Une belle brochette !

05/02/2017
Crédit Photo : FFSA (Lionel Piquard)

Crédit Photo : FFSA (Lionel Piquard)

Quand vous pronostiquez et tombez aussi loin de l’objectif, il est dur de cacher sa frustration, malgré ce 6’03’’2 dont je reste très fier !

Comme beaucoup j’imagine, c’était la première fois que je ramais à Charléty. Tous les Opens auxquels je suis allé ces dernières années se tenaient au stade Pierre de Coubertin. Il était donc intéressant d’arriver vendredi après-midi pour s’imprégner de l’ambiance et des lieux. Mais ça m’a surtout permis de tous vous croiser, ou presque : jeunes, moins jeunes, connaissances, amis, professeurs, entraîneurs, bénévoles, éducateurs, accompagnateurs, ou « juste » passionnés ! Les occasions sont si rares dans la saison, heureusement que celle-ci existe.

Comme je vous l’avais annoncé, la fatigue était encore bien présente ces derniers temps. C’est quelque chose de récurrent à cette période-là. Nous sommes généralement au plus bas physiquement dans la saison. Mais c’est important si nous voulons terminer l’année avec le pic de forme escompté. Le contexte n’est donc jamais propice aux grandes performances. Ce qui rend le test de Février toujours difficile…surtout devant des exigences personnelles, qui elles, ne baissent jamais !

La nuit de vendredi à samedi fut pourtant excellente. Couché 21h, réveillé 7h30, un évènement rare ! En me levant la forme n’était pas olympique mais ne semblait pas mauvaise. Du moins assez bonne pour espérer passer définitivement sous la barre des 6’ officiellement.

L’attente à l’hôtel ne fut pas si longue. Le trajet en Tramway non plus. Une fois arrivé, je suis directement allé me peser avec les poids légers. Pas de fausse note en montant sur la balance, un premier pas ! Je suis ensuite monté dans la salle de repos qui avait été spécialement aménagée et qui nous était dédiée. Je m’y suis posé en attendant mon heure. Une fois encore, le temps défila. Deux ergomètres avaient été mis à notre disposition dans l’espace pour que nous puissions démarrer l’échauffement au clame. Les jambes semblaient lourdes au démarrage, mais avec l’expérience je savais que ce n’était pas un indicateur fiable. Car je me suis déjà surpris à faire de bons chronos alors que plusieurs signes physiques sous-entendaient le contraire. Après une vingtaine de minutes, je suis descendu rejoindre la « meute » dans la chambre d’appel. L’autorisation de rentrer dans l’arène et prendre possession de notre machine fut rapidement donnée. J’étais bien encadré, entre Pierre et un Danois, venu spécialement pour l’occasion. Mais pas le temps de papillonner, juste de quoi régler mon « drag factor » (163) et d’enchaîner quelques coups avant que l’arbitre nous demande de poser les manches pour lancer la procédure. De grandes inspirations (presque rituelles maintenant) vinrent chasser le peu de stresse encore présent. Ce fut dans un silence de cathédrale que le compteur lança le départ. Je crois compter quatre coups avant que tout ne s’arrêter et que le faux-départ soit annoncé : Ergo 10 ! Le coupable ne pouvait plus se cacher. De quoi grincer des dents, surtout quand vous savez l’intensité et l’influx nerveux qu’il est nécessaire de dégager pour bien lancer la roue. Mais le mal était fait, il fallait rapidement se reconcentrer et rester prêt mentalement. Tout le monde repris position. Le deuxième fut le bon.

Je voulais faire une course d’attente et prendre le moins de risque possible. Le premier 1000m parut donc long, très long, trop long ! Je contrôlais constamment ma respiration et mon effort, allant même jusqu’à fermer les yeux pour affiner mes perceptions. Je gardais malgré tout un œil attentif sur l’écran, il n’était pas question de s’endormir. Dès la mi-course passée, l’intensité repris un cran. Mais je compris rapidement qu’il serait dur d’atteindre mon objectif du jour en ce samedi 4 Février. Les jambes répondaient moins et le compteur ne cessait de me le rappeler. Mes derniers espoirs résidaient donc dans le sprint final, en vain ! Même scénario qu’à la mi-parcours, la désillusion prit vite le dessus. Il s’agit donc de donner le meilleur jusqu’au bout pour finir sans regret ; bien que la déception ait déjà pris une place importante dans mon subconscient. C’est ainsi que s’acheva le test, en 6’03’’2 (1’30’’9, 1’30’’9, 1’30’’8, 1’30’’6) ! Belle régularité, mais hélas, insuffisante hier. On ne peut pas tout le temps gagner contre la machine !

Heureusement, cette pseudo déception fut rapidement effacée par les performances des copains. Stany et Pierre terminent proches de leurs records personnels. De quoi constituer un podium 100% Lxmen au classement national.

Autre fait marquant de la journée, la rencontre d’Alexandra. Pour ceux qui ne la connaissent pas, voici le lien pour découvrir le défi qu’elle s’est lancée. A partager sans modération bien sûr ! Une belle rencontre, en « vrai » cette fois ! L’épopée se poursuit et prend progressivement forme. A suivre de très très près !

Autre rencontre et autre aventure, celle  de l’AviSourire ! De l’aviron, encore, mais cette fois pour soutenir le handicap. Un projet différent mais tout aussi attachant. Je vous laisse également découvrir les objectifs qu’ils se sont fixés.

Les « grands » médias semblent s’être intéressés à l’évènement. Est-ce un hasard ? Est-ce parce qu’il s’agit d’un championnat d’Europe ? Ou bien juste à cause de la proximité géographique ? Nous ne le saurons probablement jamais. Quoi qu’il en soit nous pouvons lire quelques lignes dans L’Équipe aujourd’hui, et voir quelques images en Replay sur Tout Le Sport (TLS) d’hier. Pourvu que cet élan en appelle d’autres.

Je viens de rentrer sur Lyon. Au menu ce soir, crêpes ! Pour ma bonne conscience, je n’ai pas souhaité fêter la chandeleur jeudi soir. Je m’étais promis d’en faire quelques-unes une fois le test ergomètre passé. C’est donc chose faite !

Le week-end n’aura pas été de tout repos, et la semaine à venir est encore bien chargée. Nous repartons en stage sur Aiguebelette lundi 13 Février. Je suis impatient d’y être pour enfin me poser et souffler.

Bonne soirée.


Charléty !

03/02/2017

Ergomètre

C’est à peine croyable, mais le temps me manque pour vous écrire et vous faire partager mon actualité. Depuis le retour de Prémanon il n’y a pas eu de retour à la normale. La routine n’a toujours pas repris le dessus, bien au contraire !  Les sollicitations se sont enchaînées alors qu’elles s’étaient légèrement clamées à Noël. Tout a démarré lundi 16 par les vœux de la Compagnie Nationale du Rhône. Il était important que je sois présent pour les remercier de leur soutien sur l’année olympique. 48h plus tard je me rendais à l’ENTPE, une école d’ingénieur basée à Vaulx-en-Velin, pour partager mon expérience devant les enseignants et les étudiants. Il semblerait que mon parcours sportif et universitaire ait éveillé la curiosité de certains ; car les questions furent nombreuses. Il fallut d’ailleurs écourter mon intervention pour que j’arrive à l’heure au cabinet pour mes patients. Moins de deux jours plus tard je montais sur Paris avec Pierre pour tourner un court métrage. Je ne vous dévoile pas plus d’informations pour le moment. La vidéo sera diffusée sur les écrans cette année ! Je ne manquerais pas de vous indiquer le jour et l’heure. Après ce passage éclair sur la capitale cap sur Avignon. Le week-end s’annonçait aussi chargé. J’aurais rêvé de me poser, ne serait-ce qu’une heure. Mais à choisir, il était plus agréable de profiter de la famille et des amis.

Ce rythme infernal n’était pas près de s’arrêter.

La semaine écoulée fut toute aussi intense. Je suis intervenu mardi dernier pour une entreprise sur Décines. J’ai assisté aux vœux du conseil de l’ordre des kinés du Rhône le jeudi d’après. Et je suis redescendu dans le Sud le vendredi pour participer à la remise des prix de la ville, ainsi qu’à la soirée organisé samedi par le club pour la Galette des Rois. Je suis enfin passé en Mairie cette semaine pour renouveler mon passeport.

Toutes ces absences n’ont fait que densifier mon activité professionnelle. Sans parler du gel. Avec ces températures, le lac de Miribel est complètement pris dans la glace depuis vingt jours. Tel un robot, je n’ai cessé d’enchaîner les séances en salle, essentiellement sur l’ergomètre. La période s’y prêtait, mais elle n’aura pour autant dissimuler la lassitude et la fatigue imposée par la machine infernale.

La programmation s’est allégé depuis lundi…il était temps ! Je commençais à ressentir de gros signes de fatigue. Tels des oiseaux de mauvais présages, ils vous rappellent que la blessure n’est pas loin, que le corps atteint ses limites. Il était donc impératif de levé le pied. Dans l’ensemble, les temps réalisés cette semaine sont bons et me laissent espérer un bon chrono sur le test de demain.

Je profite de cette convocation sur Paris pour voir la famille et les proches. C’est la raison pour laquelle je suis monté hier soir sur la capitale et ne redescendrais que dimanche midi sur Lyon. Les occasions sont si rares, autant ne pas le rater.

Rendez-vous donc demain vers 13h30 pour le dénouement !


Third time under the 6′

04/12/2016

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Cela faisait longtemps que je n’avais pas fini une semaine sur un repos dominical. Un vrai jour « off ». Bien mérité en tout cas après la semaine écoulée et la journée de tests d’hier. Mais reprenons l’histoire du début. Je vous avais quittés en vous expliquant l’intérêt du test incrémental. Pas de record à la clef pour moi cette année, mais un résultat laissant espérer une bonne performance sur le test ergomètre.

Après avoir clôturé le stage par cette évaluation, je suis rentré sur Avignon pour assister à l’Assemblée Générale du club. Le bilan fut bon pour cette 69ème édition. La soirée s’est même terminée sur une ambiance Latine pour fêter le titre de Rio. La routine a ensuite repris ses droits pour quelques jours. Le programme d’entraînement s’est lui allégé pour respecter le principe de surcompensation. Les scores des différentes séances confirmèrent d’ailleurs mes possibilités physiques du moment. Il fallut par contre gérer le poids, car après deux semaines à Tahiti et une semaine à l’Hôtel la balance s’était envolée.

Puis arriva ce Jeudi 1er Décembre, et cette convocation à l’Élysée pour une récompense en tant que citoyen français. De manière traditionnelle, les médaillés olympiques sont reçus dans ce lieu de prestige pour être décoré par le président de la république. A ce privilège se rajoutait l’ambiance, celle de sportifs réunis pour célébrer leurs performances de l’été. Pour la première fois, athlètes olympiques et paralympiques étaient convoqués ensemble. Nous étions presque cent au total. Les distinctions n’étaient pas exactement les mêmes selon la couleur de la médaille. Ce fut la Légion d’Honneur pour Pierre et moi. Quelle fierté de porter un insigne aussi prestigieux et symbolique ! Mais le retour à la réalité fut assez rapide. Une dernière grosse journée m’attendait le lendemain. Une ultime avant le test ergomètre… A mon retour de Tahiti je redoutais cet instant. Je me savais moins entraîné, et face à la machine on ne peut jamais tricher. Elle vous rappelle chaque kilomètre manqué, chaque séance de musculation ratée ! Mais la confiance était bien revenue ces derniers jours, notamment grâce aux scores des derniers entraînements. J’en étais même arrivé à pronostiquer sous les six minutes.

En me levant hier, la forme semblait correcte. J’étais dans la dernière manche, celle de midi. Un horaire peu habituel. Mais cela n’allait rien changer au résultat final. Le premier chiffre, celui de la balance, était rassurant. La journée pouvait donc commencer sans stress. Après un bon échauffement j’ai échangé avec l’entraîneur pour connaître sa vision et la marche à suivre. La stratégie était simple : être régulier du début à la fin, quitte à accélérer dans les derniers mètres si l’énergie me le permettait. J’aime ce genre d’épreuve, parce qu’il n’existe aucun suspense. Vous vous battez contre vous-même. Pas de place au doute ou à l’incertitude si vous connaissez vos capacités du moment. C’est donc avec sérénité que j’ai lancé la roue et suis rapidement passé à mon rythme de croisière. Une course d’attente, une de plus…mais qui finit aussi par payer. Pourtant, à 300m de l’arrivée il fallut finir sur des chapeaux pour passer sous les six minutes. Tout juste en 5’59’’9 ! J’ai bien cru que ça ne passerait pas. Tout s’est probablement joué sur le dernier coup. Il n’était donc pas question de s’arrêter avant. Au final… pas de record, mais beaucoup de fierté de passer une troisième fois sous la barre mythique des six minutes. La récupération fut nécessaire, surtout qu’un autre test, à pied cette fois, nous attendait l’après-midi. Je peux vous assurer que la nuit fut bonne.

La semaine qui arrive va être musclée. Il est prévu que je monte sur Lille dès jeudi. L’activité au cabinet va donc se densifier si je veux voir tout le monde. Sans parler du programme d’entraînement qui s’annonce également intense…


Gravelines !

04/10/2016
Crédit photo : FFSA (Lionel Piquard)

Crédit photo : FFSA (Lionel Piquard)

Comment aurais-je pu imaginer finir l’année de si belle manière ! Ce week-end clôture probablement la meilleure saison de ma carrière. Et à chaque médaille son histoire !

Celle d’avant-hier a une saveur particulière. Le goût du partage et de l’amitié avec mon coéquipier et partenaire de club Julien Gazaix. C’est lui qui m’aura accompagné tous les jours à l’entrainement ces deux dernières années. Un soutien physique et moral quotidien indispensable quand on vise l’olympe. Finir sur ce titre en double toute catégorie avec lui restait le meilleur dénouement possible.

Il fallut attendre vendredi pour faire notre première sortie. Impossible de se retrouver avant pour préparer le bateau : nos agendas respectifs ne collaient tout simplement pas. Heureusement, ces quelques kilomètres suffirent à nous redonner confiance.

Chaque course allait avoir son importance. Car il ne suffit pas de se sentir à l’aise et se faire plaisir pour aller vite. Chaque parcours serait l’occasion de prendre des repères, d’affiner notre tactique et de progresser. L’adaptabilité était le maitre-mot.

Sur les conseils de l’entraineur, l’enjeu de la demi-finale n’était pas nécessairement de gagner, mais d’assurer une qualification. Pari risqué puisqu’en terminant deuxième derrière Toulouse nous prenions le risque, si la météo l’imposait, de se voir placer du « mauvais » côté pour respecter l’équité des couloirs. Mais seul l’effet de surprise nous aurait permis de remporter la finale, il fallait donc tenter ! Dimanche, malgré le vent et la vague, le comité d’organisation conserva l’attribution initiale des lignes d’eaux. Les dés venaient d’être lancés. Il était maintenant de notre responsabilité de saisir l’opportunité. Pendant l’échauffement au sol, la stratégie semblait claire pour Julien et moi : faire le moins de fautes possibles et ne pas partir trop fort, car la course allait être longue ! Le plan était simple et clair, jusqu’à ce que l’entraineur partage son point de vue : « les gars, partez à fond, essayer d’en mettre le plus possible sur le premier 1000m ; car si vous les faites douter à ce moment, ils se durciront… ». Je trouvais ce schéma de course un peu fou. Surtout moi qui affectionne les attaques dans le troisième 500m. Je restais donc très dubitatif. Mais la confiance qui anime depuis tant d’années notre relation ne m’a pas longtemps fait douter.

L’échauffement sur l’eau fut difficile mais indispensable pour donner les dernières consignes techniques. Avant de rentrer dans les starting-blocks nous échangeâmes quelques mots avec Julien : «  on tâche de ne pas trop amener l’arrière, de ne pas rester « tancké » derrière pour éviter au maximum les fautes. Ce sera le meilleur moyen de garder la coque au-dessus de l’eau. Et tant pis si on a l’impression de se raccourcir, il faut surtout garder le rythme, c’est la priorité ! ».

Une fois installé dans au ponton de départ, l’attente fut interminable. Le bassin moutonnait et le vent rendait l’alignement presque impossible. L’arbitre décida de donner un départ rapide par compassion, ou dépit…

Dès que le feu changea de couleur je n’eus d’attention que pour la technique. Dans ma tête je ne cessais de répéter « pas de fautes, surtout pas de fautes… ». Quelques petits accrochages venait ici, là, mais rien comparé à nos concurrents. Chaque coup qui passait nous donnait un peu plus d’avance. L’écart se creusa progressivement et finit par se stabiliser à ma mi-parcours. Les attaques de nos poursuivants commencèrent à se succéder mais il était déjà trop tard. Nous nous étions mis à l’abri d’un quelconque retour. Il fallut surtout assurer et gérer jusqu’au bout pour éviter les grosses fautes. Une fois la ligne d’arrivée franchie ce fut une explosion de joie. Quel week-end, j’ai encore du mal à m’en remettre !

Voici le Lien pour revivre toutes les finales de ce championnat. Je vous joins également le lien vidéo du reportage fait et diffusé dimanche soir sur « Tout le sport ».

Bonne soirée.

I could hardly have imagined finishing the year so fantastically! This weekend, the French Rowing Championships (http://www.gravelinesusaviron.com/gravelines-championnat-de-france-daviron-2016/) marks the end of what has been the best season of my career. And each medal has its own tale to tell!

The medal I won the day before yesterday has its own particular flavour; That of sharing and friendship with my crew- and club-mate Julien Gazaix. He has been there training with me day in and day out, for the past two years. His physical and moral support was essential when aiming for the Olympics. Finishing with this title with him, in the 2x, was the best finale possible.

We had to wait until Friday before the Championships to have our first outing. It was impossible to meet sooner to prepare the boat – with our agendas we just couldn’t fit it in. Thankfully, these few kilometres were enough for us to feel confident once again.

Every race has its own importance. After all, to go fast, feeling relaxed and having fun isn’t enough. Every race is an opportunity to set benchmarks, to refine our tactics and to improve. Adaptability was our motto.

Following our coach’s advice, the purpose of the semi-final was not necessarily to win, but to secure qualification. A risky gamble, since we finished second to last behind Toulouse: if the weather turned, we would have been placed in a lane on the ‘wrong’ side, with tricky conditions. Only the element of surprise would allow us to win the final, but we had to try! On Sunday, despite the wind and the waves, the organising committee maintained the original lane placing. The dice had been rolled. It was now up to us to make the most of the opportunity. During the land warm up, the race strategy was obvious for Julien and me: make as few mistakes as possible and don’t go off too hard, because it was going to be a long race! The plan was clear and simple, until the coach shared his point of view: “guys, go off hard and try as hard as you can in the first 1000 metres because if you let them take you, it will be harder come back at them…”. I thought this race strategy was a bit crazy. Especially since I really like to attack in the third 500 metres. So I was rather doubtful. But the confidence that comes with so many years of training together buoyed me.

The warm up on the water was challenging but essential to give us a last technical practice. Before going to the start we exchanged a few words: “we’ll try to stay with the group, and not be left too far behind, so we avoid making mistakes. That will be the best way of keeping the boat running on the top of the water. And so what if we look like we have shortened up, the really important thing is to keep the rhythm!”

Once on the start, we waited for ages. The water was very rough and the wind made it almost impossible to get straight. The umpire, out of annoyance or pity, decided to start us quickly…

As soon as the lights changed, all I thought about was technique. In my head I repeated continually “no mistakes, just no mistakes…”. There were only a few small slipups here and there – nothing like our competitors. Every stroke we took a little bit more of a lead. Our lead grew progressively larger and then stayed the same, from the middle of the race. The crews chasing us started to catch us up but it was already too late. We had put ourselves well out of reach for any comeback. We just had to keep going until the end and avoid any major mistakes. Once we crossed the finish line we were overcome with joy. What a weekend, I am still struggling to get back to normal!

Here’s the link to watch all the finals from the French Rowing Championships. I also provide a link to the TV coverage broadcast on Sunday evening on “All Sport”.

Good evening.

Traduction : Gillian Shaw


Gold in Rio

14/08/2016
Crédit Photo : Sarien Yaya

Crédit Photo : Sarien Yaya

Bonjour, difficile de vous donner signe de vie depuis hier midi. Nous n’avons eu que peu de temps pour souffler entre les différentes sollicitations « Presse ». Pour une fois qu’il était question d’aviron dans les médias il ne fallait surtout pas rater la fenêtre. Mais revenons plutôt sur cette course qui aura livré un spectacle digne de finale. A forme olympique concurrence olympique. Tout au long de la semaine nous n’avons cessé d’être bousculés et poussés dans nos retranchements. Chaque équipage à sa manière a tenté de déstabiliser le favori pour déceler une faille, ouvrir une brèche, trouver une piste….

Au réveil, en montant sur la balance, ni Pierre, ni moi n’avions de marge de poids. Il fallut attendre et se priver jusqu’à la pesée pour la valider et éviter d’enfiler le k-way. Une entame de journée difficile malgré la bonne forme physique.

De leur côté les prévisions météo n’étaient pas bonnes. Après les nombreuses péripéties et les diverses annulations j’étais inquiet à l’idée que le bassin ne soit pas suffisamment bien pour ramer. Les premières informations confirmèrent les horaires et le comité d’organisation entérina la décision quelques minutes plus tard. C’était bien le D-Day ! Pourtant le vent et la pluie ne cessaient de se faire des politesses, un vrai temps d’hiver, mais avec un thermomètre à 20°C ! Depuis la salle de repos je guettais donc les accalmies et les averses pour deviner à quelle sauce nous serions mangés.

Au moment d’enfiler le collant et d’attaquer l’échauffement Stany profita de l’instant pour me glisser quelques mots d’encouragement. Les yeux dans les yeux, le regard complice, je me suis progressivement éloigné…

C’est sous la pluie que le footing s’est fini. Tout juste le temps de se mettre au sec et de rejoindre le bateau pour écouter les mots de l’entraineur. Rien de neuf, juste une maxime, la maxime qu’il avait choisie pour cette compétition et qui venait rythmer, telle un leitmotiv, les trois courses qui nous attendaient ici. Un discours simple et percutant, des mini-balises techniques à respecter, et beaucoup d’envie pour aller la chercher !

Dès l’embarquement la pluie s’arrêta. Le soleil prit sa place. Le vent tomba aussi et offrit l’un des plus beaux bassins que nous ayons eu.

Une fois installé dans les starting-blocks, plus moyen de faire machine arrière. Le compte à rebours était lancé avec au bout de ces 2000m le graal que tout le monde était venu chercher. Juste avant la procédure de départ quelques mots furent échangés avec Pierre « on fait bien gaffe à la direction, on s’affole pas si ça part vite, on ajuste le moment pour lancer la série dans le troisième 500m……On n’oublie pas de faire notre course, notre course Pierro !! ». Ce furent nos derniers mots. S’en suivit de longues inspirations pour chasser le  stress et ne garder que l’adrénaline positive. L’arbitre appela les équipages, puis les feux s’allumèrent jusqu’à ce que le rouge disparaisse. Ce laps de temps parut une éternité. Mais dès que les dames de nage claquèrent dans les colliers mon esprit reprit le dessus et se focalisa sur la course. Un bon départ mais pas suffisant pour prendre de l’avance sur nos adversaires. Les Norvégiens partirent en trombe et nous concédèrent qu’un petit dixième d’avance après 500m. Malgré l’intensité de cette finale et la petitesse des écarts entre les concurrents, ce fut une course d’attente, une guerre psychologique pour ne pas craquer, ne pas céder à la pression mise successivement sur nous de part et d’autre. Malgré l’attente, j’étais serein. Je ne nous sentais pas en danger, j’avais l’impression que nous maitrisions notre sujet. Au passage de la mi-course Pierre ne prit pas la parole. Ce silence ne m’inquiéta pas, bien au contraire. Il m’apaisa, me donna l’impression de contrôler nos concurrents. Leur retour devenait pourtant menaçant. A 800m de la ligne je pris la décision de lancer une série, notre série ! Cette signature, cette « French Touch » qui caractérise le double poids léger français depuis le début de l’olympiade. L’écart commença timidement à se creuser. A l’entrée des derniers 500m je repris la parole pour enfoncer définitivement le clou. Le bateau prit encore de la vitesse et nous donna assez d’avance pour espérer remporter le titre suprême. Mais moins de 100m avant que le rêve ne devienne réalité, ce fut une lente descente aux enfers : l’acide lactique gagna de plus en plus de terrain. A dix coups de l’arrivée j’étais complètement tétanisé, gorgé par le poison. Mes épaules ne voulaient plus rien entendre et restaient perpétuellement contractées. Le retour fulgurant des irlandais attira mon attention. Je tournai la tête une première fois, puis une seconde. La peur commença à me gagner ; la peur que tout cela nous échappe à la photo finish, le cauchemar absolu. Il ne me restait qu’une seule issue, faire ramer Pierre, ne pas le gêner et bloquer le bateau. Je comptais chaque coup dans ma tête en espérant que ce soit le dernier. Le « BIP » final arriva, enfin….

Ce fut beaucoup d’émotions, et une énorme pensée à Stany ! Nous ne te dirons jamais assez merci !


Et demain….Finale !

11/08/2016
Crédit Photo : Daniel Blin

Crédit Photo : Daniel Blin

Nous y sommes ! Il ne reste qu’une étape, qu’une marche ! Le piège des demi-finales est passé laissant de côté plusieurs favoris : anglais et italiens en ont fait les frais. Ces courses sont vraiment à part. Il n’y a rien à gagner mais tout peut brusquement s’arrêter.

En se levant ce matin, nous n’étions même pas sur de ramer. Les prévisions météo restaient mauvaises et risquaient une fois de plus de compromettre le programme. En arrivant au bassin la nouvelle tomba : pas d’annulation aujourd’hui. Ouf ! Plus qu’une pesée désormais !

En embarquant la forme semblait moins bonne qu’en Série. Je n’arrêtais pas de bailler et mes jambes semblaient engourdies. Il fallut attendre la fin de l’échauffement pour retrouver de l’influx. La procédure de départ et quelques grandes inspirations suffirent à booster mon adrénaline. J’étais prêt !

Le vent commençait à se lever, sans jamais garder la même orientation. Une fois de plus nous allions devoir nous adapter, et être vigilant à notre direction pendant la course.

Nôtre départ fut plutôt bon. Heureusement d’ailleurs, car les quelques mètres d’avance concédés par nos adversaires à ce moment furent presque les seuls. Notre léger ascendant ne nous permit pas de contrôler le reste de la meute. Irlandais, américains et anglais se sont livrés une bataille sans relâche du premier au dernier coup. L’engagement physique fut maximum pour tout le monde. La récupération s’est faite au sol et pas sur l’eau pour éviter de subir le bassin en constante dégradation.

Voici donc le tirage de demain :

IRLANDE / ÉTATS-UNIS / AFRIQUE-DU-SUD / FRANCE / NORVÈGE / POLOGNE

Finale prévue à 10h44 (15h44 en France), sauf si le comité d’organisation estime que la météo et le vent sont trop gênant. Voici le lien pour suivre la course en direct.

Rendez-vous demain donc pour le dénouement.

Bien à vous.


Encore une….

10/08/2016
Crédit Photo : FISA / Igor Meijer

Crédit Photo : FISA / Igor Meijer

Encore une ! Encore une journée sans aviron mais pas sans pesée ! Le bras de fer psychologique suit son cours… Le temps semble long ! L’organisation tente pourtant d’alléger nos souffrances. Mais à choisir, je préfère me serrer la ceinture un jour de plus et ramer dans des conditions décentes plutôt que d’improviser. L’enjeu est trop gros pour qu’une décision soit prise à l’aveugle.

Du vent, de la pluie… La météo a donc poussé une fois de plus la Fédération internationale à annuler toutes les courses de la journée. Elles sont reportées à demain. De notre côté, pas de changement d’horaire. Notre demi-finale est toujours prévue à 9h10 (14h10 en France). Mais je doute que nous puissions prendre les rames. Les prévisions sont pires qu’aujourd’hui. Il reste fort à parier que nous fassions la navette au bassin juste pour nous peser… Bref, nous verrons bien.

Encore merci pour vos messages de soutien, ils restent le meilleur carburant dans ces moments.

Je tâcherai de vous informer au plus vite si d’autres changements viennent perturber la compétition.

Bien à vous.