulait plus descendre. Le chrono allait forcément être au rendez-vous…Et ce fut le cas ! Je franchis la ligne d’arrivée en 6’50’’46, nouveau record de la catégorie sur le lac de l’Uby. L’intention n’était pas là, mais je ne vous cache pas ma joie.

Ce matin se couraient les demi-finales. L’intensité allait inévitablement prendre un cran, mais la forme était bonne, et la pesée fut plus facile que la veille. Le ciel était bas et le vent complètement nul. Les températures étaient revenues aux normales de saison. Je retrouvais à mes côtés Damien Piqueras. La stratégie était simple : profiter de cette course pour préparer la finale de demain. Mais cette volonté de bien faire ne m’empêcha pas de rater mon départ. Bien heureusement, cela ne me pénalisa pas par la suite. L’enchaînement fut plutôt bon, et ce, jusqu’au dernier coup. Dans l’autre manche Pierre devança Stany. Au regard des résultats la bagarre s’annonce rude demain. J’espère que le spectacle sera à la hauteur. Comptez sur nous en tout cas pour donner le meilleur.

Rendez-vous donc demain matin, à 11h50 sur les berges, ou devant votre écran d’ordinateur pour suivre l’évènement en direct depuis la chaîne Dailymotion de la FFA.

Bonne soirée.