Gravelines !

Crédit photo : FFSA (Lionel Piquard)

Crédit photo : FFSA (Lionel Piquard)

Comment aurais-je pu imaginer finir l’année de si belle manière ! Ce week-end clôture probablement la meilleure saison de ma carrière. Et à chaque médaille son histoire !

Celle d’avant-hier a une saveur particulière. Le goût du partage et de l’amitié avec mon coéquipier et partenaire de club Julien Gazaix. C’est lui qui m’aura accompagné tous les jours à l’entrainement ces deux dernières années. Un soutien physique et moral quotidien indispensable quand on vise l’olympe. Finir sur ce titre en double toute catégorie avec lui restait le meilleur dénouement possible.

Il fallut attendre vendredi pour faire notre première sortie. Impossible de se retrouver avant pour préparer le bateau : nos agendas respectifs ne collaient tout simplement pas. Heureusement, ces quelques kilomètres suffirent à nous redonner confiance.

Chaque course allait avoir son importance. Car il ne suffit pas de se sentir à l’aise et se faire plaisir pour aller vite. Chaque parcours serait l’occasion de prendre des repères, d’affiner notre tactique et de progresser. L’adaptabilité était le maitre-mot.

Sur les conseils de l’entraineur, l’enjeu de la demi-finale n’était pas nécessairement de gagner, mais d’assurer une qualification. Pari risqué puisqu’en terminant deuxième derrière Toulouse nous prenions le risque, si la météo l’imposait, de se voir placer du « mauvais » côté pour respecter l’équité des couloirs. Mais seul l’effet de surprise nous aurait permis de remporter la finale, il fallait donc tenter ! Dimanche, malgré le vent et la vague, le comité d’organisation conserva l’attribution initiale des lignes d’eaux. Les dés venaient d’être lancés. Il était maintenant de notre responsabilité de saisir l’opportunité. Pendant l’échauffement au sol, la stratégie semblait claire pour Julien et moi : faire le moins de fautes possibles et ne pas partir trop fort, car la course allait être longue ! Le plan était simple et clair, jusqu’à ce que l’entraineur partage son point de vue : « les gars, partez à fond, essayer d’en mettre le plus possible sur le premier 1000m ; car si vous les faites douter à ce moment, ils se durciront… ». Je trouvais ce schéma de course un peu fou. Surtout moi qui affectionne les attaques dans le troisième 500m. Je restais donc très dubitatif. Mais la confiance qui anime depuis tant d’années notre relation ne m’a pas longtemps fait douter.

L’échauffement sur l’eau fut difficile mais indispensable pour donner les dernières consignes techniques. Avant de rentrer dans les starting-blocks nous échangeâmes quelques mots avec Julien : «  on tâche de ne pas trop amener l’arrière, de ne pas rester « tancké » derrière pour éviter au maximum les fautes. Ce sera le meilleur moyen de garder la coque au-dessus de l’eau. Et tant pis si on a l’impression de se raccourcir, il faut surtout garder le rythme, c’est la priorité ! ».

Une fois installé dans au ponton de départ, l’attente fut interminable. Le bassin moutonnait et le vent rendait l’alignement presque impossible. L’arbitre décida de donner un départ rapide par compassion, ou dépit…

Dès que le feu changea de couleur je n’eus d’attention que pour la technique. Dans ma tête je ne cessais de répéter « pas de fautes, surtout pas de fautes… ». Quelques petits accrochages venait ici, là, mais rien comparé à nos concurrents. Chaque coup qui passait nous donnait un peu plus d’avance. L’écart se creusa progressivement et finit par se stabiliser à ma mi-parcours. Les attaques de nos poursuivants commencèrent à se succéder mais il était déjà trop tard. Nous nous étions mis à l’abri d’un quelconque retour. Il fallut surtout assurer et gérer jusqu’au bout pour éviter les grosses fautes. Une fois la ligne d’arrivée franchie ce fut une explosion de joie. Quel week-end, j’ai encore du mal à m’en remettre !

Voici le Lien pour revivre toutes les finales de ce championnat. Je vous joins également le lien vidéo du reportage fait et diffusé dimanche soir sur « Tout le sport ».

Bonne soirée.

I could hardly have imagined finishing the year so fantastically! This weekend, the French Rowing Championships (http://www.gravelinesusaviron.com/gravelines-championnat-de-france-daviron-2016/) marks the end of what has been the best season of my career. And each medal has its own tale to tell!

The medal I won the day before yesterday has its own particular flavour; That of sharing and friendship with my crew- and club-mate Julien Gazaix. He has been there training with me day in and day out, for the past two years. His physical and moral support was essential when aiming for the Olympics. Finishing with this title with him, in the 2x, was the best finale possible.

We had to wait until Friday before the Championships to have our first outing. It was impossible to meet sooner to prepare the boat – with our agendas we just couldn’t fit it in. Thankfully, these few kilometres were enough for us to feel confident once again.

Every race has its own importance. After all, to go fast, feeling relaxed and having fun isn’t enough. Every race is an opportunity to set benchmarks, to refine our tactics and to improve. Adaptability was our motto.

Following our coach’s advice, the purpose of the semi-final was not necessarily to win, but to secure qualification. A risky gamble, since we finished second to last behind Toulouse: if the weather turned, we would have been placed in a lane on the ‘wrong’ side, with tricky conditions. Only the element of surprise would allow us to win the final, but we had to try! On Sunday, despite the wind and the waves, the organising committee maintained the original lane placing. The dice had been rolled. It was now up to us to make the most of the opportunity. During the land warm up, the race strategy was obvious for Julien and me: make as few mistakes as possible and don’t go off too hard, because it was going to be a long race! The plan was clear and simple, until the coach shared his point of view: “guys, go off hard and try as hard as you can in the first 1000 metres because if you let them take you, it will be harder come back at them…”. I thought this race strategy was a bit crazy. Especially since I really like to attack in the third 500 metres. So I was rather doubtful. But the confidence that comes with so many years of training together buoyed me.

The warm up on the water was challenging but essential to give us a last technical practice. Before going to the start we exchanged a few words: “we’ll try to stay with the group, and not be left too far behind, so we avoid making mistakes. That will be the best way of keeping the boat running on the top of the water. And so what if we look like we have shortened up, the really important thing is to keep the rhythm!”

Once on the start, we waited for ages. The water was very rough and the wind made it almost impossible to get straight. The umpire, out of annoyance or pity, decided to start us quickly…

As soon as the lights changed, all I thought about was technique. In my head I repeated continually “no mistakes, just no mistakes…”. There were only a few small slipups here and there – nothing like our competitors. Every stroke we took a little bit more of a lead. Our lead grew progressively larger and then stayed the same, from the middle of the race. The crews chasing us started to catch us up but it was already too late. We had put ourselves well out of reach for any comeback. We just had to keep going until the end and avoid any major mistakes. Once we crossed the finish line we were overcome with joy. What a weekend, I am still struggling to get back to normal!

Here’s the link to watch all the finals from the French Rowing Championships. I also provide a link to the TV coverage broadcast on Sunday evening on “All Sport”.

Good evening.

Traduction : Gillian Shaw

Advertisements

2 commentaires pour Gravelines !

  1. Grapeloup dit :

    Bravo,
    La victoire n’etait pas une surprise, mais le depart au taquet ça fait mouche…
    Felicitations

  2. Dominique GRANDSIRE dit :

    Bravo pour vos performances !
    Et merci de nous faire vivre « du dedans » votre discipline, ressentir vos sensations de sportif de haut niveau.
    Que dis-je « de sportif » vous êtes un athlète au sens noble du mot à savoir doté de qualités physiques, mentales et surtout morales (je ne veux pas polémiquer avec d’autres disciplines) exceptionnelles.
    Bravo !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :