De Cazaubon à Romans sur Isère !

Crédit Photo : Béatrice Michel

Crédit Photo : Béatrice Michel

Bonsoir, après une longue semaine sans nouvelles je décide enfin de vous écrire.

Même s’il se fait un peu tard, voici quelques impressions de cette fin de week-end gersois. Mais quel week-end ! La finale aura amené son lot de surprises. C’est néanmoins dans des conditions de navigation difficiles et physiques que tout s’est joué. Le vent n’a cessé de monter en intensité sur la matinée. Le temps d’effort allait forcément s’allonger et préconiser une gestion un peu différente. C’est toujours déstabilisant de partir à l’échauffement et d’entendre la voie du speakeur résonner sur les berges. Plus vous vous éloignez de la tour d’arrivée et plus vous avez du mal à percevoir les sons, jusqu’à ce que le contenu devienne inaudible, et laisse de la place à votre esprit pour focaliser votre attention sur votre course ! Le calme intérieur peut alors se faire et la méditation peut commencer. Par visualisation mentale vous anticipez tous les scénarios possibles et imaginables. Leurs solutions viennent de paires. Ces projections fictives vous rassurent et vous donnent un contrôle sur la situation. Pendant ce temps le corps commence à suer et suivre à la lettre la routine d’étirements qui finalise le réveil de vos muscles et de vos tendons. La tête et les jambes sont progressivement mises en alerte pour qu’au départ de la finale vous soyez à 100% de vos capacités physiques et cognitives. La mise à l’eau reste un de mes moments préférés. J’aime écouter les derniers conseils de mon entraineur. Malgré les saisons qui passent le rituel reste le même : quelques mots mais surtout une complicité non-verbale façonnée par le temps, la confiance et le respect. L’heure arrive mais le stress n’a toujours pas fait son apparition. Le discours de mon coach vient clairement annihiler le poison. La monté au départ se fait lentement. Je prends systématiquement le temps de m’arrêter pour voir les courses passer. Certains sens se sont mis en veille. Le bruit ne semble plus être un élément perturbateur. Je suis dans ma bulle. Cet état second répond aux besoins de la situation. Vous devez, dans des situations de stress dites maximums, rester émotionnellement stable pour exploiter votre potentiel sans vous laisser dépasser par l’enjeu. C’est en partie le rôle du discours de l’entraineur mais le rameur doit aussi s’entrainer à le sentir, le ressentir et l’éprouver. L’alignement s’est fait à l’heure. J’étais encadré par Stany et Pierre, le scénario idéal. L’arbitre appela les équipages puis engagea la procédure de départ. Au moment où le drapeau s’est levé le temps sembla s’arrêter : votre acuité visuelle augmentait, votre rythme cardiaque aussi, vous muscles étaient prêts à se globuliser, vous contrôliez au maximum votre respiration pour être prêt à bloquer votre souffle dès que le moment serait venu. Quelques secondes s’écoulèrent et les six bateaux partirent au signal. Aucune retenue sur les premiers coups de pelles ! L’objectif est clairement de sortir la coque de l’eau rapidement pour ensuite poser son geste et entretenir la vitesse. Après 500m les premiers écarts semblaient déjà se creuser. Je pointais légèrement en tête alors que Stany et Pierre se livraient la même bataille que la veille. Damien quant à lui accusait un léger retard tout en restant dans la course à la médaille. Au passage de la mi-course la physionomie restait inchangée. Je réussis alors à m’extirper du reste du peloton. Je comptais chaque coup en pensant au suivant. A l’entrée des derniers 250m je semblais hors de portée. Il me fallait assurer techniquement pour franchir la ligne en tête. Derrière la bataille pour la seconde place entre Pierre et Stany continuait d’opérer. L’avantage tourna finalement au Toulois. A l’issue de ces 2000m de course je signe un sixième titre consécutif. Pierre devient mon nouveau dauphin. Stany complète le podium (voici le Lien pour revoir la course : à partir de 2h57′).

La reprise du travail s’est bien passée. Celle de l’entrainement a été nettement plus dure.

Depuis Lundi nous sommes à Romans sur Isère pour un stage de six jours avec l’Equipe de France. La saison internationale va bientôt arriver. Suite au championnat et à la nouvelle hiérarchie établie en skiff, des essaies et des tests vont être faits en double avec Pierre et Stany sur le mois de Mai. Les critères d’évaluation ont été définis et nous ont été annoncés avant-hier lors d’une réunion. Il leur incombe de mettre en place un système prônant l’équité et le respect du sportif. A l’issue du regroupement sur Bellecin l’encadrement prendra une décision finale. Si les conditions météo ne permettent pas des comparaisons objectives entre les deux compositions, un essai sur le championnat d’Europe se fera avec Pierre.

Je vous rassure, l’ambiance reste bonne malgré le contexte.

Excellente soirée !

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