Mistral à Marignane !

Crédit Photo : Renaud Blaise

Crédit Photo : Renaud Blaise

Bonsoir, après de longs mois de préparation hivernale, la période de compétitions arrive enfin. Nous étions sur Marignane hier pour la dernière tête de rivière de la saison. Même si elle vient clôturer les épreuves longues distances de l’année, elle amorce aussi une belle série de régates (Tête-De-Rivière, Championnat de Zone et Championnat de France). Chacune sera espacée de quinze jours. Un d’intervalle plutôt court pour nous. Car il est rare que dans notre agenda cela se suive autant. Le rythme va donc être soutenu sur ce mois de Mars. Et ça n’est pas sans me déplaire, bien au contraire !

Les conditions météo de la semaine écoulée n’ont pas été aussi mauvaises que les prévisions. Nous avons pu terminer la préparation sereinement. Et finir d’affiner nos sensations. Heureusement d’ailleurs. Car je crois qu’il n’y a rien de pire que de se réfugier en salle, par obligation, les jours qui précèdent la compétition. La forme est assez vite revenue. Les repères étaient bons et la vitesse de coque toujours en adéquation avec mes sensations. Les chronos ont forcément suivi sur les travaux imposés par la programmation (B3, B4, B5). Je suis donc arrivé avec le moral dans le Sud. Je suis parti avec deux autres coéquipiers samedi pour arriver en début d’après-midi. L’idée était de ramer sur place pour repérer le nouveau balisage et bouger un peu après plusieurs heures de route. Mais la surprise fut de taille. Le Mistral avait aussi pris rendez-vous. Il suffisait alors de tendre l’oreille ou de questionner les rameurs du Pôle ayant déjà fini leur sortie pour avoir un état des lieux. Le visuel correspondait bien à la réalité. Le bassin était presque impraticable. Il n’y avait aucun intérêt à sortir les rames et mettre le bateau à l’eau…Si ce n’est de me blesser ou de finir dégouté et agacé. J’ai donc demandé l’autorisation d’emprunter un des ergos du club, pour finalement faire ma séance sur la machine, à l’abri du vent, au fond de leur hangar à bateaux. Quelques minutes de voiture suffirent ensuite pour rejoindre l’hôtel. Il s’agissait du même hébergement que l’an dernier. Le buffet m’a pourtant semblé meilleur. Idem pour le petit-déjeuner. Les entraineurs ont d’ailleurs souhaité que nous partions dans la foulée pour que les poids légers ne se pressent pas pour la pesée. Tout le monde s’est donc emparé de ses affaires et a donc quitté les lieux au même moment. En arrivant sur place j’étais presque persuadé que tout allait être annulé. Il n’était que 8h du matin et le vent soufflait déjà avec force et autorité sur le bassin. Et ça allait empirer, mais la réunion des délégués permit de trancher. Les épreuves furent maintenues. Deux nouvelles vinrent néanmoins nous consoler : le parcours était réduit à 5000m, et le Mistral était favorable. Je suis monté suffisamment tôt sur l’eau, pour être sûr de ne pas arriver en retard au départ. Je me suis fait quelques frayeurs, dont une moins de 1000m après avoir embarqué. J’ai percuté une bouée, ai lâché ma pelle et me suis presque retrouvé à l’eau. Une fois en haut, je me sentais à peine échauffé. Heureusement l’arbitre n’a pas mis trop longtemps pour donner le départ. Je savais que les conditions allaient être rugueuses. Deux choses allaient donc être importantes : toujours garder du rythme, et bien respirer. Je savais que j’allais commettre beaucoup de fautes techniques, mais la priorité devrait toujours aller au rythme et à la glisse du bateau, rien d’autre. Une fois lancé, je n’ai presque jamais regardé mon stroke ou le décor. J’étais concentré sur mon équilibre et mon rythme. Tel un funambule, je tâchais de m’adapter aux rafales et aux vagues qui venaient constamment me secouer. La navigation était si difficile qu’il devenait compliqué de s’investir à 100% physiquement. Les 5000m sont finalement vite passés, et n’ont pas laissé autant de traces que les autres têtes de rivière. Je signe finalement le premier temps au général. Mais cette victoire ne garde pas la même saveur au regard des résultats. Il est évident que de telles conditions biaisent leurs analyses ; et la valeur intrinsèque de certains, moins à l’aise dans ce type de bassin.

Le retour à Lyon s’est bien déroulé. Nous n’avons eu presque personne sur la route alors qu’il s’agissait des derniers retours de vacances. La reprise de l’entrainement et du travail aujourd’hui ont été correct. C’est reparti pour une semaine plutôt dense. Mais le bout du tunnel est déjà là !

Bonne soirée.

Good evening. After a long winter of training, racing season is coming. Yesterday, we were in Marignane for the last 6k Time Trial (TT) of the season. Even if it is the last one for 2016, this TT is the start of our racing series. A regatta every second weekend: 6k Time Trial, Regional Championship and National Championship. 15 days between regattas is a short interval as we are used to 3 or 4 weeks between major competitions. So we have to keep the rhythm in the coming month. But don’t get me wrong, I love it!

The weather forecast was supposed to be bad in the week leading to the TT. We were lucky enough to have good conditions to finish our preparation. There is nothing worse than being forced to go indoor on the rowing machine in the days before a race. Through a light week of training, I felt better and better. Speed was good and in line with my feelings. The timed pieces at different rates were then logically good and gave me a good feeling for the race. I was very pumped when I arrived in “the South”. We left Lyon on Saturday with two other rowers from the training center and we arrived in Marignane early afternoon. The idea was to rig and row in order to have a look at the new buoy line but also to get moving after a few hours in a car. Bummer! The “Mistral”, the northwest wind from this area, was furiously blowing. A few rowers were coming off the water and it was barely rowable. They confirmed what I could see. No point of going on the water with those conditions. Except if I wanted to get injured or be pissed off with myself and my boat. I asked the local club if I could use one of their ergs and I did my last training session before the race in the boathouse sheltered from the wind! The hotel was a few minutes away by car. The same as last year. The food seemed to be better though. Likewise with the breakfast. The next morning, we all left together right after breakfast. The coaches didn’t want the lightweights to be in a hurry with the weigh-in. When we saw the course, I was pretty sure that the umpires were going to cancel the race. It was only 8am and the wind was blowing very strong. It was supposed to get worse through the day. But at the managers meeting, they decided to maintain the race and the schedule. However, they decided to shorten the distance. It was going to be a 5k TT with a tailwind. I shoved early enough to make sure I was going to be on time at the start. I scared myself on the way up. I hit a buoy a few minutes after docking and I almost flipped as I lost my oar. When I turned around at the top, I was barely warmed up. The umpire didn’t waste any time and he started the race pretty quickly. I knew that conditions were going to be rough. I focused on two things: keeping the rhythm and breathing. I knew I was going to make mistakes but the key was going to be rhythm and boat run. Nothing else. From the very first stroke, I stayed internal and I never looked down at my stroke coach or at the landscape! I was highly focused on my balance and my rhythm. Like a tightrope walker, I tried to adapt to the gusts and the waves that continuously hit my hull. It was so hard to stay on course that I was unable to push myself at a 100%. Surprisingly, the 5000m went by fast and it was not physically as hard as usual. I won the time trial but this win was not as sweet as it could be. It was hard for all of us to perform well and I am sure that others would have done better with calm conditions.

We drove back to Lyon without any trouble. No one on the road even though it was the last day of winter break for schools. I am back on the water and at work for a solid week of training. What’s next is coming quick.

Cheers

Traduction : Julien Bahain

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