Le matériel, son importance sur la performance

 

 

 

 

                L’aviron fait partie d’une grande famille de sports où le matériel utilisé naît des dernières avancées technologiques. Devant la grande diversité existante (forme, matériaux et taille de coques et de palettes), on peut se demander quel est l’impact du matériel et son apport pour l’utilisateur.  La question suivante se pose donc : Un matériel dernier cri est-il nécessaire et/ou suffisant pour la performance ?

Est-il nécessaire ?

                Bien que tributaire des conditions météorologiques « La performance » en aviron ne se traduit pas seulement par l’obtention d’une médaille mais également par la réalisation des 2000 mètres de course en un temps record. Le matériel évolue, s’améliore, change  au cours des olympiades au même titre que les meilleures performances mondiales (ces temps sont consultables sur le site de la FISA : http://www.worldrowing.com/index.php?pageid=87). Un matériel récent et de bonne qualité  procure au rameur du confort (sur son installation en bateau. ex : combinaisons Lycra, chaussures), un meilleur retour en sensation=bio feedback (bateau carbone très rigide), une économie d’énergie (poids du matériel. ex : les pelles). Ces derniers favorisent et optimisent donc les chances de performance. Les différentes études faites en bassin de Carène par les leaders du marché (Empacher/Filippi) renforcent l’idée que le matériel récent, de par son excellent hydrodynamisme, est vecteur de performance.

                La création de portants mobiles en aviron dans les années 80 fut révolutionnaire. Cette invention permettait de supprimer les contraintes liées au déplacement du centre de gravité du rameur sur la phase de retour. L’avantage que procurait ce matériel était tel que la FISA dût interdire sa fabrication dans un souci d’égalité des chances vis-à-vis des fédérations à petit budget : tous les podiums se voyaient occupés par des athlètes ramant en portants mobiles, c’était la course à l’armement. Dans ce cas, clairement, posséder le matériel dernier cri était impératif.

                Le matériel, pour certains athlètes, a une importance psychologique. Le simple fait de se dire « j’ai ce qu’il y a de mieux » peut devenir un atout psychologique de performance.

                Pour conclure nous pouvons donc valider le fait qu’en aviron, le matériel et l’équipement ont leur importance dans la performance.

                 

 

Est-il suffisant ?

                Cependant la « ramerie », la technique, la gestuelle et surtout les méthodes, types d’entrainements et réglages ont beaucoup changés depuis une vingtaine d’années. Ces facteurs sont à prendre, eux aussi, très au sérieux car ils jouent un rôle prépondérant quant à la vitesse qu’un rameur peut donner à son bateau. La préparation physique proposée par la FFSA de nos jours est différente de celle proposé en 1980. La quasi-totalité de ces changements ont été fait par Eberhard Mund dès son arrivée en France dans les années 90. La ramerie « académique » change tout comme les méthodes d’entrainements.

                Une individualisation des réglages en bateau et du volume annuel d’entrainement guide l’athlète vers l’excellence mondiale. A l’inverse une mauvaise gestion de ces paramètres peut précipiter n’importe quel rameur équipé d’un matériel « dernière génération » vers la contre-performance (adapter les réglages dans le vent contre n’est, par exemple, pas systématique, mais peut parfois s’avérer judicieux !!)

                Il faut donc se construire en tant qu’athlète pour accéder à la performance car sans cela, l’importance du matériel devient dérisoire et obsolète.

 

 Quelles sont donc les limites du matériel dernier cri dans la performance ?

 

                Si on prend l’exemple des dames de nage MK one. Ce matériel dernier cri favorise le calage de l’aviron dans sa dame de nage. Cependant certains rameurs semblent d’accord pour dire qu’avec ce type de matériel on perd en sensation, que le biofeedback procuré par un aviron calé ou non dans sa dame de nage est supprimé. En découle une moins bonne maitrise de son geste technique.  

                 Pour l’anecdote, dans l’actualité sportive, les Médias polémiquent sur le fait que la FINA (Fédération Internationale de Natation) ait autorisé le port de combinaisons en polyuréthane (=JAKED) pour les championnats du monde de Rome (Juillet 2009). Ce matériel procurerait à l‘athlète des qualités de glisse hors normes. Cependant, lors des championnats du Monde de natation à Rome, les Français se font battre par les Américains au Relais 4x100m Homme.  Dans ce duel une des deux équipes ne disposait pas des dernières combinaisons (=JAKED) mais sort néanmoins gagnante.  Cet exemple, pris parmi d’autres, semble suffisamment parlant pour dire que le matériel ne fait pas à lui seul « la performance ».

 

                Pour conclure, le rameur doit être, pour être performant, à l’image de son matériel, c’est-à-dire excellent. Le matériel ne représente, néanmoins, qu’un petit maillon de la chaine : un excellent rameur peut compenser un mauvais matériel, la réciproque, elle, est fausse. Pour performer en aviron un bon matériel reste nécessaire mais insuffisant.

 

                Actuellement, je rame sur un skiff Filippi (F15) avec des portants carbone. Mes avirons sont des Concept auxquels j’ai ajouté des manchons Croker jaune. J’ai une coulisse à chariot pour éviter d’avancer mes rails, qu’ils ne me blessent les mollets. Ce matériel ne fait pas parti des dernières nouveautés. Il me permet néanmoins de m’exprimer au mieux en course et à l’entrainement.

 

                Petit clin d’œil à Alexandra Lasserre qui m’a encouragé à écrire cet article.

 

 

                 

 

Un commentaire pour Le matériel, son importance sur la performance

  1. Laurane dit :

    Ce n’est pas le bateau qui fait le rameur.

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