Selon vous, où s’arrêtent les rêves…

09/08/2017

Bonsoir, je n’ai pas pour habitude de vous laisser sans nouvelles aussi longtemps, mais certains impératifs m’ont empêché de vous écrire depuis Lucerne. Il ne s’agissait pourtant pas d’un manque d’envie ou d’inspiration. Mais rassurez-vous il ne devrait plus y avoir d’impair jusqu’au championnat du monde.

Une fois de plus, une fois encore, la Suisse m’a laissé un souvenir particulier. La dernière fois que j’ai enchainé les régates royales et la dernière manche de coupe du monde c’était en 2014 avec Stany. Je me rappelle qu’à l’époque nous avions manqué de fraicheur psychologique sur la fin : comme usée par cette « tournée » trop longue et trop dense. Nous étions pourtant sortis victorieux ; mais l’accumulation du stress, des déplacements, des régimes nous avait essoufflés nerveusement.

Cette année le scénario était différent : notre défaite en finale à Henley contre le bateau néozélandais avait boosté notre moral. Nous n’avions qu’une envie en arrivant sur le Rotsee…en découdre pour noyer notre frustration (cf : article précédent). Pourtant, malgré ce contexte, il me sembla  important d’alerter Pierre sur la difficulté que représentait un tel enchainement. Au final, l’envie l’emporta sur le reste ; et c’est à plus de 40 coups d’avirons par minute que nous bouclâmes ce 2000m. De leur côté, nos amis italiens furent aussi redoutables que prévu. Cette jeune embarcation risque encore de progresser, il faudra la surveiller de près à Sarasota. Sur ce week-end, allemands et les anglais étaient absents. Les premiers pour une raison inconnue, quant aux autres, nous savons qu’un des rameurs s’est gravement blessé au dos. Il est donc peu probable que l’embarcation anglo-saxonne soit la même aux USA. Affaire à suivre…

La semaine qui suivie eut des gouts de vacances. D’abord parce que le programme d’entrainement était allégé, mais aussi parce qu’il était prévu que je passe trois jours sur Bergerac. Habitant à Valenciennes et n’étant pas loin de Bruxelles, c’est en avion, par vol direct, que je suis descendu là-bas. Ce séjour au soleil et entre amis m’a vraiment ressourcé. Je crois que ces moments de convivialité me manquent de plus en plus. Un jour viendras, je ne me poserais plus la question de savoir si je peux le faire parce que le programme d’entrainement me le permet.

Quelques jours plus tard nous étions de retour en stage. Toujours à Bellecin. Pour une grosse semaine cette fois. Ce regroupement aura fait le trait d’union entre Lucerne et le stage terminal (qui débutera le 17 Août). Ce fut l’occasion de diversifier l’entrainement et de prendre nos vélos pour arpenter les routes du Jura. Heureusement pour nous, toutes nos sorties en bateau et en peloton furent épargnées malgré les caprices de la météo.

La semaine dernière, alors que je passais cinq jours de vacances à Saint Pétersbourg pour me ressourcer avant d’attaquer la dernière ligne droite ; c’est à l’autre bout du monde qu’Alexandra réalisait son rêve : la traversée Tahiti-Moorea à la rame en compagnie de son ancien kiné (Matthieu Forge). Ce projet fou lancé au début de l’année n’a cessé de grandir, de grossir et de murir pour finalement aboutir ce samedi 5 Août. Au-delà de l’aventure humaine qu’ils ont pu vivre, c’est un vrai message d’encouragement et de soutien aux personnes en attente de greffe. Enfin, pour ceux qui se demandent où s’arrêtent les rêves, demandez à Alexandra…


Welcome to Poznan

15/06/2017

Crédit Photo : FFA (Lionel Piquard)

Racice – Valenciennes – Lyon – Bourges – Valenciennes – Aiguebelette – Bergerac – Aiguebelette – Poznan…

Les voyages forment la jeunesse parait-il ! Mais disons plutôt qu’ils donnent au temps une toute autre dimension. Et parfois même, à cette fréquence, l’impression de ne pas pouvoir en profiter… mais ça reste éminemment plus grisant que la routine (bien qu’elle puisse me manquer par moment).

Nous ne sommes restés qu’une semaine sur Aiguebelette pour préparer cette Coupe du Monde. Cela peut paraitre court, mais c’est un format qui me plait. En effet, l’enchainement des compétitions à cette période modifie quelque peu notre rythme : les grosses séances d’entrainement se font essentiellement à la maison, tandis que le travail de vitesse se fait en stage. Il y a beaucoup plus d’alternance entre les cycles de « charge » et de « décharge ». Le repos est donc plus présent pour respecter le principe de surcompensation et garantir une forme minimum pour chaque régate. En résumé (et pour caricaturer), notre quotidien se résume à faire des courses et nous reposer. S’il n’y avait pas de régime au milieu de tout ça, ce serait probablement le meilleur moment de la saison. Mais indépendamment de sa durée, notre stage en Savoie s’est bien passé. La météo a été bonne et nous avons pu ramer tous les jours. Le bateau glisse de plus en plus et nous sentons bien que les kilomètres nous aident à progresser. Le moral est donc bon et nous sommes pressés d’en découdre.

Les tirages viennent de tomber. Il était annoncé que nos amis italiens seraient absents, mais la surprise vient aujourd’hui des anglais. Initialement inscrits sur la liste des engagés, ils sont donnés forfait. Nous n’en savons pas plus pour le moment, juste que plusieurs autres bateaux de la flotte anglaise sont dans le même cas. Donc affaire à suivre…Chez nous, d’autres embarcations se sont aussi retirées. Nous ne nous retrouvons plus qu’à douze. Le système de qualification se voit donc aussi modifié. En conclusion : si nous remportons notre Série demain midi nous serons directement qualifiés pour la finale de dimanche. Une véritable aubaine pour le régime. Car même si nous sommes au poids, les pesées officielles restent astreignantes !

Voici donc nos adversaires sur l’Éliminatoire :

JAPON 1 / JAPON 2 / FRANCE / PÉROU / ALLEMAGNE / CHINE 2

Course prévue à 12h40 ! Pour résumer, seul le vainqueur ira directement en finale, les autres devront passer par les repêchages. Pour l’instant nous ne connaissons que les allemands. C’est un bateau en reconstruction qui risque d’avoir progressé depuis le championnat d’Europe. Pour les autres, c’est l’inconnue. Il faudra donc rester vigilant !

A demain !


Here we go !

25/05/2017

Crédit Photo : Lionel Piquard

Nous y sommes, moins de 24h nous séparent de notre première course maintenant. Ce championnat d’Europe va définitivement lancer la saison internationale.

La préparation sur Bellecin aura été courte mais parfaite. Les conditions météo auront été bien meilleures que sur le dernier stage. De quoi optimiser chaque séance avant d’arriver ici. Une excellente chose, car les bassins de compétitions ne sont pas réputés pour leur calme et leur tranquillité…ils sont plutôt des lieux d’égarements techniques, d’usure psychologique, d’agacement et de frustration. Car le trafic et la vague de fond forment une onde permanente, instable, imprévisible et inconfortable. Il est donc important d’arriver sur place avec des certitudes techniques pour éviter de se perdre ; et chercher quelque chose en réalité inaccessible à l’entrainement sur site. La sortie d’hier et de ce matin se sont donc bien passées malgré tout.

Bien que le voyage se soit fait en deux temps, l’enchainement n’a pas été trop sollicitant. Le physique ne semble pas avoir été impacté par notre périple. Après 10 ans, je pensais avoir écumé tous les bassins internationaux, en vain. C’est la première fois que je mets les pieds en république tchèque. Il s’agissait aussi de mes premiers coups de pelles. L’hôtel où nous sommes hébergés est bien. Nous le partageons avec l’Irlande, la Turquie et l’Azerbaïdjan. La navette met 30’ pour nous amener au plan d’eau. Sur place, le cadre est rural ! Le décor est verdoyant mais peu vallonné : il n’y a presque aucune montagne à l’horizon. L’architecture du site est, quant à elle, « standard ». Le vent dominant semble favorable même si nous avons vu hier qu’il pouvait être tourbillonnant et en rafales.

La « startlist » vient de sortir. Voici notre Série pour demain :

FRANCE / ESPAGNE / FINLANDE / PORTUGAL / SLOVAQUIE / DANEMARK

Nous sommes dans la première manche, celle de 11h20 ! Seul le vainqueur sera directement qualifié pour la demi-finale de samedi. Sur le papier nous héritons du meilleur tirage. Mais comme à notre habitude, nous aborderons cette course avec beaucoup d’envie. Nouvelle olympiade, nouvelle concurrence, il ne faudra pas sous-estimer nos adversaires. L’envie est là, il ne nous reste plus à mettre en application le travail de l’année !


Plus que quelques jours dans le Jura !

19/05/2017

Crédit Photo : Daniel Blin

Ces 10 jours à la maison seront vite passés. Surtout si j’y décompte mon séjour dans le Sud et notre week-end passé entre Calais et Fort-Mahon-Plage. Mais on essaie de profiter au maximum des moments hors stage qu’il nous reste. A cela s’est rajouté un déplacement sur Paris jeudi dernier pour un plateau télé. J’ai aussi repris une activité professionnelle en remplaçant partiellement un confrère sur les jours restant. Le programme était donc bien chargé. Pas le temps de s’ennuyer, ni de se reposer d’ailleurs. Les entrainements et le régime n’ont fait qu’enfoncer le clou. Heureusement la planification du stage est allégée. Nous sommes arrivés mercredi et attaquons demain après-midi le travail de vitesse. Tout va s’enchainer.

La liste des engagés pour Roudnice est connue depuis avant-hier. Elle a été mise en ligne sur internet par la FISA. Nous sommes 21 inscrits au total. Malgré certains changements nous allons retrouver quelques vieilles connaissances. En d’autres termes : italiens, anglais, polonais, allemands ont changé un élément du bateau. Irlandais, portugais et grecs ont gardé le même équipage. Parmi les petits nouveaux on peut compter les autrichiens et les tchèques, d’anciens rameurs poids légers « pointus » convertis à la couple après la récente suppression du 4- au programme des JO. Les grands absents sont les norvégiens. L’un d’eux est inscrit en skiff, mais aucun double n’est engagé pour l’instant. D’après les dernières informations, les heures de courses ne devraient pas poser de souci pour la pesée. Voici une première bonne nouvelle.

Notre voyage en république tchèque se fera en deux temps. Nous quitterons la base de Bellecin mardi pour rejoindre Lyon en voiture, puis prendre le TGV et monter sur Paris. Nous décollerons le mercredi matin de l’aéroport Roissy Charles de Gaulle. Ce n’est pas le plus direct vous me direz, mais cela laissera le temps à la remorque et au matériel d’arriver.

Pour conclure, une petite pensée pour notre équipe de France Junior qui débutera son championnat d’Europe en Allemagne demain matin. On va suivre ça de près. On compte sur vous !


Bellecin et son Jura

04/05/2017

Crédit Photo : Lionel Piquard

Qui l’eut cru qu’en arrivant dans le Jura je trouverais pire météo qu’à Valenciennes. C’est pourtant ce qui est arrivé. A températures égale, l’ensoleillement a été meilleur là-haut qu’ici. Heureusement, nous n’avons pas été convoqués à Bellecin pour faire le plein d’UV. La vocation du stage fut toute autre. Nous sommes là pour prendre des repères avant le début de la saison internationale. Les bénéfices tirés chaque année justifient d’ailleurs son inscription sur l’agenda depuis 2013. Au programme : des kilomètres en bateau, des séances de musculation et deux confrontations franco-françaises.

Petite particularité de ce stage : le nombre. Nous sommes tous réunis depuis lundi soir. Quand je dis tous, je sous-entends homme, femme, poids lourds, poids légers, coupleux, pointus, séniors élites et U23. C’est énorme même si la base à une capacité d’accueil suffisante. C’est la seule fois que ça arrive dans l’année. Je trouve ça super, mais heureusement que l’organisation est réglée comme du papier à musique…car ce serait ingérable sinon. Rien ne semble perturber l’ambiance par contre. Cela reste le point fort du groupe !

Depuis le début je rame en double avec Pierre. Malgré des conditions de navigation rugueuses, la cohésion est vite revenue. Pour les parcours, presque aucun travail de vitesse n’a été fait. Le volume de quelques séances a été réduit par contre. Mais la fatigue était encore présente hier et aujourd’hui. J’aimerais vous dire que tout s’est bien passé mais ce n’est pas le cas. Nous avons pris une bûche en pleine course ce matin. Arrêté net, dérive presque arrachée, nous n’avons pas pu terminer. Beaucoup de frustration évidement, même si d’excellents repères ont été pris hier.

Le stage se termine déjà demain après l’entraînement. Je ne remonte pas de suite dans le Nord. Je vais profiter de ce long week-end pour passer deux jours dans le Sud.

Enjeux important sur les prochaines semaines…le régime ! Les efforts vont progressivement s’intensifier pour arriver à 70kg au championnat d’Europe fin Mai. L’échéance semble encore loin mais il est important de s’y prendre tôt pour que la perte de poids ne se fasse pas au détriment de la qualité à l’entraînement.

Bonne fin de semaine.


De retour en Savoie !

16/02/2017
Crédit Photo : Béatrice Michel

Crédit Photo : Béatrice Michel

Je l’attendais, c’est arrivé ! Nous avons démarré le stage à Aiguebelette lundi après-midi. Pas d’entraînement prévu le jour même, juste le déchargement du matériel, le montage et le réglage des bateaux. Suite aux résultats du dernier test ergo nous ne sommes que quatre coupleux poids légers convoqués : François, Pierre, Stany et moi. Assez malgré tout pour faire deux doubles et mixer les compositions. En plus des séances sur l’eau et en musculation nous avons quatre sorties sur les skis au programme. L’hébergement a exceptionnellement changé pour ce regroupement. Il a été choisi pour optimiser la logistique malgré tous ces déplacements.

Pour le moment les conditions sont parfaites. A part quelques pêcheurs, nous sommes seuls utilisateurs du Lac. La cohabitation se passe bien pour l’instant, chacun respecte son périmètre. Pour notre première sortie sur les pistes de la Féclaz, la neige était suffisante mais pas franchement agréable. Avec ou sans farte, difficile de glisser et de se faire plaisir pour cette reprise. Nous avions pourtant le soleil et la douceur des températures pour donner à cet entraînement un goût de vacances.

Le premier cycle s’est fini avec Pierre ce matin par un B2 bord à bord. De quoi se décrasser et replacer la propulsion au cœur de nos exigences. Demain changement de coéquipier. Pierre montera avec François et je retrouverai Stany. Cela fait presque un an que nous n’avons pas ramé ensemble. Des retrouvailles qui vont forcément rappeler de bons souvenirs.

Bien que le rythme soit soutenu, je profite de ce séjour savoyard pour récupérer les heures de sommeil qui me manquent depuis plusieurs semaines.

Dans le cadre du projet « Rame avec Alexandra », je fais appel à votre solidarité. L’idée est de tourner une mini vidéo (10 secondes maximum) avec votre téléphone pour la soutenir et l’encourager dans son défi. Voici l’adresse à qui envoyer vos productions (cercleavironpolynesien@gmail.com). Je compte sur vous, elle le mérite !


Fin de stage à Prémanon !

16/01/2017

Stage Jura

Enfin rentré sur Lyon. Le stage s’est terminé hier midi sous la neige. Pas moins de 40cm sont tombés la veille au soir. Ces fortes chutes ont bien failli nous retenir là-haut et compromettre notre retour. Heureusement notre véhicule était équipé de pneus adaptés, et les services locaux avaient l’habitude de gérer ce genre d’impondérables. Mais la vigilance et la prudence n’eurent de cesse de nous accompagner tout au long du trajet.

Malgré la bonne humeur générale, certains organismes commençaient à ressentir la fatigue et l’usure. Le froid, l’altitude et la charge d’entraînement font en effet de ce stage l’un des plus durs de la saison. Il n’y a pas eu de grosses blessures, heureusement, mais beaucoup de petits « bobos » sont venus perturber la préparation de certains.

Il reste encore deux semaines à tenir avant de surcompenser pour le test ergomètre de Charléty. Je suis pressé d’y être car la forme semble déjà bien revenue. J’ai l’impression d’avoir retrouvé mon meilleur niveau. J’espère que cette année sera la bonne pour valider officiellement un chrono sous les six minutes ! Mais pour l’heure, retour à l’entraînement dès demain matin. Les températures annoncées dans les prochains jours ne présagent rien de bon. Presque que du négatif, même en pleine journée. Je me vois difficilement tenir moralement et faire exclusivement de la salle si le lac gèle. Croisons les doigts pour que cela n’arrive pas !