The poursuit of Happiness

22/10/2017

Crédit Photo ; Matthieu Forge

Pour ceux qui auraient lu le dernier article de Julien Bahain, il n’existe pas de bon moment pour mettre un terme à sa carrière, il n’y a que le moment que l’on choisit. C’est donc avec beaucoup d’émotions que je vous annonce la fin de la mienne ! J’ai fait le choix de raccrocher en Février, il y a 8 mois. Comme vous pouvez le constater, c’est une décision que j’ai pris le temps de murir. Je voulais être sûr qu’il ne s’agissait pas d’un simple coup de Blues. J’ai donc attendu la fin de saison …et aujourd’hui c’est encore le cas, je suis fatigué ! Je vous rassure, je ne suis pas fatigué de gagner ; je suis fatigué de tous les sacrifices que cela implique. Pourtant, au vu de nos dernières performances, l’horizon semblait dégagé ; ils laissaient même entrevoir une olympiade aussi prometteuse que la précédente…Mais cela fait plus de 10 ans, plus de 10 ans que je m’impose cette rigueur. Un mode « no life » qui s’applique matin et soir, week-end et jours fériés. Le tout au détriment de la vie personnelle et du reste…car le « problème » du haut niveau, c’est que la concurrence ne vous attend pas. C’est binaire. C’est tout ou rien ! En aviron le talent ne suffit pas. Il n’y a pas de petites concessions ! Rigueur, travail, et patience sont les ingrédients ! Je l’ai compris très tôt et ai appliqué la recette à la lettre. C’est ce qui me permet aujourd’hui de contempler le chemin parcouru sans regret. Le groupe poids léger a encore de belles saisons à vivre…même sans moi ! C’est ce qui me déculpabilise un peu. J’ai « replongé » un an après les JO pour finir de partager mon expérience. J’ai l’impression d’y être arrivé. Mon dernier objectif a été atteint, il est donc temps de raccrocher.

J’ai la chance d’avoir un métier qui me plait, d’autres centres d’intérêt, et des projets plein la tête. Comme Julien (Bahain) vous l’a témoigné, la transition ne sera pas facile. J’espère néanmoins que tout cela me permettra de tourner la page et d’attaquer ce nouveau chapitre en douceur. Mais quoi qu’il arrive, je suis content d’avoir plus de temps aujourd’hui pour profiter de ma famille et de mes amis.

Je vais continuer à faire du sport, mais je sais déjà que certaines choses vont me manquer, c’est indéniable : l’ambiance des stages, les LXMEN…rendre fier tous les gens qui m’ont soutenu…en ces termes je vous remercie. Votre aide aura été précieuse toutes ces années.

Je continuerais de parrainer les juniors si on me l’autorise, je continuerais de le ferais avec le même plaisir. Mais il serait plus logique que d’autres reprennent le flambeau. Le l’ai toujours fait de mon propre chef, par envie, par choix, par conviction, mais surtout parce que cela m’a manqué à leur âge. Je me rappelle qu’en junior, ce qui me faisait rêver, c’était de voir les meilleurs séniors ramer. A chaque génération ses champions…il serait donc mieux que des rameurs encore en activité donnent un peu de leur temps (surtout ceux que j’ai parrainé et qui sont aujourd’hui membres de l’Équipe de France).

Je vous rassure, je ne vais pas fermer ce Blog, je vais continuer à l’alimenter. J’ai encore l’intention d’écrire et de partager certaines choses avec vous, certaines expériences…à commencer par mon livre que je cherche à éditer. Tout est prêt : mise en page, couverture…il ne me reste qu’à trouver un distributeur pour vous le rendre accessible.

Bien à vous !

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Bras dessus, bras dessous !

01/10/2017

Crédit Photo : FFA (Daniel Blin)

Bras dessus, bras dessous. C’est ainsi que se termine ce championnat du monde ! J’ai longtemps hésité pour l’illustration, mais j’ai finalement choisi cette photo. Je trouvais qu’elle était assez fidèle au moment.

Une finale haletante et pleine de suspense…avec ses péripéties, mais on en rigole déjà ! Le petit « dérapage » au départ ne nous a pas empêchés d’aller chercher ce titre. Cet incident aurait pourtant pu nous crisper ; bien au contraire, il ne fit que décupler notre envie. Le corps peut être surprenant dans ces moments. Face à une situation aussi critique, de stress maximum, il sait trouver des ressources insoupçonnées. Le psychisme y est aussi pour quelque chose. Mais quoi qu’il en soit, j’ai rarement démarré une course avec autant d’intensité et de détermination. Ce fut tellement galvanisant que les 10 coups d’après « suffirent » à reprendre la tête de la course. J’ose à peine imaginer le coup de massue pour nos adversaires. Mais n’était-ce pas l’unique moyen de tuer tout espoir chez eux ? Je crois qu’au fond, nous n’étions pas prêts à partager le gâteau aujourd’hui….et ils l’ont vu ! Mais cela ne les empêcha pas d’attaquer. A chacun son tour : italiens, chinois, polonais, belges…tous tentèrent crânement leur chance. De mon côté, tout semblait s’être arrêté, comme si mon esprit était parti, comme happé, emportant avec lui toute sensation de douleur. Je n’avais qu’une obsession: relancer et mettre le plus d’écart. Nos amis transalpins firent pourtant le « show » dans le troisième 500m, mais leur tentative se solda par un non-lieu, pire, elle aurait pu leur couter leur deuxième à l’arrivée. Quoi de plus dense et plus spectaculaire qu’une course de poids léger ? Vous l’avez vu, jusqu’au dernier coup l’issue est incertaine. Heureusement pour nous, l’écart était suffisant à ce moment pour ne pas subir ! Le « BIP » final fut pourtant une délivrance. Les quelques coups de pelles donnés juste après la ligne évitèrent que l’acide lactique ne monte trop vite. La joie explosa vraiment en posant le pied au ponton. D’abord l’accolade, puis les interviews. S’en suivi la remise des médailles…et la marseillaise ! Quelle plaisir de la chanter ! On ne s’en lasse jamais !

Une fois terminé et rentré au ponton, les contrôles s’enchainèrent : pesée du bateau, puis contrôle anti-dopage pour moi. Un de plus (j’ai décidé d’arrêter de compter). Il fallut ensuite démonter le bateau et le charger dans le container.

Dernier jour de finales demain. Changement de tenue : nous serons dans les gradins pour encourager et supporter les deux doubles TC français (Matthieu/ Hugo et Hélène/Elodie). Quand je vois le niveau de stress que ça génère d’être spectateur et regarder les autres, je crois que je préfère ramer. Mais cette fois, les pelles seront dans leurs mains. Nous ne pourrons qu’user de notre voix pour les accompagner.

Pour ceux qui souhaiteraient revoir notre course, voici le lien (pour les curieux, notre premier coup apparait en « slow motion » tout à la fin).

Je terminerai par des remerciements. Merci pour vos messages instagram, face book ou whatapp ; vos textos, vos mails, vos signaux de fumée, vos pigeons voyageurs, vos lettres, vos télégrammes…je n’ai pas eu le temps de répondre à tout le monde mais chacun d’eux m’a touché.

Bien à vous.


Un peu d’actualité

27/09/2017

Crédit Photo : FFA (Lionel Piquard)

Les choses sérieuses vont pouvoir démarrer ! L’attente aura été longue et parfois usante, mais nous connaissons désormais le nom de nos adversaires de demain. Les repêchages se sont déroulés sans grand suspense. Le seul résultat peut-être surprenant vient des allemands : ils se font nettement dominer par le bateau danois que nous avons rencontré en Série.

Voici notre tirage :

ALLEMAGNE / UKRAINE / FRANCE / POLOGNE / ANGLETERRE / ESPAGNE

Course prévue à 17h51. Le LIVE sera disponible sur le site de la FISA. Il faudra terminer dans les 3 premiers pour accéder à la finale.

Sur le papier les deux manches semblent équilibrées. Il faudra se méfier de tout le monde, mais je suis surtout pressé de rencontrer nos amis polonais et savoir s’ils sont revenus à leur meilleur niveau.

Les prévisions n’annoncent pas trop de vent. Pourvu qu’elles disent vrai ! Il risque encore de faire chaud et humide par contre, mais nous commençons doucement à nous acclimater…et j’aime à croire que d’autres en souffre plus que nous.

Sur mon dernier article j’ai oublié de vous raconter à quel point j’ai été chanceux d’être encore nommé pour un contrôle anti-dopage. Le troisième en trois semaines ! Je n’ai rien contre, mais à ce rythme je risque l’anémie.

Pour ceux qui n’auraient peut-être pas été informés, la Société Nautique d’Avignon fêtera ses 70 ans le 21 Octobre prochain. Cette vieille dame a été fondée en 1947, la même année que le célèbre Festival d’Avignon. La journée sera animée par de nombreuses activités et se clôturera par une soirée. Si vous êtes un « ancien » du club, ou que vous aimez l’aviron, ou que vous êtes seulement dans les parages, venez nous rejoindre. Voici le formulaire d’inscription. J’espère que nous serons nombreux à nous réunir autour d’un verre.

J’aimerais enfin parler d’un sujet plus grave. J’ai appris dans la Presse le montant des frais engagés pour envoyer certains acteurs du monde sportif à Lima (pour l’attribution officiel des JO de 2024 par le CIO). S’il s’avère que les chiffres disent vrai et qu’il s’agisse bien d’autant d’argent public dépensé, je suis consterné ! Le vainqueur de cette soirée était pourtant connu d’avance ! Donc pourquoi « dilapider » ces précieux deniers quand on voit la souffrance financière des clubs et l’asphyxie dont pâtit tant d’associations ? J’espère que des réponses nous serons rapidement apportées, car la note est déjà salée pour un évènement qui ne devait presque « rien » couter !

Bonne soirée.


Sarasota

17/09/2017

Crédit Photo : FISA

Bonsoir, voici quelques lignes pour vous livrer les premières impressions.

Le voyage s’est bien passé ! Malgré 10h de vol, le trajet entre Paris et Atlanta n’a pas été trop long. Aucune grosse turbulence n’a été ressentie. Aux USA, le passage des douanes fut nettement moins rapide. La sécurité reste un sujet sensible chez nos amis américains. Quiconque veut entrer doit montrer patte blanche. Au final, les 4h de correspondance pour Sarasota ne furent pas superflues.

Une fois arrivé, le Bus mit moins de 30 minutes pour nous déposer à l’Hôtel. Aucune critique à faire sur l’hébergement : les chambres sont spacieuses, la literie est excellente, l’isolation phonique est bonne et la restauration est très correcte. En tant que poids légers nous étions relativement inquiets sur la qualité des repas qui allaient nous être proposés ; mais objectivement, tout a été pensé pour que nous puissions manger équilibré.

Nous sommes allés ramer samedi matin. Aucun dégât ni sinistre n’apparaissait depuis la route. Sur les 17km qui nous séparaient du bassin, tout semblait normal. Ce fut un premier soulagement, car je n’imaginais pas ramer au milieu de ruines, ou face à des gens ayant perdu leur maison. Pour autant, presque rien n’était encore installé sur place. On devinait le retard causé par l’ouragan, mais tout semblait programmé pour n’être prêt que le jour J. Heureusement, en 24h seulement, le paysage a déjà bien changé et beaucoup de choses ont « poussé ».

Le plan d’eau, quant à lui, n’a rien d’exotique ou de bucolique. Il est coincé d’un côté par la voie rapide, de l’autre par un immense centre commercial ; et les pilonnes électriques semblent avoir remplacés les arbres. Il est presque impossible de trouver de ombre alors qu’il fait chaud, humide et que la couche d’ozone semble trouée tellement les U.V attaquent. Le vent dominant n’est pas dans l’axe et balaie tout le bassin. Il n’avantage aucune ligne d’eau. Les chronos ne seront pas très bons par contre s’il continue à souffler dans cette direction et avec cette intensité. La couleur de l’eau est loin des reflets turquoises d’Aiguebelette. Elle est couleur terre, couleur coca-cola pour être plus précis. Elle ne donne pas envie d’y mettre un doigt. Ce n’est pourtant pas l’envie qui manque avec les températures qu’il fait.

Je n’ai presque pas ressenti les effets du décalage horaire. C’en est presque inquiétant. Je me lève très tôt mais je n’ai pas de mal à tenir la journée et les entrainements. Je pense que la forme est déjà bien remontée. Je ne vois que ça comme explication pour l’instant.

Nous avons fini notre dernière sortie de 20km ce matin. Le kilométrage va maintenant diminuer pour favoriser la surcompensation. Les sensations dans le nouveau bateau sont bonnes. Les appuis sont plus denses qu’à Bellecin mais nous commençons déjà à nous y habituer.

Plus qu’une semaine, le compte à rebours a commencé !


Selon vous, où s’arrêtent les rêves…

09/08/2017

Bonsoir, je n’ai pas pour habitude de vous laisser sans nouvelles aussi longtemps, mais certains impératifs m’ont empêché de vous écrire depuis Lucerne. Il ne s’agissait pourtant pas d’un manque d’envie ou d’inspiration. Mais rassurez-vous il ne devrait plus y avoir d’impair jusqu’au championnat du monde.

Une fois de plus, une fois encore, la Suisse m’a laissé un souvenir particulier. La dernière fois que j’ai enchainé les régates royales et la dernière manche de coupe du monde c’était en 2014 avec Stany. Je me rappelle qu’à l’époque nous avions manqué de fraicheur psychologique sur la fin : comme usée par cette « tournée » trop longue et trop dense. Nous étions pourtant sortis victorieux ; mais l’accumulation du stress, des déplacements, des régimes nous avait essoufflés nerveusement.

Cette année le scénario était différent : notre défaite en finale à Henley contre le bateau néozélandais avait boosté notre moral. Nous n’avions qu’une envie en arrivant sur le Rotsee…en découdre pour noyer notre frustration (cf : article précédent). Pourtant, malgré ce contexte, il me sembla  important d’alerter Pierre sur la difficulté que représentait un tel enchainement. Au final, l’envie l’emporta sur le reste ; et c’est à plus de 40 coups d’avirons par minute que nous bouclâmes ce 2000m. De leur côté, nos amis italiens furent aussi redoutables que prévu. Cette jeune embarcation risque encore de progresser, il faudra la surveiller de près à Sarasota. Sur ce week-end, allemands et les anglais étaient absents. Les premiers pour une raison inconnue, quant aux autres, nous savons qu’un des rameurs s’est gravement blessé au dos. Il est donc peu probable que l’embarcation anglo-saxonne soit la même aux USA. Affaire à suivre…

La semaine qui suivie eut des gouts de vacances. D’abord parce que le programme d’entrainement était allégé, mais aussi parce qu’il était prévu que je passe trois jours sur Bergerac. Habitant à Valenciennes et n’étant pas loin de Bruxelles, c’est en avion, par vol direct, que je suis descendu là-bas. Ce séjour au soleil et entre amis m’a vraiment ressourcé. Je crois que ces moments de convivialité me manquent de plus en plus. Un jour viendras, je ne me poserais plus la question de savoir si je peux le faire parce que le programme d’entrainement me le permet.

Quelques jours plus tard nous étions de retour en stage. Toujours à Bellecin. Pour une grosse semaine cette fois. Ce regroupement aura fait le trait d’union entre Lucerne et le stage terminal (qui débutera le 17 Août). Ce fut l’occasion de diversifier l’entrainement et de prendre nos vélos pour arpenter les routes du Jura. Heureusement pour nous, toutes nos sorties en bateau et en peloton furent épargnées malgré les caprices de la météo.

La semaine dernière, alors que je passais cinq jours de vacances à Saint Pétersbourg pour me ressourcer avant d’attaquer la dernière ligne droite ; c’est à l’autre bout du monde qu’Alexandra réalisait son rêve : la traversée Tahiti-Moorea à la rame en compagnie de son ancien kiné (Matthieu Forge). Ce projet fou lancé au début de l’année n’a cessé de grandir, de grossir et de murir pour finalement aboutir ce samedi 5 Août. Au-delà de l’aventure humaine qu’ils ont pu vivre, c’est un vrai message d’encouragement et de soutien aux personnes en attente de greffe. Enfin, pour ceux qui se demandent où s’arrêtent les rêves, demandez à Alexandra…


Les frères Onfroy sauvent le bilan français

03/07/2017

Crédit Photo : FFA (Emmelieke Odul)

Forcément déçu, car perdre est une option mais jamais un objectif quand on fait du sport de haut niveau. Mais au-delà du résultat brut, je suis surtout frustré ! Frustré de ne pas avoir pu m’employer physiquement à 100%. Je mets toujours un point d’honneur à ce que ce soit le cas, mais il arrive parfois que certaines choses ne dépendent pas de nous. C’était peut être le cas aujourd’hui. Et ça me rend encore plus triste sachant que nous représentions la catégorie. J’aurais préféré être battu en m’écroulant sur la ligne d’arrivée, en n’ayant plus suffisamment de force pour regagner le ponton. Tant pis ! Nous sommes malgré tout restés combatifs jusqu’au bout dans ce match à mort par équipe…Pourtant, tout avait bien commencé : nous avions fait un bon départ et la direction ne nous avait pas causés de problème. Nous comptions alors une pointe d’avance jusqu’à ce que la machine néozélandaise se mette en route. A ce moment le ratio s’inversa et l’écart se creusa. Mais nous restions au contact, et je sentais que nous pouvions suffisamment nous exprimer pour les faire douter…Hélas, dans un duel sans balisage pour matérialiser le couloir de chacun, le chassé-croisé peut vite arriver. Les connaisseurs le savent, cela fait partie intégrante du jeu ici à Henley. Mais n’ayant jamais connu cette situation auparavant, je dois admettre que ce n’est pas exactement la finale à laquelle je m’attendais. Enfin bon, tout cela appartient désormais au passé. Nous avons déjà les yeux rivés sur Lucerne. Départ ce midi en avion, un vol direct Londres-Zurich, pour finir ensuite avec le Bus jusqu’à l’hôtel. Nous allons courir ce matin pour garder la possibilité de refaire une petite séance ce soir, si le cœur nous en dit.

Je conclurai avec la superbe performance de notre paire française. En remportant cette édition, Théophile et Valentin Onfroy auront décidément montré qu’ils étaient les plus forts en « deux sans barreur ». Chapeau bas messieurs, je crois que vous garderez bien au chaud ce petit gobelet en souvenir !


Régates Royales d’Henley 2017

01/07/2017

Crédit Photo : FFA (Emmelieke Odul)

Quand une chose continue d’exister au-delà des siècles, c’est qu’elle a acquis une forme d’immortalité. Les Régates Royales d’Henley semblent en faire partie. Créées pour la première fois en 1839, elles ont su résister au temps ! Les bateaux bois sont remplacés par les bateaux carbones, le parking compte moins de voitures d’exceptions, mais pour le reste rien n’a changé : le format de course est toujours de 550 yards (2112m), il n’existe pas de catégorie de poids (poids légers et poids lourds sont mélangés), l’opposition se fait encore sous forme de duel (où seul le vainqueur continue l’aventure), les deux embarcations partagent le même champ de course (aucune ligne de bouée n’est matérialisée pour délimiter le couloir de chacun), le public profite du spectacle depuis la berge ou depuis les bateaux de plaisance…Enfin, il est impératif de respecter le « Dress Code » pour accéder aux tribunes : costard-cravate pour les hommes, chapeau et robe pour les femmes.

Je n’ai participé qu’une seule fois à cette compétition, c’était en 2014 avec Stany. Nous avions remporté la finale devant le bateau britannique. Faisant suite à notre 4ème place de Londres, cette victoire garde encore aujourd’hui un goût particulier : car nous avions battu un bateau poids lourds, anglais, dont les deux rameurs appartenaient au Leander Club (club local : le plus important d’Angleterre), qui plus est, à la photofinish. Bref, cet exploit d’un jour nous valut d’être nommé par la presse « plus belle course de la journée », et de voir nos noms gravés à jamais sur le trophée du DOUBLE SCULLS CHALLENGE CUP.

Malgré l’énorme volonté des organisateurs de conserver la tradition de cette compétition, l’édition 2014 fut la dernière à échapper aux rediffusions. Car depuis trois ans maintenant, les courses peuvent être visionnées en direct sur internet. Pour autant, l’essence même des régates est conservée, de quoi rassurer les puristes.

Nous sommes arrivés là-bas mercredi soir. Autre spécificité : nous sommes logés chez l’habitant. La répartissions se fait par petits groupes ou par embarcation. Il s’agit généralement d’anciens rameurs, ou de spectateurs, mais pas que ! La ville restant à taille humaine, tous les déplacements se font à pied. Pour l’instant la foule reste modérée, mais cela risque de changer ce week-end.

L’affluence sur le bassin est telle qu’il est difficile de faire de l’aviron de qualité. Hélas, cela fait aussi parti du folklore. En tant que membres de l’Equipe de France nous avons attaqué la compétition hier sur les quarts de finale. Nous sommes tombés contre un double anglais : deux jeunes rameurs poids légers champions du monde U23 l’an dernier. De très bons clients pour entamer cette compétition. La bagarre fut âpre les 800 premiers mètres, avant qu’ils ne cèdent et nous offrent la victoire. Dans deux autres manches, les rameurs poids légers eurent raison de leurs homologues poids lourds (Italiens et Allemands). Nous tombons donc cette après-midi en demi-finale contre le bateau transalpins, le même qu’au dernier championnat d’Europe de Racice. Le combat risque d’être encore plus relevé. Surtout dans une configuration pareille, où il n’y a pas de deuxième mais juste un vainqueur et un vaincu.

Rendez-vous donc aujourd’hui à 15h pour le duel. Voici le lien pour suivre en Live !